Conseil National

Frédéric Boccara – Interventions au Conseil national du PCF des 18 et 19 mars 2022

La campagne présidentielle entre dans une nouvelle phase. Il nous faut venir très fort sur le fond et monter la mise en cause d’E. Macron.

1ère intervention

1-

Je veux tout d’abord dire mon soutien amical et fraternel à Fabien dans cette campagne, face aux attaques dont il est l’objet.

La campagne présidentielle entre dans une nouvelle phase. Il nous faut venir très fort sur le fond et monter la mise en cause d’E. Macron. Nous ne sommes pas encore dans la dernière ligne droite, mais bien dans une nouvelle phase qui exige collectivement un nouveau travail de notre part. Recentrer sur « résister et construire, c’est le défi pour de nouveaux jours heureux », insister sur nos contenus, la cohérence de ce qu’on porte, faire la jonction avec celles et ceux qui luttent.

2- L’Etat du monde.

Certains considèrent qu’« Un nouvel ordre mondial s’installe », comme H. de Castries, président de la fondation Montaigne, dans son interview aux Echos de jeudi 17 mars.

On se trouve au contraire devant l’enjeu d’un nouvel ordre … à construire ! Est-ce un ordre de clivages, de blocs, de guerre sur les valeurs ? Ou une unification nouvelle du monde ? comme la pandémie en a montré l’exigence, par exemple sur la coopération scientifique (qui a eu lieu) ou sur les partages des résultats des recherches, scandaleusement appropriés par quelques multinationales comme Pfizer.

Concernant l’Ukraine, il est clair que Poutine est celui qui a décidé l’agression contre l’Ukraine, pays souverain, et qu’il en est donc responsable à ce titre. C’est une guerre et nous sommes pour un cessez le feu et pour la paix. Il faut voir aussi le climat anti-ukrainien en Russie, en témoigne la brutalité de ce qui est dit sur les télévisions russes contre les ukrainiens en général ! Poutine attise un des pires nationalismes. Nous ne devons avoir aucune complaisance envers lui et cette agression. Notre juste position lors des évènements du Donbass puis d’Odessa, en 2014, nous met d’autant plus à l’aise. Plus que jamais nous sommes pour la paix et un cessez-le-feu au plus vite.

Notre déclaration doit aussi éclairer, donner du sens à ce qui se déroule. Il nous faut prendre la mesure de l’humiliation des peuples par le capitalisme et par l’impérialisme dont le dollar des Etats-Unis n’est pas le moindre instrument. Ce sentiment est vécu par des peuples du monde entier, mais là, je pense à la Russie et à l’Ukraine, tant humiliées depuis 1990. Nous avons d’un côté un capitalisme russe, émergent et oligarchique, qui a faim de profits, conjugué avec une volonté impériale de Poutine, pour des motifs à la fois conjoncturels (politique interne) et idéologiques (il faut voir de quels penseurs d’extrême-droite s’inspire Poutine, pour cela je vous incite à lire l’analyse de Y. Dimicoli mise en ligne sur le site En Avant le Manifeste). Mais nous avons de l’autre côté, non pas l’Ukraine, ni même simplement l’OTAN, mais les Etats-Unis, impérialisme global dominant armé du dollar, de ses multinationales globales et de positions de pouvoir considérables dans les institutions internationales (ONU, OMC, FMI, etc.) à commencer par son droit de veto au FMI et au conseil de sécurité de l’ONU, un pays que Joe Biden a déclaré vouloir entraîner dans une croisade mondiale sur les « valeurs »…. En réalité les valeurs de l’idéologie néo-libérale, du marché tout-puissant et du capitalisme.

3- La campagne présidentielle

a- Il faut faire beaucoup plus fort et plus construit sur l’international, en lien avec le cœur de notre approche « de classe et de masse ». Développer un véritable internationalisme dans la campagne : l’enjeu d’une autre mondialisation, économique et politique comme y insiste le rapport d’Igor, un monde de paix, un monde où les masses financières et monétaires considérables seraient mises au service du développement des biens qui devraient être communs ― des savoirs au climat, de l’alimentation aux produits énergétiques. De ce point de vue je regrette à nouveau que dans notre programme il ait été choisi de ne pas retenir « un monde de coopération et de paix » parmi nos grands objectifs, et de n’en faire qu’un « moyen » de changement.

Nous devons aussi mettre en cause l’UE, présidée par E. Macron, parler de ce que l’UE pourrait faire tout de suite :

  • Fonds européen pour les services publics (comme le dit le rapport)
  • Suspendre ce pseudo marché européen déréglementé de l’énergie où le prix de l’électricité française suit l’envolée du prix du gaz !).

Il faut enfin exiger de Macron qu’il annonce que la France mettra son veto à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN et qu’elle sort de son commandement intégré, pour pouvoir tout de suite se poser en puissance d’équilibre, négociatrice.

b- Il faut maintenant oser mettre en cause Macron. Franchement. Sur le fond. Son programme de régression sociale. C’est le candidat du grand capital et du capitalisme. Son programme est axé sur une logique ultralibérale, « France travail » en est le symbole : être obligé de travailler pour gagner un peu, travailler plus pour gagner à peu près autant. L’emploi, ses statuts, ses garanties, cela n’existe pas pour lui, n’existe que du travail à faire, à obliger à faire au plus vite ! Et pour cela il promet à peine un peu de primes ou de salaire en plus et surtout de la concurrence, de la précarité et des contraintes. Il va faire travailler, sans créer d’emplois (!), augmenter les salaires sans créer d’emplois, forcer les titulaires d’allocation à travailler, obliger au plus vite les chômeurs à prendre n’importe quel travail, sans même les former. Il ne veut pas voir la force créatrice du travail humain et veut nourrir le capital. On dirait que la crise sanitaire et la pénurie de soignants ne lui ont rien appris sur le besoin de formation ! Nous c’est exactement l’inverse, dans notre programme nous commençons par créer des emplois, relancer les revenus du grand nombre et les services publics pour donner au travail humain la possibilité de créer des richesses, d’exprimer sa force créatrice.

Nous partons des emplois à créer et des énormes besoins de formation, d’appui du travail par la création d’emploi, un bon salaire, un statut sécurisé, un investissement efficace, une démocratie dans l’entreprise et dans la société qui permet de se mettre d’accord sur le sens du travail effectué. Mais, pour cela, il faut baisser le coût du capital, pas celui du travail. Il faut instaurer des pouvoirs nouveaux dans la société et dans l’entreprise. Et commencer par créer des emplois et des formations, au lieu d’attendre des créations d’emploi comme d’autres attendent Godot ou une météo favorable. Mais son projet n’est même pas une météo favorable pour le monde du travail et de la création, ni pour le pays. Son projet c’est de satisfaire les besoins sans cesses accrus du capital… et « tenir le pays » pour cela, dans un changement de régime liberticide déjà bien engagé.

Lui, il propose l’obligation de travailler plus pour gagner à peu près autant, il ne propose pas de créer des emplois mais « espère » qu’il y en aura. Et il déchaîne la concurrence de tous contre tous, à tous les niveaux, à présent dans l’éducation nationale, mais aussi en Corse utilisée comme plate-forme de la concurrence fiscale entre territoires.

C’est sur cette base que nous pouvons amener nos réponses comme étant des propositions cohérentes face aux défis objectifs et face aux projets de Macron comme à la conception similaire de la droite.

Quant à Marine Le Pen, elle dénonce le coût de « l’autre », du voisin allocataire ou immigré, conjugué avec une posture « attrape-tout » qui permet de cacher beaucoup d’incohérences.

Pour sa part Jean-Luc Mélenchon fait lui aussi un pari, version de gauche : impulsion à la demande (salaires, fiscalité plus juste) en pariant, il le dit lui-même, que la production viendra, que les emplois seront créés. Quelle illusion ! Comme le dit D. Durand dans le dernier numéro d’Economie & Politique : c’est compter sur le capital pour réussir un programme de transformation sociale. Sans même ambitionner les nationalisations et réformes de fond qu’annonçait le PS et François Mitterrand avant 1981. Mais avec toutefois beaucoup de posture contestataire.

Ce discours que je tiens sur nos propositions, on peut avoir l’impression de le dire souvent. C’est qu’on l’entend entre nous, ici par exemple. Mais ne perdons pas de vue que la masse de nos concitoyens n’a que très peu l’occasion de l’entendre. Il faut lui faire franchir le mur de la censure des médias… et même, j’oserai dire, parfois le mur de notre propre auto-censure. Osons ! C’est la leçon de la candidature communiste.

Je demande que soit préparée une initiative publique du PCF sur le programme, sa logique et sa cohérence, il est tout juste encore temps.

4- La déclaration sur l’Ukraine.

La décision qu’a prise Poutine est extrêmement grave pour les peuples ukrainiens, russes, européens et de l’ensemble du monde. Il est animé d’une idéologie nationaliste ― cette idéologie « grand-russe » que dénonçait inlassablement Lénine, notamment chez Staline ― il s’appuie sur des idéologues ultra-réactionnaires et conservateurs russes de « l’Eurasie » et de la « dégénérescence » occidentale. Il poursuit probablement aussi des buts à visée interne, en lien avec la crise qui travaille sa société. Dans le même temps, le capitalisme oligarchique russe a faim de profit et alimente la visée impériale russe. Il y a une collusion certaine entre ces deux dimensions. De l’autre côté, nous avons un capitalisme états-unien, impérialisme mondial qui ne cesse d’humilier des peuples entiers, et dont Biden, dès son élection, a dit qu’il s’engageait dans une sorte de croisade sur les valeurs…

Je pense que la déclaration doit être modifiée sur 5 points et j’envoie des amendements en ce sens.

  1. Pointer la dimension capitaliste du conflit, même si ce n’est pas la seule dimension : deux capitalismes s’affrontent comme nous avons commencé à l’écrire dans la première déclaration du CEN, mais comme ce n’est pas dit dans cette déclaration. Et la domination impériale du dollar doit être dénoncée, y compris parce qu’elle empêche des solutions durables et justes.
  2. Donner des perspectives : nous voulons une France non-alignée et une Ukraine non-alignée, ce qui ne signifie pas neutres ni désarmées. La notion de non-alignement a une longue histoire qui ne doit donc pas nous faire craindre d’être suivistes en l’utilisant. Et à cette occasion, il nous faut exiger qu’E. Macron, au nom de la France, s’engage publiquement à mettre son veto à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN, comme d’ailleurs dans l’UE.
  3. Exiger des mesures contre la spéculation sur les matières premières, énergétiques et alimentaires : interdiction (au moins temporaire), mobilisation des stocks, réunion sous l’égide de l’ONU de la FAO (qui en fait partie) avec les institutions financières que sont la BRI et le FMI. Quant à l’UE elle doit non seulement débloquer ses propres stocks pour les pays du sud, agir contre la spéculation et débrancher le lien entre prix de l’électricité et du gaz
  4. Dénoncer le plan européen « de résilience » de Macron pour les armes (et secondairement pour acheter l’énergie et les aliments au prix fort) et dire que nous avons déjà dans notre programme un Fonds européen… mais pour la paix : services publics et emploi.
  5. Appeler très fortement à la construction d’un nouvel ordre politique ET économique mondial. On ne peut plus ignorer à quel point les questions économiques sont cruciales. Et nous devons réaffirmer nos propositions (qui sont dans le programme) d’autres institutions mondiales, de monnaie commune mondiale alternative au dollar pour financer le développement des biens qui devraient être communs, ainsi que de suppression de l’OMC pour une organisation de maîtrise des échanges et investissements internationaux. L’UE doit agir en ce sens, et engager ses propres transformations au lieu de fuir en avant vers une Europe fédéraliste et de la défense, annexe de l’impérialisme US et d’une croisade de « valeurs » prétendument occidentales, mais en réalité néolibérales et capitalistes. Pensons à parler à l’ensemble des peuples de la planète, aux partis et mouvements progressistes.

En l’état, j’envisage de m’abstenir sur cette déclaration.

Les amendements que je propose :

  1. Après le paragraphe 6 sur les stocks nucléaires US et Russe, ajouter :

« Cette situation s’inscrit dans un contexte de rivalités impérialistes et capitalistes : un capitalisme oligarchique russe, à prétention impériale s’appuyant sur l’humiliation nationale russe depuis 1990 et qui la travaille ; un capitalisme global US, avec le dollar et les institutions financières internationales qui veut enrôler le monde dans une croisade « occidentale » pour les valeurs du néo-libéralisme et du capital. »

  1. Dans le paragraphe 14, après « ne produisent leurs effets » Ajouter :

« Il faut, au moins temporairement, interdire la spéculation sur les matières premières, énergétiques et alimentaires, mobiliser les stocks alimentaires existants et réunir, sous l’égide de l’ONU, la FAO, la BRI et le FMI pour y discuter cela. L’union européenne doit immédiatement suspendre ses règles folles de tarification de l’énergie liées à la déréglementation de l’électricité qui, de fait, aligne son prix sur la plus chère. »

  1. Paragraphe 14, Après « quoiqu’il en coûte aux marchés financiers » insérer

« E. Macron veut un Fonds de résilience européen surtout pour acheter des armes. Le programme des Jours Heureux propose un Fonds européen démocratique pour les services publics et l’emploi. C’est un Fonds de résilience pour la paix développant les services publics, garantissant la sécurisation des emplois et remplissant l’objectif de transition écologique. Il doit être mis en place dès maintenant. »

  1. Avant la 2ème astérisque

Mettre « Notre perspective est celle d’une France non-alignée, d’une Ukraine non alignée et d’une Europe non alignée, ce qui ne veut pas dire neutre ou démilitarisée. E. Macron, pour la France, doit affirmer publiquement qu’il mettra son veto à l’entrée de l’Ukraine dans l’OTAN ainsi qu’à son entrée dans l’UE. »

  1. Après le paragraphe 27, insérer Après « il n’est pas trop tard » :

« Nous voulons un nouvel ordre économique et politique international pour co-développer la paix, l’emploi et les biens communs dans le monde entier. Cela exige notamment comme l’énonce le programme des Jours Heureux une monnaie commune mondiale mettant fin à l’impérialisme du dollar US, une refondation du FMI, d’en finir avec l’OMC pour instaurer une organisation de de développement des biens communs et de l’emploi par la maîtrise des échanges et investissements internationaux et une affirmation plus forte du rôle de l’ONU ».

2ème Intervention

1- Les législatives

a- Nous voulons un groupe de députés PCF à l’Assemblée Nationale, pour s’opposer à Macron et aux néolibéraux de tous poils, résister, défendre les gens et porter un sens, une parole, une expression sur nos propositions, aider aux mobilisations pour construire et résister. Et il y a toute une doctrine de gauche à (re)construire avec notre apport original, au diapason de ce qui se joue au 21ème siècle. Pour cela, nous visons comme nous l’avons dit à la conférence nationale un accord avec l’ensemble des forces de gauche et écologiques.

D’autres bien sûr, à gauche, jouent à ces élections une recomposition territoriale de leur courant pour la suite. Il faut en avoir conscience.

Nous devons donc avoir une intervention très politique, une déclaration, bien loin de la « cuisine » électorale.

b- La lettre de LFI est un chantage qui vise à transformer le premier tour en second tour. De plus, elle déforme les réalités. Il y est dit, nous LFI acceptons à travailler à un accord politique si (a) « cesse la stratégie délibérée de votre candidat ciblant Jean-Luc Mélenchon » (b) « si une volonté de rassemblement autour de Jean-Luc Mélenchon est publiquement exprimée [au premier tour] dans l’hypothèse d’une qualification au second tour ». Du reste Fabien s’est exprimé en ce sens publiquement, mais on voit bien l’objectif poursuivi par LFI.

c- Nous devons continuer à rencontrer tout le monde. Pour moi, il n’y a pas de doute. Et nous devons répondre à LFI (voire à l’ensemble des forces de gauche). Nous pourrions dire en substance : nous voulons faire progresser la gauche et les consciences ; nous avons des contacts avec toutes les forces de gauche en vue des législatives ; nous prenons acte du léger changement de pied de LFI qui ne souhaite plus explicitement que ses partenaires aillent à Canossa même si nous sommes loin d’être sûrs que cela signifie un changement de sa conception d’une union à gauche ; nous souhaitons avancer, mobiliser notre peuple, les abstentionnistes, celles et ceux qui souffrent et luttent, sur les enjeux majeurs de la transformation sociale nécessaire à notre pays et au monde. Notre candidature est d’ores et déjà utile, elle a permis de mettre la question du pouvoir d’achat dans l’arène du débat politique, celle de la nationalisation aussi (par le biais du débat sur EdF que nous y avons fait entrer), et enfin du rôle des travailleurs et de leurs pouvoirs décisionnels sur les entreprises dans notre société. Notre candidature de premier tour fait déjà bouger les lignes et est en elle-même utile. Nous souhaitons pouvoir être encore plus utile, ensuite, à la résistance et à la construction, nous regrettons que le comportement arrogant et individualiste de la LFI pendant 5 années, à partir des 19% de voix qui s’étaient portées sur le nom de Jean-Luc Mélenchon n’ait pas permis d’avancer vers un développement de la gauche, de ses idées et de l’intervention populaire.< faisant pièce aux politiques d’E. Macron. Nous proposons un pacte d’engagement politique pour les législatives à l’ensemble de nos partenaires sur plusieurs lignes de fond, qui pourraient se traduire dans u certain nombre de projets de loi que nous jugeons déterminants. Les discussions s’ouvriront, ou s’intensifieront, sur ce pacte dès le lendemain du 2d tour pour arriver à un accord politique dans un esprit unitaire et de responsabilité.

d- Il s’agit de continuer les discussions et contacts, mais dans tous les cas d’une part du côté du PCF c’est le CN, direction nationale, qui doit avoir le dernier mot, et pas simplement sur la base d’un nombre de circonscriptions.

e- Concernant la GRS, les choses sont différentes. Ils appellent à voter pour nous. Nous avons donc déjà un accord politique, il reste à avancer concrètement sur les législatives et notamment a question de leurs propres dissidents.

2- Le premier tour des présidentielles.

Le premier tour des présidentielles est la bataille prioritaire dans les semaines qui viennent, y compris pour réussir les législatives.

Avançons notre originalité et montons la contestation de Macron ainsi que de l’ordre social existant.

  • Au cœur de notre originalité, se situe l’emploi. L’emploi, c’est une institution, des droits, des protections, des liens coopératifs dans un lieu de travail, etc. pour donner sa pleine efficacité au travail, à la capacité du travail humain à créer des richesses (réelles et monétaires) dans une visée émancipatrice articulant travail et au-delà du travail. D’où notre projet de « Sécurité d’emploi ou de formation ». Il s’oppose terme à terme à E. Macron car l’emploi ce n’est pas la même chose que le travail, avec le « France-Travail » d’E. Macron. Son « France travail », c’est une injonction « France, travaille ! », sous-entendu : « Débrouillez-vous pour trouver un emploi, y a du travail ! Et on va même vous forcer de plus en plus à travailler pour peu de choses (le RSA) et sans sens ».
  • Mais c’est aussi la démocratie. Démocratie à tous les niveaux : (a) aussi bien dans les institutions « traditionnelles », tant perverties par E. Macron qui, à la faveur de la pandémie, a amorcé un profond changement de régime politique et économique que (b) la création de nouvelles institutions démocratiques, dont les conférences permanentes territoriales et nationale pour l’emploi, la formation, la transformation productive écologique sont une des propositions majeure de notre programme, (c) en passant par les entreprises et les banques qui sont des institutions « cachées », mais fondamentales du capitalisme sur lesquelles nous voulons conquérir des pouvoirs décisionnels nouveaux.
  • Troisième aspect de notre originalité ― immédiate dans la situation actuelle d’un premier tour de présidentielle― c’est la cohérence de notre programme entre d’une part ses objectifs sociaux, élevés et à la hauteur des enjeux, et d’autre part les moyens financiers qui sont mobilisés et les pouvoirs pour s’assurer que ces moyens vont effectivement permettre leur réalisation (en faisant « rousseler l’argent qui, actuellement, ruisselle pour le capital).
  • De façon unitaire, nous ne pouvons pas éviter de poser ce débat majeur pour la gauche qui taraude notre peuple, qui sinon nous renvoie sans cesse aux promesses non tenues, aux dits « échecs ». Comment atteindre les objectifs affichés sans s’en donner les moyens et pouvoirs nécessaires ? La gauche doit affronter ce débat, comme l’ensemble de notre peuple. Il concerne en fait l’ensemble des familles politiques.
  • Enfin, c’est notre conception de l’union et de la transformation sociale révolutionnaire. Celle d’une « Union populaire agissante », comme l’a énoncé notre congrès, pour les luttes et débats à venir à mille lieux d’une conception présidentialiste du pouvoir et de la transformation sociale par un homme providentiel au sommet, partagée par les différentes composantes de la social-démocratie et de la conception mélenchonienne de la gauche et de l’union : autour d’un homme providentiel.

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