Conseil National Présidentielle 2022

Conférence Nationale 2021 – Intervention de Nicolas Marchand

Sous-estimer la crise mène à une vision limitée du contenu du projet sur lequel il est proposé de rassembler. Où ira-t-on, si, pour unir à tout prix une gauche dominée par les idées sociales démocrates et sociales libérales, on remet à plus tard la mise en cause du capital ?

Les arguments contre la candidature communiste ressemblent à ceux qui nous ont déjà conduit à l’effacement, mais surtout il y a une grave sous-estimation de la crise: quand il en est question, elle est « sanitaire », « démocratique », « idéologique », «terrible » … mais, jamais, crise systémique du capitalisme.

Sous-estimer la crise mène à une vision limitée du contenu du projet sur lequel il est proposé de rassembler.

Si on ne traite pas de l’urgence, pour tout progrès, de transformations dans l’économie en même temps que d’avancées sociétales, de mesures pour commencer à s’émanciper de la dictature du capital, pour une prise de pouvoir des travailleurs et des citoyens sur les entreprises et les banques pour changer les gestions et l’utilisation de l’argent, on élimine, certes, des obstacles pour un socle commun, qu’on pourra dire « de rupture » … mais rupture avec quoi et comment ?

Ainsi une tribune d’une trentaine de camarades, dont l’initiateur de l’option 2, avance comme socle commun, une 6eme république, « un changement de régime », idée reprise hier dans l’Huma. Ah ! Et pour s’attaquer à un changement de système ? on verra plus tard ?

Où ira-t-on, si, pour unir à tout prix une gauche dominée par les idées sociales démocrates et sociales libérales, on remet à plus tard la mise en cause du capital ? Vers un ralliement à une promesse de « sous-état providence », comme un « revenu d’existence » s’accomodant du chômage, laissant les mains libres aux fauteurs de crise, pour baisser le coût du travail et spéculer ?

Et déboucher, comme candidat unique, sur un variant, plus ou moins gauchi, de Hollande et de sa politique. Ce serait ça, donner de l’espoir ?

Faut-il oublier ce qui a mis la gauche hors jeu, produit Macron et Le Pen, détourné le peuple, notamment notre électorat, des urnes : l’incapacité ou le refus d’entreprendre des transformations radicales ?
Et cela alors que des développements explosifs de la crise du système (économie et civilisation), accentués avec la crise sanitaire, sont devant nous.

Oui il faut construire un rassemblement, mais sur un projet à la hauteur des transformations nécessaires.

Cela appelle un renouvellement idéologique, l’avancée, dans le peuple et à gauche, des bases nouvelles d’une perspective unitaire, suffisamment transformatrices pour ne pas être voués à buter à nouveau sur le mur du capital, faute de s’être donnés les moyens de le vaincre.

C’est cela qui fonde la nécessité de notre candidature, dans la seule campagne qui permet de promouvoir les propositions communistes, leur radicalité réaliste originale. C’est le seul moyen de frayer le chemin d’une perspective digne de ce nom, une perspective unitaire transformatrice.

L’enjeu n’est pas partisan; c’est le devenir du mouvement populaire et de la gauche, sa capacité à affronter le capital, la crise inédite de son système. Un enjeu de classe. Nous allons subir d’énormes pressions, et il ne faudra en aucun cas renoncer. Ni donner le signal que nous serions prêts à renoncer, comme y invitent les amendements de Pierre Laurent et Isabelle De Almeida. Cela priverait notre décision de toute crédibilité, au risque même de la réduire à une démarche politicienne.

1 comment on “Conférence Nationale 2021 – Intervention de Nicolas Marchand

  1. BESSE Daniel

    Mélenchon dit au grand patronat : Faites ce que vous savez faire , moi avec l’Etat je m’occupe du reste . Ne veut il pas reproduire le capitalisme monopoliste d’Etat social qui est arrivé en bout de course début des années 1970 ? Ne va t il pas encore servir de béquille au capital ? Alors qu’il faut donner plus de pouvoir aux citoyens dans les entreprises , dans la cité et prendre le pouvoir sur l’argent pour l’utiliser autrement afin d’éviter l’étatisme . Pour mémoire :  » Maastricht est un compromis de gauche  » Mélenchon le 9 juin 1992 au Sénat .

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