Composition T, 50-5 par Hans Hartung (oeuvre d'art absrait)
Conseil National

Les débats au sein de la commission pour la préparation de la conférence nationale

L'échéance électorale de 2022, est elle une fin en soi ou le moment important d'un progrès des consciences et des actions de transformation sociale, qui seul est à même de changer la donne.

Par Frédéric Boccara et Evelyne Ternant

Au fil des réunions et des synthèses proposées au sein de la commission qui prépare la conférence nationale, une orientation nouvelle s’est progressivement installée. La candidature communiste à la présidentielle, devenant l’accessoire des élections législatives, est de ce fait réduite à la recherche d’un effet de levier pour améliorer le rapport de force, au sein d’une gauche supposée s’entendre au sommet concomitamment à la campagne présidentielle.

Opposés a cette attitude, nous avons donc proposé un texte alternatif suivant.

Nous voulons reconstruire l’espoir d’une autre société

1- La bataille de l’élection présidentielle est décisive, structurante pour la vie politique française et donc pour changer le rapport des forces politiques.

Nous voulons mener collectivement cette bataille politique, avec les idées communistes novatrices, dans une créativité commune, avec l’originalité de notre projet, de nos propositions, la posture communiste de contestation et de construction, de luttes et de conquêtes de pouvoirs, d’avancées réalistes et révolutionnaires.

Nous voulons mener cette campagne avec un candidat communiste à cause de la profondeur de la crise de civilisation qui ébranle le monde, une crise économique, sanitaire, écologique, morale, institutionnelle.

Nous voulons mener cette campagne avec un candidat communiste, parce que nous pensons que nos propositions originales, nos idées, notre projet sont indispensables pour commencer à sortir de la crise de civilisation que nous vivons, et qu’elles sont indispensables pour redonner espoir, armer les luttes, changer le champ politique qui s’est tant déporté vers les idées de droite les plus réactionnaires et amener un réveil de l’ensemble de la gauche et des progressistes.

Face à cette crise, face aux solutions illusoires, face à l’alliance Etat-capital exacerbée que construit le pouvoir macronien, pour battre la droite et l’extrême-droite, il y a besoin de faire lever une ambition de transformation profonde, une force de résistance et de construction, de portée révolutionnaire, un espoir raisonné.

2- Le moment politique actuel

Des changements majeurs sont indispensables pour sécuriser nos vies et donner un nouveau sens au travail et à la vie sociale commune. Cela est ressenti par l’immense majorité des Françaises et des Français. Relever le pays appelle une révolution dans les priorités nationales, européennes et mondiales, dans les choix politiques, dans les pouvoirs, les institutions, les modèles jusqu’ici dominants. C’est un défi de civilisation posé à l’humanité toute entière.

Le risque est pourtant grand que 2022 soit pour notre pays un rendez-vous manqué avec ces enjeux de société fondamentaux. Et qu’au lieu du débat national attendu par l’immense majorité des Françaises et des Français on nous enferme dans le piège d’un mauvais remake du duo Macron-Le Pen. Ou bien qu’on enferme notre peuple dans l’acceptation de n’importe quelle apparence de changement, plus ou moins superficiel, au nom d’un sentiment d’urgence qui obscurcit le jugement. Nous voulons déjouer ce sentiment d’urgence électoraliste qui construit une voie royale aux votes utiles délétères et aux lendemains qui déchantent.

Nous voulons déjouer le duo Macron-Le Pen en imposant de décentrer le débat des questions prétendument identitaires pour l’amener sur les deux ensembles d’enjeux essentiels : d’une part le combat de classe face au capital, pour maîtriser les entreprises, leur production, l’utilisation de l’argent, pour les services publics et une tout autre vision de l’emploi, du travail et du temps libéré et, d’autre part le combat pour une émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence, une société du droit à l’intervention pour toutes et tous, qui allie développement de soi dans sa singularité, et universalité, droits émancipateurs pour chacune et chacun.

Il y a besoin de refonder la gauche sur un projet émancipateur et de transformation sociale radicale. Il y a besoin de faire connaître, et progresser dans les luttes et les votes, les propositions constitutives d’un tel projet.

Gagner cela à l’élection présidentielle serait faire un pas de géant dans l’avancée de notre idéal, comme de la résolution des problèmes auxquels notre peuple est confronté. Ce serait un garant inégalé pour de véritables changements profonds.

3 – Notre projet

– Face à la précarité de masse et aux interrogations immenses sur la perte de sens du travail, voire des activités humaines, nous avançons le projet d’une sécurité d’emploi ou de formation pour chacun-e, jumelée avec un nouvel âge des services publics et de la protection sociale, afin de conjuguer vie émancipatrice sécurisée et construction d’un nouveau mode de production écologique. Il s’agirait de viser l’éradication du chômage, le dépassement du marché du travail, le partage des savoirs et une nouvelle efficacité, pour une société de liberté et de rotation des rôles. Cela répond au mûrissement accéléré des consciences.

Mais des centaines de milliards sont dépensés par les banques centrales pour soutenir les marchés financiers et les profits des grandes multinationales, et le gouvernement maintient à toute force le principe du chômage – partiel pour les uns, total pour les plus précaires — tout en reconnaissant un besoin de « sécurisation »… mais transitoire et a minima, sans rien changer aux principes du système capitaliste.

Affrontons les idées patronales, reprises par la droite et l’extrême-droite, pour baisser le « coût du travail », confier encore plus de pouvoirs au patronat et dénoncer les titulaires des aides sociales comme des profiteurs.

Menons le débat avec la gauche qui concilie, qui ne touche pas à la domination du capital, prétendant adoucir la situation : fatalité du chômage et des licenciements (flexi-sécurité), répartition de la misère et de l’emploi prétendu rare (revenu universel).

Menons le débat avec ceux qui comme JL Mélenchon présentent comme radicale la proposition que l’Etat, décrété « employeur en dernier ressort », embauche les chômeurs, ce qui exonérerait le capital et le grand patronat de leurs responsabilités.

Toutes ces propositions laissent totalement à l’écart la domination du capital sur les entreprises, avec son critère-guide la rentabilité financière. C’est pourtant à elle que s’affrontent les travailleurs des multinationales (General Electric, Bridgestone, Nokia, Renault, Alstom, Air France, Airbus et les autres), ceux des services publics (hôpital, enseignants, chercheurs, territoriaux …), des entreprises publiques (SNCF, RATP, EDF, …), celles et ceux de la culture, les artisans, les gilets jaunes, les jeunes appelant à un autre avenir et tant de gens, dont les 110.000 signataires de la pétition « L’argent pour l’hôpital pas pour le capital ».

C’est sur la domination de la rentabilité financière et de ses critères que se sont fracassées les expériences de gauche de 1981 comme celle de 1997-2002, alors qu’il s’agissait d’imposer, par la lutte et par des mesures institutionnelles sur l’utilisation de l’argent, d’autres critères de gestion tout particulièrement dans les entreprises nationalisées. Ces échecs ont nourri le désarroi et ouvert un champ au vote lepéniste. On ne peut faire le silence là-dessus.

Sur ces différents domaines, l’élaboration originale de la pensée communiste, du collectif national que forme le PCF, constituent des alternatives que nous mettrons en débat pour faire grandir les rassemblements. Pendant des années, elles ont été mises de côté pour réaliser des alliances sur un contenu minimal, qui s’est avéré désarmé face aux problèmes. La campagne présidentielle sera l’occasion de faire fructifier toute la richesse de l’apport intellectuel et militant des communistes.

Discuter, faire discuter de tous ces enjeux, c’est déjà engager la bataille de l’élection présidentielle. Cela concerne aussi les luttes actuelles, et le déploiement de notre campagne pour l’emploi.

– Nous porterons le débat, face aux renoncements incessants depuis 1983-84, sur la nécessité de moyens financiers et de pouvoirs démocratiques à l’appui d’objectifs sociaux-écologiques ambitieux qui, sinon, resteront lettre morte. Nous mettons au cœur de nos propositions un nouveau rôle des banques pour une tout autre utilisation du crédit et de la monnaie, avec de nouveaux pouvoirs populaires dessus. Dans ces temps où des milliards sont déversés sur notre économie par la BCE en armant les marchés financiers, plus que par les recettes fiscales des Etats, nous proposons le chemin d’un combat de classe pour que cet argent, bien commun de tous les peuples d’Europe, soit utilisé pour l’emploi, les services publics et le climat, pas pour le capital.

C’est autrement plus ambitieux, et donc réaliste, que les vagues propositions de gauche sur « la finance » qu’il suffirait de taxer, ou pour annuler la dette comme une réponse magique à tous les problèmes posés par la domination du capital.

C’est cette cohérence entre projet de société, la conquête d’une nouvelle démocratie et des avancées profondes sur les moyens financiers qui nous permettra de mettre au cœur de notre campagne de façon crédible et conséquente les axes suivants

  • une grande politique pour la jeunesse visant son avenir émancipé, la sécurité de son emploi, sa formation, sa culture
  • une transformation profonde de notre système de santé, de la production à l’organisation des soins, pour que celle-ci soit vraiment un bien public commun
  • une grande politique émancipatrice de la culture et de l’éducation à tous les niveaux, pour que celle-ci devienne une priorité au service de l’émancipation de chacune et chacun, que de nouveaux temps de vie se libèrent et s’ouvrent à l’épanouissement personnel de toutes et tous
  • l’éradication de la misère et la revalorisation de tous les salaires, comme du travail lui-même
  • une industrialisation nouvelle, pour une nouvelle production, avec de nouvelles relations entre services et industrie, en France comme à l’international, et comme guide la réponse aux besoins sociaux humains et écologiques

– Nous porterons notre conception d’une nouvelle démocratie, en contestant le régime existant et ses évolutions. Nous porterons l’idée de nouvelles institutions avec d’autres relations entre élus et citoyens et à visée autogestionnaire, dont notamment des conférences territoriales (des communes et de leurs communautés aux départements), régionales et nationales pour l’emploi, la formation et la transformation productive : dans ces conférences, les entreprises et les banques auraient à prendre des engagements, dont le suivi serait assuré par les citoyens et les travailleurs, eux-mêmes, appuyés par des services publics renouvelés, développés, et par des fonds gérés démocratiquement. Cela ouvrirait un chemin vers de nouveaux pouvoirs ne séparant pas le politique, du social, de l’économique. Il faut en effet relever le défi des réponses réactionnaires et autoritaires, voire dictatoriales, de toutes sortes mais aussi du simplisme d’une 6ème République réduite à une république parlementaire classique, amendée d’un référendum citoyen. Nous avons l’ambition de changer de régime politique, social, économique et même international !

Nous porterons l’exigence de nouveaux rapports des humains à tout le système du vivant, à leur niche écologique, la terre. Il s’agit de transformer très profondément nos rapports sociaux et technologiques de production, de distribution, nos modes de consommation, nos institutions et rapports de pouvoir, à l’entreprise en particulier. C’est nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique, le recul de la biodiversité, la désertification des sols, la déforestation, l’expansion urbaine anarchique, etc. Le « capitalisme vert » est un oxymore, une contradiction dans les termes, une illusion dangereuse, car la défense et la promotion de l’écologie exigent de donner la priorité aux capacités et à la créativité humaines. Ils ne peuvent se conjuguer avec une priorité à l’accumulation, les critères de rentabilité, les pouvoirs et la culture du capital. Libérer l’écologie de la logique de profit et de la dictature de l’argent exige une tout autre économie et de tout autres institutions démocratiques.Loin du mirage mortifère de la « décroissance », agissons pour construire un nouveau type de croissance et de développement.

Nous porterons l’exigence d’une tout autre mondialisation, pour un monde de paix, de désarmement, de partage, de culture plurielle et commune, de développement des biens qui devraient être communs (emploi, santé, climat, connaissances et résultats des recherches…). Portons-la pour une contribution internationaliste de la France et un développement de notre Nation face à la fuite en avant dans l’intégration européenne et dans la folie d’un partage impérialiste du monde sous la coupe du dollar, de l’ordre de Wall Street et de ses supplétifs dont l’Otan. Portons-la, pour une transformation radicale, une refondation de toute cette construction européenne mais aussi des institutions mondiales. Portons-la face à la violence des délocalisations comme face à la montée des nationalismes, des souverainismes. Portons-la face au besoin de réponses communes, de souveraineté populaire, face à des défis qui, comme le climat et les pandémies, ne connaissent pas de frontières. Portons-la en tendant la main à cette recherche de tant de peuples du Sud et des émergents pour de tout autres institutions mondiales, pour une mondialisation gagnant-gagnant face à l’ennemi commun : le grand capital financier. De nombreuses forces politiques et sociales dans le monde y sont disposées, tout particulièrement les communistes de tous les pays. Nous fairons vivre notre solidarité avec les peuples qui résistent et luttent.

– Nous porterons le projet d’une société de l’émancipation de toutes et tous, contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence … une société du droit à l’intervention pour toutes et tous. Portons l’idée d’une société qui allie développement de soi, dans sa singularité, et faire société. Une société de liberté et de dignité pour dépasser dans un même mouvement l’exploitation capitaliste et les dominations (patriarcale, raciste, LGBTIphobes, d’âge, ou culturelles), car exploitation et dominations se renforcent l’une, l’autre.

Face aux forces conservatrices qui veulent masquer la lutte des classes et imposer une guerre de civilisations enfermées dans le capitalisme, la candidature PCF portera l’affirmation de notre refus des divisions racistes, de genre ou LGBTIphobes.

4 – Notre démarche

La campagne va exiger de lier luttes et projet, dans une pédagogie politique de masse. Il ne s’agira pas de seulement renvoyer aux gens ce qu’ils disent. Il y a une demande de sens, de propositions, d’éclaircissements, de décodage, pour entrer en lutte contre ce système : nous y porterons la colère et la souffrance d’un vécu totalement ignoré par les grands de ce monde, et ou y désignerons les responsabilités et les pouvoirs à exercer sur les entreprises, les banques, la BCE, que d’affronter les séductions de l’autoritarisme, de l’Etat fort libéral-social au service du capital, ou de la désignation de tous les boucs émissaires possibles, ou encore de ferrailler sur les différentes formules de revenu d’existence, sur « territoire zéro chômeurs » et autres propositions qui évitent d’affronter le capital. Le débat de fond va être très aiguisé, il va falloir faire preuve de pédagogie.

Le moment politique est celui d’une nécessaire refondation de la gauche, qui doit se faire sur des bases de transformations radicales, il est aussi celui d’une société sur le fil du rasoir, d’un bouillonnement de recherches d’idées, qui peuvent aller vers le pire … comme vers le meilleur.

Notre projet et notre démarche s’appuient sur le 38ème congrès, qui a posé les bases de son développement conséquent, sur le programme adopté en juin 2020 par notre CN et sur la recherche d’une union populaire agissante un nouveau type de Front populaire. Ne laissons pas non plus entendre que notre programme serait quasiment le même que celui de notre ancien allié, Jean-Luc Mélenchon. Quant à sa stratégie d’homme providentiel, elle est bien loin de la nôtre qui repose sur l’intervention consciente des intéressé.e.s, travailleurs.ses, citoyen.nes, c’est-à-dire ce qui pour nous serait une véritable révolution citoyenne. Elle n’a rien construit après son score aux élections présidentielles, largement dû à l’apport des voix communistes. Nous voulons construire, dès la campagne et pour après, par des comités locaux, un grand mouvement populaire de lutte contre la domination du capital, pour l’emploi et pour l’émancipation de chacun.e.

Jean-Luc Mélenchon, présenté par certains comme un candidat naturel, va se présenter comme plus unitaire que jamais. Il propose d’ores et déjà une sorte de pacte, pour une hypothétique majorité.

Au PS comme chez EELV, on cherche aussi à présenter un candidat comme « naturel », sans débattre profondément de ce qu’il faut pour sortir le pays de la crise, ni faire la critique des expériences passées. Ce que disent ces forces ne répond pas aux défis, car elles cherchent largement à concilier avec les logiques dominantes.

Nous voulons renforcer l’ensemble de la gauche, nous voulons rendre possible une nouvelle majorité politique.

Mais comment penser qu’une majorité solide et efficace puisse se construire sans mener le débat de fond, sans avancer un projet cohérent répondant à la crise avec des éléments précis, répondant à la recherche de solutions et de sens par nos concitoyens ? Cette présidentielle est le moment incontournable des débats de projets face à une crise totalement historique, de la clarification des enjeux pour nos concitoyens afin qu’ils se mobilisent sur des objectifs politiques. Notre peuple doit pouvoir débattre et s’exprimer sur les projets.

C’est l’enjeu du 1er tour. Ne nous laissons pas enfermer dans le piège institutionnel qui étouffe les idées, donc la démocratie, réduisant l’élection présidentielle à son 2ème tour.

Nous avons toujours su avoir une démarche d’union et de rassemblement face aux dangers, en discutant avec toutes et tous. La politique du pire n’est pas dans notre histoire. Mais le préalable des « pactes » court-circuite tous les enjeux du débat à mener à l’occasion de la présidentielle, leur temps viendra surtout après. Et les idées communistes que notre candidat aura portées dans la campagne présidentielle donneront à nos candidats aux élections législatives qui suivront la force, la visibilité et l’espace indispensables. Elles donneront, nous l’espérons et c’est notre démarche, plus de force à la gauche.

La gauche rappelons-le est actuellement très bas, et les sondages actuels lui donnent un meilleur score avec une diversité de candidats qu’avec un candidat unique.

C’est dire le moment de résistance et de construction dans lequel nous sommes, nécessaire pour pouvoir ouvrir la voie à des jours heureux. Nous appelons les communistes à s’engager dès maintenant dans cette bataille, à ne pas en être spectateurs. Il y a urgence. Le temps ne sera pas de trop pour installer quelques-unes de nos idées forces dans le paysage politique.


À travers cette candidature, il s’agit de porter notre projet pour la France et les grandes propositions qui en découlent. D’œuvrer à la remobilisation du monde du travail et de la création, de la jeunesse, des forces vives de la France, dans une perspective de société originale sans lesquels aucun changement majoritaire ne sera possible.

Il s’agit également, de faire bouger les lignes à gauche, d’enclencher une véritable dynamique de changement à partir de l’élection présidentielle, de favoriser ce faisant le rassemblement autour d’une perspective de transformation de la société, d’avancées d’idées majeures pour contribuer à construire au cœur de la tempête voies de la résistance et de l’alternative, en même temps. Avec leur candidature à la présidentielle, les communistes entendent changer la donne, favoriser un grand débat national afin de faire prévaloir à gauche des solutions transformatrices, initier une dynamique au service d’une nouvelle majorité politique.

De ce point de vue, l’élection présidentielle et les élections législatives sont étroitement liées. La campagne de la présidentielle doit dégager des conditions favorables pour les législatives.

En même temps qu’il engagera sa campagne à la présidentielle, le PCF travaillera donc à la présentation, dans l’ensemble des circonscriptions, de candidatures au service d’un nouveau cap pour la France, avec l’objectif de faire élire le maximum de députés communistes et d’envoyer dans la prochaine Assemblée un groupe communiste fortement renforcé.

Le débat se poursuit au sein de la commission, le texte est amélioré, le débat continu sur le maintien ou non de la notion de « pacte de législature », enclenché dès la présidentielle…

16 comments on “Les débats au sein de la commission pour la préparation de la conférence nationale

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    Claude Marchand

    Excellentes analyses et propositions qui me revivifient dans mon identé communiste d’aujourd’hui à l’heure où « la lutte des places », à l’œuvre pour les élections dans ma région Centre-Val de Loire, aspire les communistes dans un retour vers le passé dont on mesure aujourd’hui les résultats. À mon avis, s’il se confirme que les travaux dede la commission, vont dans le sens que vous évoquez, tendant à réduire et dénaturer, voire annihiler, la possibilité d’une candidure communiste, il faut que ce texte soit soumis aussi à la connaissance de l’ensemble des communistes avant la tenue de la conférence nationale afin que leur diversité d’opinion y soit mieux représentée que ne l’a été ou ne l’est encore dans les conférences régionales, en tout cas celle de ma région.

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    Laurent CASTANIER

    Cette analyse pose des affirmations douteuses : les programmes PCF et LFi sont très proches (sauf sur le nucléaire). Si le PCF (j’y eu ma place 36ans) s’engage dans l’impasse de favoriser la dilution entre plusieurs candidats, il affirmera sa capacité à faire perdre le seul candidat crédible (JLM). C’est un choix suicidaire pour le PCF et pour ce qu’il est sensé porter. L’incantatoire ne séduit pas (plus) ! La PCF aurait à gagner à coconstruire la dynamique pour la présidentielle et à discuter des législatives.

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    PIERRE ASSANTE

    MERCI. BRAVO ! A diffuser auprès des Cdes et autour de nous, et partout. Travail immédiat et travail à long terme dans le mouvement de la société dont nous sommes partie prenante. Continuer et persévérer.

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    Cyferman

    Parfaitement d’accord , fière d’être communiste avec de tels contenus !

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    Danchesi

    Un texte limpide qui posent remarquablement la nécessité absolue d’une candidature communiste aux prochaines présidentielles.
    Je pense également que cette analyse programmatique soit accessible à tou.t.e.s les Camarades fidèles à l’orientation du dernier Congrès.

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    Michel Le Gac

    Cela dit…..Il va falloir adopter une forme d’expression plus populaire, plus polémique, moins rébarbative, en évitant les phrases de 10 lignes….Je suis allé jusqu’au bout du texte, sans doute parce que je suis de la maison depuis plus de 50 ans !!

    Sinon, je crois que notre campagne présidentielle devrait être aussi celle qui porterait en tête de gondole la dénonciation de ce système électoral. Qui a permis qu’un candidat qui a fait 18 % des inscrits au premier tour en 2017, devienne ensuite un chef d’état avec plus de pouvoirs que Louis 14.

    Michel Le Gac. Retraité (Ouvrier Métallurgiste )
    Ancien militant à la section d’entreprise PCF de la SNECMA-CORBEIL 91.

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    BESSE Daniel

    On dit que la crise du capitalisme va s’approfondir , qu’elle est devenue globale , radicale ( économique , financière , sociale ,écologique ,politique et vient s’ajouter une pandémie ) l’ordre est important . Je pense que le PCF a intérêt ( et surtout les citoyens) a présenter une candidature communiste aux présidentielles et aux législatives pour faire ressortir les contradictions de la sociétés d’aujourd’hui et leur possibles dépassement avec nos propositions et dans les luttes immédiates . Sans luttes conscientes il n’y aura pas grand chose . En 1936 ,sans les grandes grèves , pas de congés payés , pas de semaine a 40h etc… . Vu l’histoire il serait peut être bon de rappeler que nous ne sommes pas pour un parti unique .

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    Dans la suite du 38ème congrès nous avons besoin de cesser, consciemment ou non, de nous comporter comme des coupables potentiels de la situation affligeante dans laquelle se trouve la population de notre pays. Depuis plus de 80 ans, mais singulièrement depuis le Plan Marshall un anticommunisme systémique a tissé sa toile sur le monde. S’il est essentiellement promu par le capitalisme comme une parade pour accréditer l’idée que le « capitalisme est indépassable », la social-démocratie comme les donneurs de leçon d’une soi-disant « ultra-gauche » l’ont objectivement cautionné. Aucune organisation politique n’est parfaite. Ce qui est indéniable, c’est que dans notre pays aucune autre organisation politique prétendant être au service de l’humanité n’a été capable de faire mieux que le PCF. C’est facile de se dire de gauche, encore faut-il que les actes soient en cohérence avec la visée affichée. Un Mélenchon n’a pas de leçon à donner à la masse des militants communistes. La visée communiste apparaît de mieux en mieux comme l’alternative crédible au capitalisme. Elle s’impose car elle est la seule qui cible comme l’obstacle fondamental à la progression de l’humanité la domination de la classe capitaliste. Tout déni de la nécessité d’établir un rapport de forces suffisant pour abattre le capitalisme est une arnaque. Nous devons le poser comme le critère de validation de nos alliances d’opportunité.

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      BESSE Daniel

      Vu ce qui s’est passé dans les Hauts de France ou Mélenchon coupe l’herbe sous le pieds de F. Roussel , on voit bien qu’il ne veut pas de nous ( sauf nos voix) . Par rapport aux scores qu’il a fait aux précédentes présidentielles , il ne dit jamais qu’il les a obtenues avec les voix du PCF . On lui a fait un nom , comme Mitterrand avec le programme commun . On a pas de leçon a recevoir de la part de quelqu’un qui a voté OUI a Maastricht . Les propositions qu’il fait avec l’intervention de l’Etat , il va servir de béquille au capital . Ce n’est pas parce qu’il a beaucoup de vocabulaire et qu’il parle fort que c’est un révolutionnaire .

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    Boussard Alain

    Je partage l’analyse politico-économique et les propositions développés dans le texte de Frédéric et d’Evelyne. Par contre, j’ai plus que des doutes concernant la stratégie proposée par la majorité du conseil national.
    En renonçant à travailler au rassemblement de la gauche et des écologistes, ce qui revient à copier la démarche de Mélenchon, pour désigner un candidat communiste au prétexte que le rassemblement est difficile, nous allons nous couper de notre peuple et aussi d’une grande partie de ce qui nous reste d’électeurs.
    Je m’explique : une large partie de notre peuple n’en peut plus de Macron et de sa politique. Elle n’a qu’une envie, qu’il dégage. Surtout, ne pas reprendre un bail de 6 ans qui signifierait que toutes les réformes mises en sommeil du fait de la pandémie serait reprises, notamment celle des retraites. Sans perspective à gauche, de nombreux électeurs vont se réfugier dans un vote Le PEN ou une abstention désespérée.

    Comme le dit le texte, le Parti doit être porteur d’espoir. Mais qui peut croire qu’un candidat communiste promis à moins de 2 % peut porter l’espoir d’un changement de politique à lui seul ?
    Les propositions aussi bonnes soient-elles, ne sont crédibles que si elles sont portées par une force capable de les mettre en œuvre. A défaut, elles sont inaudibles.
    Seul un rassemblement de la gauche peut ouvrir la perspective d’une présence au second tour et d’une victoire au second.
    Ne pas travailler à la construction de ce rassemblement revient à dire : les conditions ne sont pas réunies, ce ne sera pas pour cette fois, mais au mieux en 2028.
    Il faut avoir le frigo bien rempli pour accepter ce raisonnement, or le frigo des couches populaires que nous prétendons gagner est désespérément vide.
    Ne pas ouvrir des perspectives pour virer la droite et faire échec aux prétentions de l’extrême droite revient à nous couper des aspirations des couches populaires et au-delà.
    Si nous ne travaillons pas à ouvrir des perspectives de changement en 2022, nous serons inaudibles. Notre candidature deviendra pour notre peuple un acte marginal, voir insignifiant. On va se battre pour savoir si on fera 0,5 ou 1.5 %. Et les camarades qui croient qu’un tel score va nous booster pour les législatives se fourrent le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Je crains que la stratégie actuelle ne mette en grave danger notre groupe parlementaire et ne conduise à un nouvel affaiblissement du Parti .
    Nous aurions dû désigner un porte-parole dès l’automne dernier pour porter nos propositions tout en travaillant au rassemblement de la gauche. Nous pouvons encore décider de désigner ce porte-parole lors de la conférence de début mai, ou même un candidat prêt à se retirer si un rassemblement à gauche pouvait devenir réalité sur la base de propositions permettant un vrai changement.
    Décider d’un candidat communiste en mai est beaucoup trop tôt. Il ne faut pas faire l’impasse sur la bataille unitaire sur la base de nos propositions, quand on sait que les choses ne vont pas se décanter avant l’automne. En mai, on sera devant quel choix ?
    Devoir choisir entre Fabien et Mélenchon, ce n’est pas un choix ! Ce serait presque une arnaque.
    C’est pourquoi je pense qu’il nous faut prévoir une nouvelle conférence nationale à l’automne pour décider définitivement au vu de la situation, après avoir mené la bataille pour une candidature de rassemblement en mettant en avant nos propositions.
    Nous avons des atouts, car peu de gens veulent renouveler l’expérience Hollande Valls. La volonté de changement est forte.
    Si on devait constater alors que le rassemblement n’offrait pas suffisamment de garanties pour un vrai changement, alors on présenterait un candidat, en expliquant pourquoi. Mais on serait porteur d’une démarche unitaire, démarche largement partagée à gauche, ce qui nous placerait en bien meilleure posture.

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      BESSE Daniel

      Avant le rassemblement de la gauche , il y a d’abord le 1er tour .

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        Boussard Alain

        Pour qu’un rassemblement soit possible au second tour, il faut être un des deux candidats qualifié !

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      Encore faut-il analyser les causes du maintien d’un anticommunisme affiché depuis des décennies par ceux là même qui nous donnent des leçons. Tant qu’il ne se départirons pas de cet anticommunisme les dés seront pipés et rien de positif n’en sortira car cette posture tend à nous réduire au rôle de godillots.

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    BESSE Daniel

    Quand je regarde les choses avec recul , je constate que c’est toujours le PCF qui lance les rassemblements le plus large possible a gauche . Il va même s’effacer pour cela . Et quand le rassemblement fonctionne , il est ensuite détourné et vidé de son contenu pour « nos alliés  » . On le voit depuis ces 40 dernières années . Cela a laissé la place a l’extrême droite dont certains se servent depuis 1982 .

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    Boussard Alain

    Daniel,
    J’entends ce que tu dis. Cela a souvent été le cas, mais pas toujours. Cf le front populaire et la période 45-47. Et même, les années 70 du programme commun ont connu une progression du parti qui a compté près de 700 000 adhérents. L’issue mériterait une analyse approfondie qui n’a jamais été effectuée dans un contexte d’un centralisme dit démocratique. J’étais à l’époque responsable syndical et j’ai subi des pression du Parti pour que je calme mes troupes afin qu’elles ne revendiquent pas trop… Aujourd’hui, on regrette la faiblesse du mouvement populaire. Pas étonnant qu’on nous ait confondu avec les socialistes et sanctionné à ce titre.
    Chez moi, à Besançon, le Parti a été le fer de lance du rassemblement de la gauche et des écolos pour les municipales. Le résultat, la reconquête de la municipalité (l’ancien maire PS était passé à LeRem) et un renforcement du Parti en terme de présence au conseil municipal.
    Actuellement, on essaie de conjuguer travail des élus et action du parti, notamment sur la question de la gratuité des transports. Je suis raisonnablement confiant, je pense qu’on va y arriver. Et ce sera perçu comme une victoire des communistes.
    Pour les régionales, on devrait en cas de probable victoire de la gauche, revenir au Conseil Régional avec 8 élus contre zéro actuellement. On travaille au retour du PCF au Conseil Départemental du Doubs absent depuis 36 ans et je pense qu’on va y arriver avec sans doute plusieurs élus, ce qui serait un évènement, le Parti n’ayant jamais eu dans la bonne période qu’un seul élu, jusqu’à la fin des années 80.
    Ce qui me motive, c’est le parti. Car sa présence dans le paysage politique est pour moi essentielle. Ce qui me conduit a émettre les plus grands doutes concernant la stratégie actuelle.

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      Lecomte

      Je conçois que des élus, surtout sur des bases de classe c’est important, notamment s(is sont suffisamment représentatif de ce combat de classe, c’est à dire s”appuyant sur le monde du travail, de ses luttes et non pour servir de serpillère à ceux qui s’apprêtent une nouvelle fois à composer avec la sociale démocratie.Déja,avant 1981 alors que nous étions beaucoup plus influant, (nous avions même aider à reconstitué à remettre sur pieds le PS après sa débâcle de 1969 sous prétexte que c’était la condition pour gagner à gauche, alors que je défendais cette théorie, j’ai coller avec d’autres camarades des affiches à cette fin, Ceci alors que des camarades plus anciens nous prédisaient ce qui allé suivre, à savoir 1983, car de fait avec les sociaux démocrates pas question de changer le système. Aujourd’hui comme ces vieux camarades d’alors je me refuse de faire copain copain avec eux sans que ne sois abordé et précisé cette question d’un nouveau logitiel de société! Nous avons été berné une nouvelle fois en 2017 par des candidats s”auto proclamant candidat de la “goche” , plus pour moi,tromper une nouvelle fois les travailleurs ce serait préparer le lit de la droite extrême et l’extrême droitr libérale non merci j’ai donné et je ne veux plus que lorsque je discute l’on m’assimile aux socialistes qui ont trahis à chaque fois les espoirs du peuple de gauche.

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