Présidentielle 2022

Le 21 novembre : avec Fabien Roussel et le PCF mettre l’emploi, la formation, les salaires au cœur de la présidentielle !

Emploi et salaires sont les questions qui taraudent la plupart des populations, qu’elles soient en activité, privées d’emploi ou à la retraite. Le travail salarié est la forme dominante du travail aujourd’hui. Avoir un emploi est la seule manière de gagner sa vie pour l’immense majorité.

Par Gisèle Cailloux et Anne Lafaurie

Emploi et salaires sont les questions qui taraudent la plupart des populations, qu’elles soient en activité, privées d’emploi ou à la retraite.

Le travail salarié est la forme dominante du travail aujourd’hui. Avoir un emploi est la seule manière de gagner sa vie pour l’immense majorité. De sa qualité et de sa quantité dépend la des créations de richesses permettant à la société de fonctionner et de se développer. Son contenu, sa qualification et son organisation, le sens qu’il permet d’assigner au travail, les protections qu’il assure (droits, sécurité sociale, chômage, retraite…) et l’intérêt que chacun-e y trouve sont autant de questions au cœur des préoccupations de chacun-e.

L’emploi ne peut plus être traité comme une variable d’ajustement, ce qu’exige le capital, mais comme un moyen d’émancipation et le moteur d’un nouveau type de croissance et de développement durables. Deux exemples actuels montrent la centralité de l’emploi, de la formation et des salaires :

  • La grave crise que connait l’hôpital public, avec des difficultés de recruter du personnel, alors que des centaines de postes sont à pourvoir, montre, en creux, les exigences déçues du monde du travail, le ras le bol d’être mal traité-e, et pas non reconnu-e, la faiblesse des moyens alloués aux formations. La pandémie a révélé l’ampleur des maux causés à notre système de santé par les politiques d’austérité et la baisse obsessionnelle du « cout du travail ».
  • Pour sauver les profits le gouvernement a été contraint de sécuriser une large partie des emploi avec l’utilisation massive du chômage partiel. Cela a évité l’effondrement de la demande, les pertes de compétences nuisible pour l’avenir. Cet épisode a permis aux entreprises de se restructurer avec les aides financières de l’État pour renouer, sitôt le recul de la pandémie grâce à la vaccination, avec l’exigence de toujours plus de profits aux dépends de l’emploi. Le retour de l’activité s’accompagne d’une hausse terrible des prix à la consommation.

Plus de 6 millions de chômeurs et de travailleurs sous-employés, un chômage qui ne baisse pas en dépit des déclarations de Macron (ce sont les inscriptions à pôle emploi qui baissent), non seulement cette situation est grandement responsable de la pauvreté qui touche 15% de la population française, mais elle détruit psychologiquement ceux qui en sont les victimes.

C’est cela qui est à la racine de la baisse généralisée du pouvoir d’achat des salaires, traitements, allocations, pensions et retraites, accentuée par la hausse des prix à la consommation, alors qu’à l’opposé les dividendes explosent. Car plus est important le volant de chômeurs et plus la crainte de perdre son emploi fait accepter des sacrifices salariaux.

L’emploi assure l’essentiel des revenus (ceux du travail et des allocations chômage). C’est aussi ce qui permet aux femmes et aux hommes qui n’ont que leur force de travail pour vivre d’avoir leur place dans la société. Il est au cœur des rapports sociaux de production et des antagonismes dus à l’exploitation capitaliste. C’est un formidable gâchis de ressources humaines.

Au moment où commence la campagne présidentielle, l’emploi, la formation, les revenus du travail et de remplacement sont un sujet majeur quelle que soit la manière de l’aborder même si de nombreux candidats potentiels s’efforcent de l’effacer des débats.

Le candidat communiste est le seul à gauche porteur d’un projet qui conteste le droit exorbitant des patrons et de la finance de détruire les emplois, de les dévaloriser ou de les délocaliser pour amplifier les profits. Au contraire, il vise à sécuriser la vie de chacune et chacun en lui assurant tout au long de son parcours soit un emploi bien rémunéré, soit une formation reconnue, rémunérée comme l’emploi, permettant une meilleure qualification, un changement de filière, d’orientation professionnelle, une mobilité choisie vers un meilleur emploi.

Il s’agit d’une ambition de l’ampleur de celle de la création de la sécurité sociale. Et l’avenir de celle-ci en dépend puisque son financement mutualisé, reposant sur les salaires, est intimement liée à l’emploi.

C’est sans attendre qu’il faut s’engager dans la réalisation de ce grand projet à partir de tous les chantiers de luttes sociales et sociétales immédiates qui en fondent la nécessité : contre les licenciements ; pour convertir les emplois précaires en emplois stables et correctement rémunérés ; pour l’emploi des jeunes et une allocation d’autonomie-formation ; pour l’égalité hommes-femmes ; pour de véritables déroulements de carrière ; pour transformer le RSA en insertion effective ; pour l’indemnisation des chômeurs ; pour la réduction du temps de travail, sa réorganisation et sa bonne rémunération ; pour accroître le nombre de salariés des services publics, reconnaître leurs qualifications et rehausser sérieusement leurs salaires ; pour les créations et conversions d’emploi rendues nécessaire par le changement climatique, la transition énergétique et la protection du vivant ; pour accroître les capacités d’intervention des salariés et des acteurs locaux sur les politiques de l’emploi et de l’insertion professionnelle…

Ce projet, la « Sécurité d’Emploi ou de Formation » a d’ailleurs fait l’objet d’un dépôt de proposition de loi en janvier 2017 par André Chassaigne et les parlementaires communistes à l’Assemblée nationale.

Ce faisant, nous nous mettons sur l’orbite d’un changement de société que nous voulons construire avec les salariés.es et les citoyens.nnes pour répondre aux immenses attentes sociales insatisfaites.

Et elles pourraient l’être si les formidables progrès, présents et à venir, de la révolution technologique en cours étaient au service d’une avancée de civilisation dépassant le capitalisme et ses crises.

Les promesses d’embellies sociales ne manqueront pas dans cette campagne des élections présidentielle. A gauche, les candidats vont à peu près tous proposer d’augmenter plus ou moins substantiellement le Smic ainsi que la mise en place sous diverses formes d’un revenus d’existence misérables ou de transférer les responsabilités patronales des licenciements sur l’État, mais sans que cela ne règle la question du chômage qui mine les revenus salariaux.

Ce qui rend crédible un projet politique et de société quel qu’il soit, c’est la cohérence entre les objectifs sociaux affichés, les pouvoirs qui permettront aux salariés et populations de mobiliser et d’orienter les moyens financiers pour les réaliser. C’est cette cohérence imbriquant étroitement l’économique, le social, l’écologique et le politique, qui fonde l’originalité de nos propositions à gauche

En effet, la visée d’une Sécurité d’Emploi ou de Formation pour chacun.e (SEF) ouvre, à partir des enjeux de l’emploi, la sortie progressive de la domination du capital sur toute la société :

  • Il s’agit de s’attaquer directement au statut de l’emploi salarié : en finir avec la subordination du salarié à « l’employeur », libérer sa créativité en mettant fin à la menace du chômage et en lui ouvrant un droit inaliénable à la formation tout au long de sa vie ; reconnaître l’emploi comme facteur principal de la demande nationale, avec la consommation, et comme paramètre décisif de l’efficacité de l’offre grâce aux qualifications, compétences et savoir-faire. Il s’agit de changer le statut de l’entreprise dans la société en lui faisant assumer en pratique une responsabilité sociale, territoriale et environnementale avec de nouveaux critères de gestion et des pouvoirs décisionnels d’intervention des salariés.
  • Il s’agit, inséparablement, de changer le statut des banques jusqu’à celui de la BCE, avec une nouvelle création monétaire pour financer à taux zéro l’essor de tous les services publics et un nouveau crédit bancaire pour le financement sélectif des investissements matériels et de recherche dans la mesure où ils sont accompagnés d’emplois et de formations correctement rémunérés. Cela permettrait de faire reculer le coût du capital (dividendes, intérêts financiers).

Concrètement :

Notre objectif est de sécuriser chacun.e l’accès à un emploi choisi (salaire), de permettre à chacun.e tout au long de la vie, sans discriminations de genre, de couleur, d’origine, de s’épanouir, d’accéder sans perte de revenu à des formations qualifiantes (allocation) permettant des mobilités choisies, des changements de filières ou d’orientation avec pour corollaire de rendre les entreprises socialement plus efficaces, plus respectueuses de l’environnement, créatrices d’emplois… c’est l’ambition d’une société plus humaine.

Chacun serait automatiquement affilié, dès sa sortie du système éducatif, dans un grand service public de l’emploi et de la formation. Celui-ci serait financé largement par des cotisations patronales calculées pour inciter les entreprises à créer des emplois, développer les qualifications et les salaires et pénaliser celles qui préfèrent baisser le coût du travail, délocaliser, réaliser des opérations financières. Il assurerait le suivi de ses affiliés, le revenu de ceux qui accèdent aux formations, contrôlerait l’obligation faite aux entreprises d’embaucher un quota de jeunes et les personnes en situation de handicap.

Les pouvoirs réels des salariés et des populations sur les choix de gestion des entreprises sont fondamentaux afin que les grands actionnaires ne puissent plus se comporter comme des féodaux décidant de la vie des salariés, des populations, des territoires.

  • Dans l’entreprise, les pouvoirs inscrits dans la démarche d’appropriation sociale avec la démocratie d’intervention active et décisionnelle des salariés permettront non seulement de s’opposer (véto) à des décisions d’abandons de productions, d’études, de fermetures, de délocalisations etc, mais s’accompagneront du droit de propositions alternatives avec la possibilité d’obtenir les financements (prêts bancaires à des taux réduits voire négatifs) nécessaires pour les investissements, les créations d’emplois, les formations nécessaires. Cela passera par la possibilité de saisine, sur la base de leur projet, des conférences régionales (ou nationale) pour l’emploi et la formation.
  • « Ce nouvel âge de la Sécurité Sociale, qui garantit à chacune et chacun une vie digne et émancipée par de nouvelles libertés dans le travail et hors du travail », ne peut advenir sans que toutes les institutions, y compris territoriales, rentrent dans une autre relation avec les entreprises, pour y imposer le sens de la responsabilité sociale et territoriale, faire de l’emploi et la formation les objectifs qui conditionnent l’investissement, au lieu de faire de l’emploi la résultante de l’investissement, décidé sous contrainte de la rentabilité financière. Pour cela seraient créées des conférence régionales et nationale de sécurisation de l’emploi et de la formation réunissant les salariés et leurs représentants, les associations de chômeurs, de femmes, de jeunes, d’immigrés, les élus, les pouvoirs publics, les représentants patronaux et du monde bancaire. Elles feraient l’inventaire des besoins de création ou conversion d’emplois et de mises en formation pour décider d’objectifs chiffrés révisables et des moyens financiers pour les réaliser.

Ces propositions visent ainsi un nouvel âge de la démocratiequi permettrait aux salariés et populations d’intervenir directement sur l’emploi, sur leur vie et celle de leur région, de progresser vers un au-delà de la démocratie représentative actuelle, beaucoup trop délégataire. Cela permettrait aussi une nouvelle unité des salariés et des populations sur des objectifs à construire par la lutte et la délibération, avec un sens renouvelé du « vivre ensemble ».

Les financements. La force et l’originalité du PCF est de s’attaquer frontalement à la question du financement de l’ensemble pour que ça devienne réalité.

Le changement de paradigme que nous assignons à l’entreprise, n’a de sens qu’accompagné du même changement du fonctionnement des banques : assigner à celles-ci le rôle vertueux du développement économique au service des hommes donc de l’emploi, de la satisfaction des besoins.

  • Le système bancaire au service de l’économie et de l’emploi s’appuiera sur la création d’un pôle public bancaire et du crédit avec des critères de crédit nouveaux (refinancés par la BCE qu’il faut transformer,) ainsi que sur la création de Fonds publics régionaux et national pour sécuriser emploi et formation dans tous les territoires que les salariés pourraient saisir dés le terrain.
  • Ces Fonds, abondés par les Régions et par l’argent servant aujourd’hui, au niveau national, à diminuer les cotisations sociales patronales, prendraient en charge par bonification tout ou partie des intérêts versés par les entreprises pour leurs crédits à l’investissement à proportion des emplois et des formations que celui-ci programme et réalise. Cela aurait un effet levier favorable à l’emploi bien plus puissant que les subventions accordées aujourd’hui et garantirait bien mieux le respect des engagements, en lien avec une nouvelle fiscalité incitative.
  • La création que nous proposons d’un Fonds Européen pour le financement des services publics, alimenté par la création monétaire de la BCE, permettrait un déploiement considérable de l’emploi au service des la populations.
  • Simultanément, forts de nouveaux droits d’intervention sur les opérations des entreprises et des banques, les salariés, leurs organisations syndicales seront au premier rang pour renforcer considérablement la lutte contre l’évasion et la fraude fiscales.

Notre proposition de Sécurité d’Emploi ou de Formation constitue, en liaison avec les moyens effectifs de promotion des services publics, ce qui nous différencie fondamentalement de tous ceux qui, à gauche, choisissent d’atténuer les méfaits capitalistes par un peu de social (impôt plus redistributif, revenu universel, Etat employeur en dernier ressort …), sans en remettre en cause la source.

Le rassemblement national du 21 novembre est donc un moment fort pour exprimer tout ce qui fait l’originalité de nos propositions et la nécessité de la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle : s’engager dans une transformation radicale et réaliste de notre société.

C‘est la seule voie susceptible de sortir de ces alternances gauche droite qui ne changent rien, qu’augmenter l’influence de l’extrême droite et le dégoût de la politique.

Le 21 novembre, donnons envie aux salariés, aux demandeurs d’emploi, à leur famille de trouver de l’intérêt à cette élection présidentielle et de s’engager dans cette bataille politique aux cotés de notre candidat Fabien Roussel.

Anne Lafaurie, Gisèle Cailloux

6 comments on “Le 21 novembre : avec Fabien Roussel et le PCF mettre l’emploi, la formation, les salaires au cœur de la présidentielle !

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  2. « la création d’un pôle public bancaire et du crédit avec des critères de crédit nouveaux (refinancés par la BCE qu’il faut transformer, » et « un Fonds Européen pour le financement des services publics, alimenté par la création monétaire de la BCE », . Mais quels sont les pouvoirs de pression et qui détiendrait ces pouvoirs pour obliger ainsi la BCE à aider nos projets ?

  3. francoise garcia

    La reprise en main de l’économie, n’est pas une question technique à la marge, prenons le capital à la gorge, à la source même de la réalisation des profits, un pôle public bancaire n’y suffiras pas. Pour empêcher l’Europe de contrarier nos projets ne lui donnons pas de nouvelles prérogatives.

  4. Martin Darmon

    Et que faites vous du système des retraites ? De la pauvreté galopante ?…

  5. Jean-Claude CACCIAGUERRA

    Tous les discours et les revendications sur la durée du travail mais aussi sur la retraite font l’impasse, par ignorance de l’expérience du travail concret – voire de par la disparition du travail productif – de ce que peut être  » la fierté du travail bien fait et le plaisir de produire ». N’en déplaise aux « réinterprètateurs » de l’ « aliénation », la satisfaction de d’avoir accompli un « bel ouvrage », quelques soient les conditions sociales dans lesquelles il est réalisé, est un bien vital, insaisissable et non marchand (je parle d’expérience). C’est assurément en s’appuyant sur l’effectivité et les limitations de l’acte de produire (le travail) qu’y compris la proposition de Sécurité d’Emploi ou de Formation peut « parler » aux producteurs et bien en amont des emplois de la fonction publique vers lesquelles semble se focaliser l’article d’Anne et de Gisèle et plus généralement l’activité du Parti.

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