Conseil National Présidentielle 2022

Denis Durand: Le courrier des « insoumis » qui nous a été communiqué hier affirme que le projet de leur leader et le nôtre auraient en commun de se situer « en rupture avec le système économique et politique aujourd’hui dominant ». C’est faux

leur programme laisse le choix d’embauche, d’investissement, de techniques de production, de financement, sont laissés à l’initiative du patronat et des détenteurs du capital.

Denis Durand – Paris

Il faut prêter attention aux termes du débat actuel à gauche. Le courrier des « insoumis » qui nous a été communiqué hier affirme que le projet de leur leader et le nôtre auraient en commun de se situer « en rupture avec le système économique et politique aujourd’hui dominant ». C’est faux. Le projet de Jean-Luc Mélenchon, comme celui des autres candidats de la gauche réformiste, repose fondamentalement sur le maintien d’une séparation,0 caractéristique du capitalisme et du libéralisme, entre l’économie d’un côté et « la politique »
de l’autre. Les choix d’embauche, d’investissement, de techniques de production, de financement, sont laissés à l’initiative du patronat et des détenteurs du capital. On espère que si les patrons font des profits suffisants, alors ils accepteront peut-être de créer des emplois et d’augmenter les salaires. En attendant, la correction des dégâts sociaux du capital est déléguée à l’État, sans que soit visée la conquête démocratique de pouvoirs d’intervention et de décision par les travailleurs et les citoyens. Or, c’est précisément cette façon de voir les choses qui a conduit à l’échec des dernières expériences de gauche, et au discrédit honteux de la gauche tout entière dans les milieux populaires.
C’est donc à sortir de ce désastre idéologique et politique que doivent servir la candidature de Fabien Roussel et le programme soumis à nos discussions aujourd’hui. Les objectifs sociaux, économiques, écologiques, féministes, qu’il énonce sont très ambitieux, et nous en assumons fièrement le caractère révolutionnaire. Mais ce ne sont pas des promesses en l’air. Ils sont accompagnés des moyens de les réaliser. Nous n’avons pas l’illusion qu’il suffira de prendre
plusieurs centaines de milliards au capital. Les besoins sont immenses, il ne faut pas seulement une part plus grande du gâteau pour les salaires, la Sécurité sociale et les services publics : il faut un tout autre gâteau, plus grand mais surtout avec une autre recette, une recette communiste au fond. C’est donc à la domination du capital qu’il faut s’attaquer, là où elle s’exerce : dans les décisions d’utilisation de l’argent dans les entreprises, dans les banques, et bien sûr dans l’utilisation de l’argent public comme moyen d’action sur le comportement des banques et des entreprises.
Contre le chômage, on a tout essayé, sauf de le supprimer. Et pour une bonne raison, c’est que pour supprimer le chômage il faut dépasser le capitalisme. Pas du jour au lendemain bien sûr, ni même en un quinquennat mais les luttes d’aujourd’hui et les actions gouvernementales que nous pourrons imposer demain ou après-demain sont des étapes de ce processus révolutionnaire. C’est précisément le sens la construction d’un système de sécurité d’emploi et de formation qui est à la fois un objectif majeur de notre projet et la clé de sa réalisation :
pour dégager les moyens de notre programme, il faut que celles et ceux qui en sont empêchés aujourd’hui par le chômage et la précarité puissent trouver un emploi et bénéficier d’une bonne formation pour pouvoir déployer pleinement leur capacité de créer des richesses. C’est vrai sur le plan économique, mais aussi sur tous les aspects non économiques qui reflètent la façon dont la participation des gens à la vie économique, par l’exercice ou non d’un emploi, interagit avec leur vie dans la société, dans la famille, dans l’école.
Mettre en avant cette cohérence, avec la conviction et l’enthousiasme dont Fabien est capable et dont nous pouvons être capables aussi, ce sera le meilleur moyen de faire percevoir à nos concitoyens en colère que le choix de société n’est pas aujourd’hui entre ce qui les désespère depuis quarante ans et le retour de la bête immonde. Ce sera le meilleur moyen de rendre possible, sans préparer de nouvelles déceptions, l’alliance indispensable entre notre courant révolutionnaire et les différents courants réformistes. Cela vaut pour le résultat de l’élection présidentielle mais aussi pour le contenu de la très rude campagne législative que nous allons mener. Et c’est le seul moyen pour nous d’être en état d’agir au côté de notre peuple aujourd’hui et demain, pour faire face aux convulsions effroyables de la crise de civilisationqui se préparent, pour organiser la résistance et rendre possible une perspective politique.

Jean-Marc Durand – Drôme
Notre conseil national est important pour 3 raisons :
1- Il se situe à un moment politique, social et électoral qui s’accélère avec une forme de droitisation de la société ou plus exactement « d’extrêmisation » des idées de droite caractérisée par le vote LR pour Pécresse qui s’avère être une candidate très dangereuse sur le fond et qui à peine entrée dans l’arène se situe en principal challenger de Macron. Et bien sûr, Zemmour qui affiche très clairement ses idées nauséabondes, racistes, xénophobes et qui comme le soulignait Christian Picquet dans son introduction, est dorés et déjà en situation de structurer un mouvement politique de type pétainiste qui rassemble large.
Mais tout cela ne tombe pas comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. C’est la traduction d’une crise du système capitaliste qui s’accentue, qui a sans cesse besoin de se restructurer pour faire face à sa crise de rentabilité (réforme des ASSEDIC, mais aussi projet de « Grande sécu » et réforme des retraites à venir).
Pour faire aboutir leurs projets, les capitalistes ont besoin de relais politiques de plus en plus autoritaires et qui travaillent à diviser le salariat.
Face à cela le mouvement social, même s’il donne des signes de reprises, stagne, balbutie, se heurtant à un manque de coordination et à un déficit de débouchés. Et au lieu de venir justement sur les issues, de montrer qu’une alternative existe et est possible, à gauche on se perd en tactique politicienne, primaire de Hidalgo, lettre de la LFI au CN du Pcf, tout cela sur la forme pour des questions d’égo et sur le fond pour détourner des vrais enjeux et des raies solutions face à la crise. C’est pourquoi ce que proposent aujourd’hui certains, ici, qui reviendrait à refaire voter les communistes sur un choix qu’ils ont massivement etdémocratiquement fait, un candidat communiste à la présidentielle, serait un cruel et grave
retour en arrière.
2- Ce CN se situe à la charnière entre deux phases du temps électoral. Un premier temps qui s’achève, celui de la germination et de l’enracinement de notre campagne. Un second qui s’ouvre, celui du déploiement de notre projet et de la force communiste. Déploiement surtout de nos idées, de notre perspective politique, de nos propositions, d’où la très grande importance de notre programme dont l’économie générale est bonne mais qui mérité encore
des améliorations et que nous devrons sans tarder faire connaître le plus largement possible.
De ce point de vue, la réussite du 21 novembre, la montée en puissance de notre candidat, Fabien Roussel, sont des leviers importants pour avancer avec hardiesse et confiance nos propositions originales et également pour préciser sans crainte, le sens de notre candidature.
Nous nous devons d’être clairs. Il n’y aura pas de président de la République communiste en 2022 en France. Dire cela ce n’est pas afficher un manque d’ambition mais parler clairement à notre peuple et lui faire toucher du doigts notre rôle précis en ces temps difficiles.

Notre candidature est un acte de résistance et est en même temps un appel à la résistance en direction du peuple auquel nous disons : « les projets de casse des capitalistes, ça suffit, maintenant prenons notre destin en mains et construisons. Les analyses et propositions du candidat communiste sont à votre disposition pour construire de nouvelles issues, recréer l’espoir. N’est pas cela le signe le plus fort qu’a envoyé dès son début en 39/40 la Résistance ? Chacun sait maintenant que c’est à partir de cet instant que l’espoir a repris forme et couleurs. Pourtant à ce moment-là, rien n’était écrit ni gagné d’avance !
3- Enfin, ce Conseil National est là pour situer les objectifs de notre parti tout entier. Notre message à tous les communistes doit être celui de l’exigence de hisser leur, notre, niveau d’action et d’intervention, partout où nous nous trouvons. Le cœur de la bataille c’est sur les idées contre la droite, sa candidate mais aussi pour contrer Macron et combattre l’extrême droite.
A ce propos on peut mesurer à quel point a été juste et judicieux le choix des communistes de porter une candidature autonome à la présidentielle. Sans nos idées originales où se situerait le curseur de l’alternative ? Aujourd’hui il faut y aller projet contreprojet, ce qui suppose que se dégage une vraie différence entre eux ! Nous avons pour cela sur la question essentielle, centrale, qu’est celle de l’emploi les moyens avec notre projet de SEF de marquer notre territoire de monter que nous ne jouons pas dans la même cour que les autres… et de porter
haut et fort un moyen de dépasser le capitalisme.
Voilà qui est bien loin des scénarios de rassemblement factice agités en ce moment dont fait partie la consultation citoyenne, vaste écran de fumée pour masquer le débat de fond et amener peu à peu les communistes à mettre leur campagne en sourdine jusqu’à abandonner leur candidature et à nouveau nous effacer du débat politique et finalement laisser la voie libre aux choix du capital.
Les communistes en ont décidé autrement. Ils ont mieux à faire au service des salariés.es et des citoyen·ne·s de notre pays, ils veulent porter le fer contre le capital et ses projets réactionnaires, ils veulent engager la lutte résolue contre l’exploitation et les dominations.

Au titre de l’engagement des communistes car nous sommes tous logés à la même enseigne, il y a une question qu’il faudra bien traiter ouvertement et démocratiquement c’est celle des promesses de parrainages de nos élus.es à notre candidat Fabien Roussel. Et ce n’est pas une simple clause de style.

En ce domaine comme en d’autres la boussole c’est quel projet nous voulons soutenir et voir prospérer et il y a pour cela d’un retour permanent aux contenus, c’est pourquoi nous devons aussi préciser certains points de notre programme et de sa phase de validation tout comme certaines expressions de notre projet de résolution comme par exemple « chef·fe de file » ou candidat·e pour les législatives.

2 comments on “Denis Durand: Le courrier des « insoumis » qui nous a été communiqué hier affirme que le projet de leur leader et le nôtre auraient en commun de se situer « en rupture avec le système économique et politique aujourd’hui dominant ». C’est faux

  1. Claude HUET

    J’ai du mal à comprendre comment nous pouvons d’un côté faire valoir notre projet communiste et de l’autre dire que cela permettra de rendre possible, je cite Durand,
     » l’alliance indispensable entre notre courant révolutionnaire et les différents courants reformistes ». Il faut qu’on m’explique.

  2. Besse Daniel

    Les insoumis nous disent que programme de la F I et celui du PCF sont à 80 pour cent les mêmes . Alors rassemblons nous derrière Fabien Roussel qui rajoute les 20 pour cent qui manquent à Mélenchon et qui font la différence sur le fond pour s’attaquer au capitalisme .

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