Conseil National

Le conseil national du PCF s’est réuni le 12 décembre 2020

Une attente forte s’est exprimée d’avoir une parole, une visée, un programme communiste à l’occasion de ces élections et nous avons mis en débat la possibilité de proposer une candidature communiste ouverte et rassembleuse.

Nous attirons l’attention des lecteurs et lectrices sur le fait que le contenu des travaux du Conseil National a été perverti par un grand nombre de médias. Il faut donc faire référence aux documents et interventions des participant·es pour en avoir la substance.

Il a traité :

  1. Des élections présidentielles et du 38e congrès
  2. Des élections régionales et départementales 2021

Le lecteur trouveras dans ce document les textes adoptés par le CN et des interventions de camarades participants au blog.
Pour les rapports nous vous invitons à vous référer au site du PCF

« Une attente forte s’est exprimée d’avoir une parole, une visée, un programme communiste à l’occasion de ces élections et nous avons mis en débat la possibilité de proposer une candidature communiste ouverte et rassembleuse. Pour cela nous avons défini un calendrier pour instruire ce débat », a-t-il résumé, insistant sur la volonté de « lier intimement élections présidentielle et législatives, avec l’objectif d’avoir le plus de députés communistes à l’Assemblée nationale ».

Projet adopté de calendrier de travail du parti en 2021

  • Convocation de la conférence nationale sur le choix à la présidentielle au printemps ;
  • convocation du congrès à l’automne ;
  • mise en place de la commission de transparence des débats du congrès ;
  • mise en place de la commission du texte du congrès, qui aura également à proposer le texte pour le choix à la présidentielle, et adoption d’une méthode de travail ;
  • point d’étape sur la préparation des élections départementales et régionales.
  • ADOPTION D’UNE CLAUSE DE REVOYURE sur notre calendrier qui sera réévalué à tous les conseils nationaux (en particulier ceux du 13 mars et du 9 septembre) pour confirmation des dates ou changement selon l’évolution de la situation sanitaire.

De janvier à mars 2021 :

  • Réunions des conseils départementaux et des conférences régionales pour la désignation descandidatures aux élections départementales et régionales ;
  • vote des communistes sur les candidatures des circonscriptions électorales concernées ;
  • réunions des conseils départementaux pour débattre du choix à la présidentielle.

30 janvier 2021 :

  • Conseil national
    • point d’étape sur la préparation des élections départementales et régionales ;
    • premier débat de la direction nationale sur la présidentielle et les législatives.

13 mars 2021 :

  • Conseil national
    • vote du projet de texte pour la conférence nationale et de la clé de répartition des délégations ;
    • point sur la situation sanitaire pour confirmer la possibilité de tenue de la conférence nationale et du vote associé aux dates proposées ci-après.

10-11 avril 2021 :

  • Conférence nationale sur la présidentielle

24 avril 2021 :

  • Conseil national
    • point d’étape sur la préparation des élections départementales et régionales

1er mai 2021 :

  • Journée internationale de lutte des travailleuses et travailleurs – vente du muguet

7 au 9 mai 2021 :

  • vote des communistes pour le choix à la présidentielle

20 et 27 juin 2021 :

  • 1er et 2nd tours des élections départementales et régionales

3-4 juillet 2021 :

  • Conseil national
    • analyse des résultats des élections départementales et régionales ;
    • vote du projet de base commune.

août 2021 :

  • date limite de dépôt des éventuels textes alternatifs

septembre 2021 :

  • Conseil national :
    • rentrée politique et initiatives du parti ;
    • point sur la situation sanitaire pour confirmer la possibilité de tenue du congrès aux dates proposées ci-après.

10-12 septembre 2021 :

  • Fête de l’Humanité (sa forme dépendra évidemment de la situation sanitaire)

24-26 septembre 2021 :

  • Vote des communistes pour le choix de base commune.

9-10 et 16-17 octobre 2021 :

  • Congrès des sections

23-24 et 30-31 octobre 2021 :

  • Congrès des fédérations

5-7 novembre 2021 :

  • Congrès national

Propositions de commissions adoptés pour le 39e Congrès du PCF

Commission de transparence des débats

  • Co-présidence :
    • Marie-Jeanne Gobert
    • Yann Le Pollotec
  • Membres de la commission :
    • Marie-Jeanne Gobert
    • Nicolas Cossange
    • Emilie Lecroq
    • Ismaël Dupont
    • Veronique Mahé
    • Denis Durand
    • Elisabeth Maugars
    • Yann Le Pollotec
    • Sarah Misslin
    • Yannick Monnet

Commission texte

  • Co-présidence
    • Eliane Assassi
    • Christian Picquet
  • Membres de la commission
    • Eliane Assassi
    • Frédéric Boccara
    • Marie-Christine Burricand
    • Vincent Bouget
    • Vanessa Ghiatti
    • Vincent Boulet
    • Marie-Jeanne Gobert
    • Pierre Dharréville
    • Maryse Montangon
    • Robert Injey
    • Lydia Samarbakhsh
    • Pierre Laurent
    • Dominique Satge
    • Sébastien Laborde
    • Nathalie Simonnet
    • Christian Picquet
    • Evelyne Ternant
    • Aymeric Seassau
    • Shirley Wirden
    • Igor Zamichiei

De manière synthétique, proposition de méthode de travail associée

  • consultation des communistes sur les priorités politiques et d’intervention du parti ;
  • consultation des commissions nationales de travail notamment en sollicitant auprès d’elles ;
  • des notes sur des enjeux clés ;
  • consultation des trois revues du parti (Cause commune, Économie et politique, Progressistes) ;
  • auditions du directeur de l’Humanité, du président de la Fondation Gabriel-Péri ;
  • sollicitation des groupes parlementaires et d’élu·e·s locaux ;
  • auditions ou débats publics avec des personnalités sur de grandes questions politiques de la période.

Texte adopté pour la conduite des Élections Départementales & Régionales 2021

Face à la gravité des crises, le PCF agit pour un rassemblement large à gauche en 2021 autour de politiques de transformations sociales, solidaires, écologiques, démocratiques capable de battre les droites et l’extrême droite.

La crise sanitaire n’est pas derrière nous. La crise économique frappe à la porte des usines. La crise sociale bouscule les familles et brise des vies, et pendant ce temps la planète brûle et l’urgence climatique est omniprésente.

Près de 12 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Les demandes d’aides alimentaires ont augmenté de 30 à 50 % ces derniers mois dans nos départements et régions. La politique du pouvoir nourrit cette crise sociale d’une ampleur inédite. Les conséquences sont gravissimes, en particulier pour les femmes davantage précarisées et pour la jeunesse du pays.

Et, alors que la crise sanitaire est grave, toujours pas d’engagements massifs pour l’hôpital, pour nos Ehpads. Le gouvernement n’a rien fait et ne fait rien face à l’épuisement des soignant.e.s et au manque de moyens.

Le capitalisme profite de la crise pour se restructurer et détruire les emplois de centaines de milliers d’hommes et de femmes. 700 plans de licenciements dits de « sauvegarde de l’emploi » ont été déposés au Ministère du travail depuis mars. C’est inacceptable !

Dans ce contexte totalement inédit, les communistes considèrent que les élections départementales et régionales à venir sont très importantes pour la vie quotidienne de nos concitoyen.ne.s.

Depuis 2015, la plus grande partie des départements et des régions sont à droite et l’extrême droite a augmenté son influence. La reconquête, le renforcement des majorités de gauche pour répondre aux besoins des populations et faire reculer la toute puissance du capital sont des exigences.

C’est la raison pour laquelle le PCF agit dans tous les territoires pour des rassemblements larges, respectueux de tous, capables de mettre en échec les représentants du pouvoir national, les droites et l’extrême droite. Il ne pourra y avoir de résistance, de reconquête, de victoire pour la gauche, sans l’apport décisif des communistes sur les projets régionaux et départementaux, sans des élu-e-s communistes plus nombreux qui porteront la voix des intérêts populaires, soutiendront les luttes et aideront à leur convergence sur des objectifs de changement de société.

La division que nous constatons à gauche va à l’encontre de l’intérêt général du peuple de France et peut conduire à l’échec de toutes les forces de gauche et écologistes.

Nous nous adressons aux femmes et aux hommes, aux forces, qui ont l’humain et la planète au cœur à agir pour le rassemblement pour une alternative aux choix libéraux et d’extrême-droite. Chacun.e doit prendre ses responsabilités, nous prenons les nôtres et alertons sur le danger de la division, sur le besoin de rassemblement de nos concitoyen.ne.s, des forces vives de nos territoires et de nos forces politiques. Poursuivons les discussions sur des projets partagés dans l’intérêt des populations et sur les conditions d’un rassemblement. Ensemble, rassemblés nous pouvons gagner un grand nombre de départements et de régions.

La montée du chômage, de la pauvreté et des périls économiques, la crise climatique appellent à des transformations radicales.

Nous voulons des régions et départements pleinement mobilisés, en tant qu’institutions politiques, pour de grandes batailles pour les droits sociaux et le climat, des régions qui ne se comportent pas en simples gestionnaires de fonds publics. Faisons de l’emploi, des services publics et de la solidarité les priorités et les leviers pour la transformation écologique.

  • Portons des choix économiques solidaires et de rupture avec l’austérité et toutes les politiques capitalistes qui non seulement empêchent les licenciements et pertes d’emplois mais impulsent d’autres logiques que la rentabilité financière. La proposition communiste d’une sécurité emploi-formation, de l’éradication du chômage, est d’autant plus d’actualité.
  • Exigeons immédiatement un moratoire généralisé sur les fermetures de services publics, de lits hospitaliers, d’hôpitaux, de lignes TER, de gares, de guichets, de lycées, de collège, et sur les licenciements avec l’exigence d’étudier des contre-projets des salariés.
  • Conservons le caractère national du réseau ferré et de l’opérateur historique SNCF, garants de l’égalité des territoires et de leurs habitant.e.s pour l’accès au ferroviaire. Nous voulons un grand service public national du rail. Soyons mobilisés pour conserver toutes nos lignes, et augmenter l’offre ferroviaire, pour préserver la présence humaine dans les gares et les trains, pour un grand plan national de développement du fret, pour la relance des trains de nuit. De même refusons le démantèlement du service public national de l’électricité, refusons sa régionalisation qui serait une antichambre de plus à la privatisation La précarité énergétique progresse au rythme du réchauffement climatique. Nous voulons un grand service public de l’énergie.
  • En matière de santé publique, où il convient d’impulser une démocratie sanitaire face à l’autoritarisme technocratique des ARS, des mesures essentielles doivent être prises, à commencer par des milliers d’embauches immédiates dans les hôpitaux et les EHPAD , mise à disposition des matériels, ouverture de lits.

Pour y parvenir, mettons en place de nouvelles institutions démocratiques, pour planifier les créations d’activités, emplois, formations à partir des besoins des territoires, pour s’attaquer vraiment au chômage en ouvrant des pistes de sécurisation des vies professionnelles par l’emploi et la mise en formation, pour faire reculer les pouvoirs de la finance et du grand patronat.

Organisons des conférences régionales sur l’emploi et la formation associant le monde du travail et les organisations syndicales en refusant les restructurations et leur lot de pertes d’emplois. Créons des fonds régionaux pour l’emploi et la formation. C’est ainsi que nous réussirons l’implantation de nouvelles industries et que nous développerons une agriculture paysanne tournant le dos aux fermes usines.

Nous voulons des collectivités territoriales dont les choix participent de la construction d’une République sociale et démocratique faisant vivre, dans la vie quotidienne de la population, la liberté, l’égalité, à commencer par l’égalité femmes-hommes, la laïcité, la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations, la fraternité et la solidarité internationale.

Nous voulons faire progresser la démocratie, la solidarité et l’égalité territoriale. Nous proposons de rétablir la compétence générale pour le département et la région. Nous exigeons des audits locaux indépendants suivis d’assises citoyennes pour élaborer collectivement des programmes de réimplantation des services publics. Nous demandons la compensation totale de l’ensemble des missions dont l’État s’est déchargé sur les départements.

Nous souhaitons confronter nos propositions avec l’ensemble des partis de gauche et écologiste sans exclusive, sans écarter ni privilégier quiconque, avec pour seul objectif de rassembler pour la mise en œuvre de politiques utiles à nos concitoyens.

Nous voulons débattre avec les organisations syndicales et associatives, les citoyens engagés dans de nombreux combats que nous partageons, prendre en compte leurs aspirations et construire les rapports de force politiques qui rendent leurs exigences incontournables.

Sur la base de projets partagés à la hauteur de ces aspirations et des défis de la période, rassemblons-nous dès le 1er tour partout où se sera possible. Les communistes porteront jusqu’au bout l’exigence de rassemblement. Ils alertent sur le danger de ne pas y arriver. Chacun est placé devant ses responsabilités et partout les communistes seront moteurs de rassemblement. Si la division au premier tour devait perdurer, la clarté doit être totale sur le second tour, sur le désistement pour le ou la candidat.e le ou la mieux placé à gauche ou la fusion avec la liste de gauche arrivée en tête.

Être utile à nos concitoyen.ne.s, les associer à l’élaboration des projets et aux dynamiques de rassemblements est un impératif. Avec eux nous voulons bousculer le paysage politique en profondeur, créer l’électrochoc nécessaire et faire bouger les lignes à gauche, tel est l’objectif du PCF pour répondre en 2021 aux attentes du monde du travail et de la création et faire face à l’urgence et à la gravité de la situation.

Intervention au CN du PCF du 12 décembre 2020

Intervention de Frédéric Boccara

Merci à Marie-Jeanne Gobert pour son rapport. Je voudrais souligner qu’il repose sur un travail considérable de consultation de quasiment toutes les fédérations du parti.

1- Quelques mots sur la situation politique, d’abord. Les mesures prises par le gouvernement Castex pour prétendument « sortir du deuxième confinement » sont scandaleuses et révoltantes. On a parlé à juste titre de la culture, non seulement le gouvernement martyrise ce secteur, mais en plus du coup il laisse les gens en tête à tête avec Netflix et la télé… 

Outre de la culture, il faut insister sur la jeunesse, car le plan du gouvernement frappe fortement la jeunesse, et cherche à l’isoler politiquement du reste de la population. Un effort de division de plus !

Je me félicite de la tonalité du rapport sur le plan Castex. Cela tranche avec la position brouillée adoptée lors de l’installation du second confinement.

Mais il faut dénoncer le changement de régime qu’on cherche à nous imposer, vers un régime plus qu’autoritaire du point de vue politique, dont nos gouvernants ont besoin à toute bonde pour imposer et masquer leurs mesures économiques, leur monopole sur l’utilisation de l’argent, alors que la colère monte, monte. J’ai expliqué ce changement de régime dans une vidéo. On devrait être beaucoup plus incisif là-dessus.

2- Le grand enjeu de la période à venir, c’est de marquer la situation politique par nos propositions radicales et réalistes et notre projet. Pour répondre à la crise, il s’agit de commencer à dépasser le capitalisme, notre projet en indique des voies. Il est absolument nécessaire de le porter dans le pays face à la crise, répondant au désarroi et à la colère.

C’est pourquoi je suis d’accord avec le principe du calendrier qui est de décider une conférence nationale au plus vite (et on pourra peut-être faire plus tôt) pour entrer sans tarder dans la campagne des présidentielles et en même temps de notre congrès en 2021. Nous avons besoin des deux, un congrès à l’automne (ou en décembre… come en 1920 !) peut booster notre campagne.

Concernant une candidature communiste, certains ici ont dit « un candidat ok, mais quid du rassemblement . », d’autres ont dit « pas de candidat communiste à la présidentielle, pour favoriser le rassemblement ». Mais comme l’a très bien dit Denis Durand, la vraie question c’est d’avoir un débat sur le contenu d’une politique, sur un projet, dans une situation qui ne ressemblera pas du tout à la présidentielle de 2017 !

Pour cela il nous faut un candidat sans tarder et une conférence nationale « grand angle », qui aborde les questions de façon très politique.

3- Car il s’agit d’avancer un contenu à la hauteur des défis sociaux et sociétaux actuels, des défis de civilisation a-t-il été dit à juste titre.

Nous avons devant nous une bataille en positif et une bagarre en « contre », qui doit désigner un adversaire, le capital.

Nous avons à mener dans du même pas une bataille pour refonder la gauche. Le tournant important est celui de 1982-83, avec les renoncements et le début de la démission face aux marchés financiers, jusqu’à la faillite du gouvernement Hollande. Il va falloir aider nos concitoyens à y voir plus clair : une gauche qui fait de la taxation des riches l’alpha et l’oméga de la politique, ça ne va pas. Une gauche qui considère le « social » comme un accompagnement pour faire passer le reste, par exemple l’écologie, c’est une gauche qui n’a rien compris aux forces qui empêchent de relever le défi climatique et écologique, qui ne comprend pas au rôle du travail humain, ni des services publics. Une gauche qui ne parle que de la France et n’a pas un projet pour l’Europe et pour le monde, est à côté de la plaque, y compris pour changer les choses en France ! Une gauche qui ne parle que de nationalisations, sans parler de pouvoirs des travailleurs et de critères de gestion opposés à ceux de la rentabilité financière, c’est une gauche qui n’a pas compris les échecs de la gauche plurielle ou de 1981-82. Une gauche qui parle de la finance et de la taxer plutôt que de se saisir des banques pour un tout autre crédit, c’est une gauche qui ne fera qu’écorner cette même finance.

Pour les présidentielles, je vois 5 axes majeurs de notre projet, tels qu’ils ressortent d’ailleurs du texte de notre 38è congrès :

  1. Une Sécurité d’emploi et de formation pour une autre relation au travail, et une nouvelle production écologique et sociale, c’est-à-dire comme un projet de société (à la fois économique, social et écologique) avec au cœur cette nouvelle sécurité émancipatrice permettant d’aller vers une libre une rotation des rôles, entre travail et non travail, avec un revenu sécurisé ;
  2. Un essor nouveau des services publics profondément rénovés, élargis et refondés ;
  3. La démocratie. Permettre l’intervention de toutes et tous, contester les institutions actuelles, en porter d’autres ouvrant de nouvelles institutions, de nouveaux pouvoirs non seulement dans le champ politique traditionnel, mais aussi sur l’utilisation de l’argent à tous les niveaux, avec notamment l’idée de Conférence nationale permanente pour l’emploi, la formation et la transformation productive écologique ;
  4. Le monde. Pour une autre mondialisation, de paix, de partage, de culture commune, de développement des biens communs. Cela implique à la fois le niveau mondial, mais aussi des changements profonds au niveau de l’Union européenne.
  5. La liberté, la dignité. Pour une société de l’émancipation de toutes et tous contre l’enfermement dans un rôle, un genre, une origine supposée, une religion ou une apparence. Une société qui allie développement de soi, dans sa singularité, et faire société.

4- La campagne va exiger de lier luttes et projet, dans une pédagogie politique de masse.

Il ne s’agira pas de seulement renvoyer aux gens ce qu’ils disent. Il y a une demande de sens, de proposition, d’éclaircissements, de décodage, pour entrer en lutte contre ce système : il s’agira aussi bien de porter la colère et la souffrance d’un vécu totalement ignoré par les grands de ce monde, que de parler des entreprises, des banques, de la BCE (comme nous l’avins imposé à Mélenchon en 2012) ou de ferrailler sur le revenu d’existence.

Le débat de fond va être très aiguisé, il va falloir faire preuve de pédagogie.

Le moment politique n’est pas seulement celui de la refondation de la gauche, mais aussi d’une société sur le fil du rasoir, certains pourraient dire d’un moment « pré-révolutionnaire », en tout cas d’une accélération, d’un bouillonnement de recherches d’idées, qui peuvent aller vers le pire… comme vers le meilleur.

5- Or malgré de réels progrès nous avons tendance à être encore en-deçà.

Nous souffrons d’une grande insuffisance à se saisir des idées novatrices du 38è congrès, base pourtant de notre orientation. Il s’attachait à analyser que le monde les marqué par de profondes nouveautés, des véritables révolutions, qui exigent une révolution sociale et politique : un renversement des logiques et une prise de pouvoir politique pour cela. Nous ne sommes plus en 1975, ni même en 1985. Des révolutions informationnelle, écologique, monétaire, démographique, voire anthroponymique sont en cours.

De même, il est difficile de ne pas avoir une impression de grand écart entre affirmation communistes et surplombs incessants des alliances au détriment de l’avancée de contenus, et du nécessaire débat sur les contenus pour les faire avancer.

Est-ce en portant une proposition de loi sur la taxation des GAFA que nous dissiperons cette impression, et ferons avancer les idées . Cette taxation rapportant 1 milliard porte le projecteur sur la répartition. Ne faut-il pas plutôt injecter dans le débat nos propositions d’institution nouvelle conférant des pouvoirs sur la gestion des entreprises et l’utilisation de leur argent . ou notre proposition, adoptée en juin, d’un Fonds d’urgence et de sécurisation de 270 milliards d’euros . Sans parler de dénoncer l’absence de pouvoirs démocratiques et de critères sur les centaines de milliards que la BCE déverse sur notre économie : pour le capital ou pour les travailleurs . C’est pourtant une question de classe… moderne.

6- Il nous faut donc aller sans tarder dans la campagne politique de l’élection présidentielle, avec une conférence nationale « grand angle ».

Elle devra, à mon sens, traiter décision d’une candidature, projet et propositions, équipe politique de campagne, choix du/de la candidat.e.

Pour le projet et les propositions, nous disposons de deux matériaux principaux : le 38è congrès et notre projet adopté en juin dernier face à la COVID19.

Mais il y aura un énorme travail, je suis prêt à y prendre ma part, sans ménager ma peine, aux côtés d’autres camarades, d’autant plus que l’économie est décisive pour verrouiller – ou déverrouiller ! – les esprits : les banques ne sont-elles pas les nouveaux tanks contre les peuples . Il y a un travail collectif considérable à effectuer. Nous devons d’ailleurs faire apparaître l’importance que nous donnons au collectif dans la période actuelle.

Pour finir, un mot sur l’idée de « collectifs locaux ». Je suis pour que nous avancions sur des collectifs locaux dans la perspective de créer aux présidentielles et pour la suite un grand mouvement populaire « contre la domination du capital et pour la liberté », avec la question de la sécurité d’emploi, de formation et de revenu en son cœur.

L’élection présidentielle, c’est une bataille de projet, de radicalité, d’apport d’explications et d’une posture. Nous devons y aller pour marquer la vie politique. C’est très différent des législatives de ce point de vue, où il s’agit de connaître le plus de monde dans une circonscription, d’écouter, d’être en empathie. Mais ne nous y trompons pas : marquer la présidentielle avec nos idées, notre démarche et notre parti conditionnera grandement notre réussite des élections législatives.

Interventions d’Evelyne Ternant

Intervention sur le Calendrier

Le calendrier est indissociable du choix de notre stratégie.
J’ai fait une consultation limitée et informelle de quelques camarades en responsabilité dans ma fédération depuis le CEN de lundi, où nous avons pris connaissance du calendrier, et par souci d’objectivité, je relate d’abord un point de vue qui a été exprimé, qui n’est pas le mien, que je donnerai ensuite.
La proposition exprimée est de désigner rapidement un porte-parole (et non un candidat) qui porterait la proposition d’un rassemblement de toute la gauche et des écologistes sur des bases permettant de rompre avec les politiques libérales menées par Sarkozy, puis Hollande et Macron, option qui selon les camarades qui la défendent permettrait de rassembler le parti, d’éviter les combats fratricides d’un congrès percuté par la question de la stratégie à la présidentielle. La transformation du porte-parole en candidat, en cas d’échec à rassembler la gauche, interviendrait alors à l’automne 2021, lorsque la prise de conscience qu’une candidature unitaire serait devenue impossible, et après avoir popularisé nos propositions.

Je me suis donc fait l’écho de cette position puisqu’elle existe dans ma fédération, sans la partager.

D’abord, le choix de présenter un candidat à l’élection présidentielle mérite plus que la transformation tardive en candidat d’un porte parole désigné lui même à la hâte.
Cette candidature communiste à la présidentielle, en effet, il faut la construire, l’étayer solidement, car il y a des tendances qui jouent dans les deux sens, pour ou contre, dans l’opinion, mais aussi dans la tête des communistes:

-Ce qui va dans le sens du «pour», c’est d’abord la conviction, qui gagne en ampleur, qu’il faut des mesures radicales inédites pour combattre la crise et ses multiples facettes et inspirer un grand mouvement populaire, et que les forces politiques qui à gauche prétendent aujourd’hui avoir le leadership ne les portent pas. On a d’un côté un verdissement du capitalisme, d’un autre côté un keynésianisme à l’ancienne, avec de plus, des références à un peuple d’individus atomisés, préféré au peuple structuré par des organisations syndicales et politiques. La perception d’une gauche au fond du trou, confirmée par les sondages, qui n’a pas vraiment de projet à la hauteur de la situation, monte dans le pays, d’autant plus, évidemment, qu’on ne connaît pas le nôtre. Cela pousse à une réception positive d’une campagne communiste.

Mais il y a aussi les vents contraires.

  1. d’abord l’absence de candidature communiste depuis 13 ans : on s’est habitué à gauche à ce que nous disparaissions, cela en deviendrait presque naturel.
  2. Il y a aussi nos propres discours et nos actes politiques sur le rassemblement qui ont, de mon point de vue, à tord, survalorisé le socle commun, et sous estimé les divergences qui sont profondes. La puissance de l’organisation du capital, sa mondialisation, le diktat des marchés financiers font qu’il n’y a plus d’espace pour une meilleure situation pour l’emploi et une répartition plus équitable des revenus, sans remise en cause radicale des logiques économiques et des pouvoirs du capital. Le projet social-démocrate n’a plus de possibilité d’existence effective. C’est un nouveau quinquennat Hollande que nous préparent les candidats de gauche en lice ou qui se préparent à en être.
  3. Il y a aussi dans les vents contraires la nature de l’élection, la pesanteur du deuxième tour sur le premier, et la crainte d’une récidive du duo Macron-Le Pen, les alliés qui se renforcent mutuellement, et poussent à une demande de candidature unique. Comme en 2017, cette candidature unique est une chimère, elle n’aura pas lieu, et nous ne devons pas lui donner du crédit, car ni les écologistes ni Mélenchon ne renonceront.
  4. A un moment de crise aiguë du capitalisme où plus que jamais nos analyses et propositions sont d’actualité, ou plus que jamais il faut reconstruire la gauche sur les bases de transformation structurelle de confrontation au capital, quelle resterait l’utilité politique du parti communiste s’il s’effaçait à nouveau de cette élection majeure qui surplombe toutes les autres .
  5. On se demande aussi dans quelles conditions nous aborderions les législatives, on a vu ce qu’il en était en 2017. Il y a une grande différence entre se rassembler pour gagner et gérer des départements et régions, sur des projets territoriaux que nous alimentons avec nos contenus, et le ralliement à un candidat dans un système de pouvoir personnel fait précisément pour dévoyer la démocratie et écraser les partis.
  6. C’est pourquoi l’entrée dans cette campagne avec un candidat, le plus tôt possible, est souhaitable, avec une conférence nationale bien préparée, une réflexion et une construction collectives de ses axes d’intervention, un texte d’orientation et une équipe de campagne solides.
  7. Je partage donc l’architecture du calendrier, c’est à dire la nécessité d’avoir à la fois une conférence au printemps, et un congrès à l’automne pour prendre en compte les bouleversements du monde et donner de la profondeur à notre projet.
  8. Je pense néanmoins qu’on aurait pu encore aérer le calendrier en reculant de 2 ou 3 semaines le congrès pour donner plus de temps aux communistes de bien le préparer, car le vote de la base commune arrive très vite après la fête de l’huma. Les clauses de revoyure nous permettront d’être mobiles, de tenir compte du débat qui aura lieu dans les sections et fédérations, pour créer les meilleures conditions de participation des communistes à tous les rendez-vous majeurs qui nous attendent.

Seconde intervention sur départementales et régionales

Je partage l’appel à un rassemblement large des forces de gauche et écologistes sans lequel le risque d’élimination pure et simple existe réellement. Mais il ne doit pas se faire au prix des contenus et de la posture politique par rapport au gouvernement , aux partenaires politiques, et aux luttes.
Je crains qu’en ce moment les difficultés de construction politique et alliances dans certaines régions ne fassent passer au second plan les contenus, le périmètre se négociant avant et séparément la construction collective des projets.

Que devrions nous mettre en avant?

Ce qui traverse notre conception des régions et départements, c’est que ce ne sont pas seulement des entités chargées de gérer honnêtement et sans corruption les budgets tels qu’ils sont aujourd’hui, en étant les plus équitables possibles envers les territoires et les personnes les plus déshéritées. Ce fonds humaniste ne suffit pas, surtout pas à faire face au à la violence de la crise actuelle. Le propos de Christian Favier l’a bien montré, avec le débordement délibéré des compétences départementales que le conseil du Val de Marne a réalisé pour mener à bien la bataille sur les transports publics.

Les régions et départements représentent en effet un pouvoir politique qui doit se considérer comme tel, intervenir pour changer le cadre, les contraintes imposées par les politiques nationales. A l’opposé d’une prudente neutralité qui est la caractéristique de certaines gestions actuelles du PS, il faut s’immiscer au contraire dans les grandes batailles politiques nationales, santé, pouvoir d’achat, emploi, climat, libertés, soutenir les luttes locales pour la défense des services publics et de l’emploi, participer à la construction des rapports de force qui contribuent à briser les carcans qui fabriquent aujourd’hui le chômage, la précarité, la pauvreté , et des territoires désertifiés.

Mon propos concerne surtout les régions: elles sont un échelon stratégique pour mettre en œuvre des transformations structurelles, faire reculer la domination du capital et la marchandisation généralisée qui pèse sur nos vies.C’est donc avec cet objectif transformateur et l’ambition de changer de braquet dans les politiques publiques que nous devons aborder ces élections.

Nos priorités: l’emploi, la formation, les services publics, et la transition écologique,

et les moyens pour y parvenir des conquêtes démocratiques multiples,

dont celle cruciale, de l‘utilisation de l’argent, fonds publics et fonds privés (banques et entreprises).

Par des conquêtes démocratiques, il convient de faire craquer les cadres institutionnels actuels pour redonner un pouvoir collectif d’intervention et de décision économique sur l’avenir de nos territoires. C’est pourquoi deux de nos propositions prennent un relief particulier:

-les conférences permanentes pour l’emploi, la formation, la transformation écologique des productions, doivent permettre une planification des activités et emplois nécessaires à partir des besoins des territoires, et d’ouvrir des pistes sur la sécurisation des vies en commençant des parcours professionnels.
-associer à ces conférences un pouvoir de financement, car il y a un enjeu majeur pour que les moyens soient à hauteur des immenses besoins : la bataille financière est à mener sur les compensations d’état( notamment sur le RSA ,une fiscalité qui redonne de l’autonomie, mais il convient aussi d’innover dans la création de fonds régionaux dans lesquels il s’agit d’aller plus loin que du contrôle a posteriori sur les aides massives des plans de relance. L’objectif est de prendre appui sur ces plans pour faire levier en mobilisant des fonds des banques et des entreprises actuellement hors de portée des citoyen.ne et salariés, et agir sur les orientations stratégiques des entreprises.

Un 4 pages grand public a été préparé par le groupe national régions: il a été conçu il y a plus d’un mois, sans doute faudra -t-il au début de l’année prochaine la réactualiser l’édito, mais il donne à voir les principales mesures, et laisse une place -petite en 4ème page à une intervention spécifique de chaque région. Il donne à voir aussi le travail des élus, qui ont été un peu oubliés depuis la dernière élection. C’est une aide, une mise à disposition, pour démarrer très vite la campagne, avant la conclusion des accords politiques qui prendront du temps: à chacun.e d’en faire l’usage – ou pas- qui lui convient.

Ce qui doit être encore travaillé, c’est la traduction du projet en quelques propositions indentifiantes, avec des mots clés pour la communication. Cette question de la traduction de notre projet dans les négociations et les projets de rassemblement communs sera travaillée dans le cadre du groupe national régions, qui reprendra ses travaux au début de 2021, auquel j’invite tous les référents

Intevention de Denis Durand

J’approuve le calendrier proposé et la présentation politique qui en est faite dans le rapport.

Je voudrais attirer l’attention sur un point qui va beaucoup peser dans la préparation de l’élection présidentielle et dans celle du congrès : les élections législatives.

On connaît bien ce qui rend cruciaux, vu la situation actuelle du Parti, les moyens d’action que procure l’existence d’un groupe communiste à l’assemblée, aussi bien au niveau national qu’au niveau d’une fédération, par exemple.

Faut-il en déduire une stratégie dont l’objectif principal viserait à maximiser le nombre d’élus du PCF au moyen d’une alliance de premier tour avec Mélenchon, ou le PS, ou les Verts, avec des contreparties pouvant aller jusqu’à l’effacement à la présidentielle . Il s’agirait, en somme, de mieux réussir en 2022 ce que le soutien à Mélenchon n’avait permis d’obtenir que partiellement en 2017.

Mais 2022 ne sera pas 2017. Qui aurait imaginé, il y a un an, la moitié de la population mondiale confinée . Un appauvrissement général qui précipite toute une jeunesse dans les permanences du Secours populaire . Et ce n’est que le début : dans trois mois, dans six mois, les plans de suppressions d’emplois des grands groupes vont commencer à produire leurs effets, juste au moment où l’État n’aura plus d’argent pour payer le chômage partiel ou pour protéger les PME contre la faillite.

Il faut remonter en juin 1940 pour trouver le souvenir d’un tel désastre national. Je parle bien de désastre national car la France va être particulièrement atteinte. Et ce sont les héritiers directs et revendiqués de Pétain et de la collaboration qui caracolent en tête des sondages, tandis que les actes de plus en plus liberticides de Macron commencent à produire une vraie crise de régime.

Dans un tel paysage, il est très important de faire élire davantage de députés communistes mais l’objectif principal de notre stratégie électorale ne peut pas se limiter à défendre notre place dans les institutions de la Vème République pourrissante.

Cela donne donc une tout autre signification à l’élection présidentielle. Loin d’être un mauvais moment à passer en attendant les législatives, elle peut être un moment décisif pour proposer à nos concitoyens de transformer la défiance en résistance et le ressentiment en action pour des changements révolutionnaires allant bien au-delà de ce qui a été accompli il y a 75 ans.

C’est possible. La radicalité d’un changement révolutionnaire est dans beaucoup de discours mais aussi dans les têtes. Quand nous menons notre campagne emploi sur le terrain, on sent que nous sommes au cœur des préoccupations des gens quand nous parlons d’éradiquer le chômage. C’est-à-dire une perspective politique révolutionnaire : sécuriser les êtres humains, pour leur permettre de conquérir de nouvelles libertés, dans le travail mais aussi dans la cité avec un essor sans précédent de la démocratie jusque dans l’entreprise, dans les relations entre les genres, les sexes et les générations, dans la vie culturelle et artistique. C‘est-à-dire le projet communiste tel qu’il a été défini au 38ème congrès.

Voilà l’apport dont toute la gauche a besoin pour se reconstruire idéologiquement et politiquement, pour être capable d’entrer en résistance et, entre autres, pour reconstruire des bases solides pour la représentation de toutes ses forces au Parlement.

Voilà, non pas ce que j’attends d’une candidature communiste à l’élection présidentielle, mais voilà la bataille dans laquelle je suis prêt à m’engager à fond avec notre candidat, comme pourraient l’être, j’en suis sûr, les 80 % de communistes qui se sont rassemblés sur les orientations du 38e congrès, et bien d’autres encore.

Intervention de Jean-Marc Durand

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Première intervention

Pour le coup, jamais des questions de calendrier n’auront été aussi politiques. C’est sans doute l’approche d’une date qui aura oh combien compté dans l’histoire de notre pays qui veut cela !

Je l’avais dit lors du précédent CN je suis favorable à ce que l’année 2021 nous permette à la fois de nous lancer concrètement pour la présidentielle de 2022, et cela le plus tôt possible, en même temps que de tenir notre 39ème congrès avec un temps de préparation suffisant pour que tout le parti puisse le travailler dans de bonnes conditions. Mais surtout afin qu’y soient traiter des enjeux du nouveau parti communiste qu’il nous faut, nouveau car capable par son fonctionnement, ses objectifs politiques, son projet, d’offrir à toutes celles et ceux qui souffrent et qui luttent un vrai espoir de résistance et de dépassement d’un capitalisme dont la crise dans la phase d’accélération qu’il connaît, y compris du fait de l’épisode sanitaire de la covid 19, peut conduire à tous les dangers.

Aujourd’hui, nous communistes, avons plus que jamais besoin d’apprécier avec justesse la profondeur de cette crise et de ses répercussions à tous les niveaux : du local au mondial, du social au sociétal, de l’économique à l’anthroponomique. Nous sommes mis au défi de prendre l’exacte mesure de la gravité de ce qui se prépare et des risques qui en découlent pour la vie de tous avec une attention particulière aux questions de paix. La montée de la pauvreté, l’ascension de nouvelles puissances économiques et politiques qui entraîne un bouleversement de l’équilibre mondial, l’utilisation de l’argent, l’éradication de la précarité et du chômage, une nouvelle maîtrise publique avec l’expansion des services publics, le devenir de l’Europe et des institutions mondiales, l’enjeu climatique, voilà quelques sujets majeurs auxquels un parti communiste de notre temps doit être capable de proposer solutions et perspectives.

Jamais les questions d’une autre mondialisation dont une autre Europe, mais aussi celle de la construction de nouveaux rapports entre écologie, social et économie, c’est-à-dire d’une autre production donc d’une nouvelle maîtrise sociale et écologique permettant à chacune et à chacun de se sentir pleinement acteur de son quotidien à l’entreprise, comme dans la cité et sa vie personnelle, n’ont été autant au centre des enjeux d’une transformation radicale et réaliste. Et sans une telle transformation, pas de possibilité d’amélioration effective et durable des conditions globales d’existence de chacune et de chacun.

Derrière cela est une considérable exigence de contenus afin de montrer qu’une autre société est possible, qu’un nouveau degré de civilisation peut et doit être atteint. Voilà ce dont une candidature à la présidentielle doit être porteuse, voilà le sens que nous devons donner à notre campagne de la présidentielle mais aussi des législatives. Cela suppose une élaboration collective, ne pas en rester à de l’à peu près et sortir d’une posture qui peut parfois donner à penser qu’on pourrait se satisfaire de quelques idées dans l’air du temps ou relevant d’une sorte de social-démocratie éclairée… Pour cela nous avons des propositions majeures comme la SEF, mais aussi en matière de santé, d’éducation, de fiscalité, de rôle des banques et de la BCE, que nous devons absolument valoriser et faire connaître. Car si nous partons à la présidentielle, ce n’est pas pour être élu, nous le savons bien, mais pour mener la bataille d’idées, faire entendre dans le pays et au-delà une autre voie, diffuser un autre discours, proposer des solutions, un projet qui sorte des sentiers battus qu’empruntent aujourd’hui la plupart des responsables politiques de droite comme malheureusement de gauche. Nous devons affirmer la marque de fabrique révolutionnaire du parti communiste dans une société, dans un pays, une Europe, un monde où chacun.e cherche des issues qui en fait se résument toutes à la même chose : sortir du capitalisme c’est-à-dire de l’exploitation qu’il impose et des dominations qui en découlent pour une large part.

Faire acte de candidature n’est donc pas anodin pour nous communiste, notre parti, mais aussi pour les gens qui sont en attente d’une alternative crédible. Voilà en fait le vrai objet du débat qui doit entourer notre proposition de candidature pour la présidentielle, d’une candidature du parti communiste qui n’a jamais été aussi essentielle que par les temps qui courent.

Et c’est une fois que notre candidat.e aura été élu.e par la conférence nationale en même temps qu’auront été décidés des contenus et du projet et que sera installée l’équipe de campagne, que notre 39ème devra venir renforcer cette bataille politique. Sa réflexion et ses choix seront déterminants pour enraciner la candidature communiste dans le parti, à gauche et dans le pays. En poursuivant l’œuvre de transformation profonde lancée par le Manifeste dont beaucoup des orientations semblent quelque peu ensablées, notre 39ème congrès en, en analysant les causes, devra être un nouveau temps fort de la novation communiste.

Seconde intervention

Mon intervention sera rapide et en trois points :

  1. Le texte de résolution sur élections de 2021 remis dans des délais trop courts et de plus d’une certaine longueur ne peut être travaillé correctement et donc amendé. Juste une remarque première ligne, il serait bien de remplacer « usines » par « entreprises » car dans nos campagnes électorales que ce soit d’ailleurs pour les régionales comme pour les départementales, nous n’allons pas nous adresser qu’aux seuls salariés des usines mais à l’ensemble du salariat. Aujourd’hui les questions d’emplois, de travail, de formation, de salaires, les conférences régionales pour l’emploi que nous proposons ont vocation à réunir l’ensemble des salariés de toutes catégories et de toutes professions confondues.
  1. Un manque important subsiste, c’est la question du financement des échelons d’organisation administrative et politique que sont les régions et les départements. Plus exactement je veux parler de fiscalité locale. Aujourd’hui les régions comme les départements d’ailleurs sont de plus en plus des structures déconcentrées de l’Etat dont la principale fonction est de reproduire des politiques décidées au niveau national voire à d’autres niveaux, notamment à celui de l’Europe. Régions comme départements ont de moins en moins de latitude pour décider de leur politique car ne pouvant plus disposer de recettes fiscales propres leur conférant une certaine autonomie de décision budgétaire et politique tant on sait que le budget est une question d’ordre éminemment politique. Il va devenir de plus en plus difficile de gérer des structures dont les principales orientations sont en fait mises sous tutelle du pouvoir central. Nous devons cette vérité aux citoyens, il en va de la question plus globale du devenir de nos territoires, de leur organisation et de leur administration en liens direct avec les populations locales.
  1. Quant au rassemblement. Nous devons effectivement travailler le rassemblement le plus large comme l’indique P. Lacaze dans son rapport. Mais cette recherche du rassemblement comme l’a dit Evelyne, ne doit pas nous conduire à dissoudre les contenus. Ce serait totalement contreproductif. Les populations sont en attente de solutions et donc de propositions claires et à la hauteur en matière de contenus de transformation. Pas sûr que l’attente de l’électorat populaire soit un rassemblement politique de gauche qui ne porterait aucune rupture réelle avec le système et qui, pas plus tôt aux manettes, décevrait à coup sûr ! Enfin j’ai bien entendu qu’il n’y aurait pas d’accord national avec quelle que force de gauche que ce soit mais que des choses sont engagées dans certaines régions avec LFI, notamment en AURA. Dans le prolongement de l’intervention de Yannick, je veux attirer l’attention sur les risques qu’il y aurait à s’engager au plan régional dans des accords privilégiés, voire exclusifs, puis qu’ils excluent le PS, entre LFI et PCF. D’une part cela serait facteur de division des communistes comme le serait d’ailleurs un accord exclusif avec le PS. De l’autre il n’est pas certain que ces accords nous permettent de passer la barre des 10%, donc nous nous retrouverions dans l’obligation de négocier pour le second tour avec le PS et consorts, ce qui ne nous mettrait pas forcément en situation d’avoir un groupe autonome. De l’autre contrairement à ce que j’ai entendu précédemment, LFI ne se contente pas du niveau régional mais tente le même type d’accord au niveau des départements (Ardèche, Drôme…). A coup sûr s’agissant des départementales, ce type d’accord nous placerait dans l’impossibilité de gagner des élus voire de conserver nos sortants là où nous en avons. Un couple PCF/LFI ne nous permettrait en effet pas de franchir la barre des 12,5% des inscrits au premier tour sauf cas très exceptionnel. A se demander si comme pour les municipales, LFI souhaite avoir des élus départementaux, voire même régionaux tant leur souci numéro un est d’enclencher des dynamiques conduisant à se ranger à la présidentielle derrière le candidat Mélenchon. D’ailleurs le courrier de ce dernier à Fabien Roussel juste avant notre CN fait partie de cette stratégie.

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