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Face aux agitations politiciennes…

IL est temps de renouer avec ce qui est le plus noble de la politique, c’est-à-dire le débat sur les idées et le projet de société ; voilà le but premier du courant révolutionnaire qu’incarne le parti communiste en France.

C’est reparti ! L’approche des échéances électorales crée une nouvelle agitation de type frénétique au sein du landerneau politique. C’est surtout très sensible à gauche dans une période où pourtant cette dernière continue à ne pas avoir de véritable repaire identificateur, où persiste, voire s’amplifie, son décalage avec le peuple, notamment avec les aspirations profondes de ce dernier, où les luttes restent sans débouché réel. Mais visiblement, ainsi va le temps politique ! A croire pour parodier un chanteur bien connu, que les élections « rendent fou » ! A croire que les élections, que la tambouille politicienne, – là encore comme le disait un certain homme politique avide des voix communistes -, ce serait cela faire de la politique, que ce serait le nec plus ultra de la politique moderne. Cela fait un certain temps que nous sommes en quelque sorte payés pour savoir que cette recette ne fonctionne pas et surtout que cette réponse n’est pas adaptée à la recherche d’issues nouvelles par nos concitoyens.ennes ! A chaque élections elles et ils ne cessent de nous le répéter depuis plusieurs décennies maintenant.

En effet, cela fait depuis 1984, soit 36 ans, que la gauche est en échec, que le parti communiste est en échec que nous (la gauche comme le Pcf) ne cessons de décrocher dans les sondages comme dans les élections. Et qui a pris ne serait-ce que quelques minutes pour analyser les causes de cette situation ? Il ne suffit pas de dire 1981 c’est les 39 heures, les nationalisations, etc… Il faut surtout comprendre ce qui s’est passé à partir du tournant de la rigueur comme on l’a appelé et donc en analyser les causes profondes. C’est de la compréhension de cet évènement que nous serons en capacité d’apporter les réponses adéquates et de définir les stratégies adaptées. Et sans aucun doute que la réponse qui ressortira sera tout autre que celle du : « il faut le rassemblement des forces de gauche ou il faut se ranger derrière je ne sais quel homme providentiel ». Non pas qu’il s’agisse de nier, de faire disparaître toute idée de rassemblement à gauche mais simplement parce que le rassemblement comme seule réponse ne peut être la solution pour renouer avec le peuple, l’électorat de gauche et surtout reconstruire une vraie politique de gauche. Tout simplement car avec ce type de discours et ce n’est pas le moindre des paradoxes en cette année de centième anniversaire de la naissance du Pcf, cela revient tout bonnement à nier le congrès de Tour et à nous retrouver au beau temps d’un bloc social-démocrate plus occupé par les jeux électoraux (tiens !) que par le sort du peuple lui-même. Plus occupé par les discussions de couloirs, par le lobbying, par le parlementarisme, que par la construction de réponses à la politique capitaliste, c’est-à-dire par la construction de contenus et d’un projet qui visent très clairement et radicalement le dépassement de ce système d’exploitation et de domination qui jette des millions de femmes et d’hommes dans la précarité, divise et oppose les couches populaires entre elles, cela dans l’unique objectif de soutenir la rentabilité du capital. En fait c’est tout simplement tordre le cou au courant et au mouvement révolutionnaires à gauche, c’est tuer le parti communiste dans son originalité révolutionnaire. C’est tuer le parti communiste en tant que parti autonome, porteur d’un projet de transformation profonde de la société et animateur du débat d’idées, de la confrontation sur des enjeux civilisationnels vitaux.

Voilà le véritable fondement des débats qui se nouent à nouveau aujourd’hui au sein des directions du parti communiste, que ce soit au niveau départemental ou national. Il n’est pas anormal en soi que ce type de débat ait lieu. Il peut ressembler à celui qui sévissait avant 1920 mais le plus ennuyeux, le plus pernicieux et qui frise parfois un certain manque d’honnêteté intellectuelle, c’est que chacun.e ne dise pas clairement sa vision des choses, là où elle et il veut en venir. Tous font en effet mine de se réclamer du parti communiste, de son avenir, de son rayonnement alors que finalement, c’est de tout autre chose que d’un parti communiste dont ils se réclament. Là encore, c’est le droit le plus strict de chacun.e mais la bonne tenue du débat gagnerait à ce que les cartes soient clairement sur tables, à ce que des arguments détournés ne soient pas utilisés, à ce que les choses ne soient pas outrageusement personnifiées, participant ainsi à opacifier, à masquer les véritables objectifs poursuivis et plus grave, à dégrader profondément le débat démocratique.

La situation exige du courage politique, de la rigueur dans les propos et les démonstrations et surtout une nouvelle phase de la démocratie et de la pratique démocratique en interne comme vis-à-vis de peuple et de nos partenaires. Face aux dangers qui menacent les peuples, il est temps de renouer avec ce qui est le plus noble de la politique, c’est-à-dire le débat sur les idées et le projet de société ; voilà le but premier du courant révolutionnaire qu’incarne le parti communiste en France. Voilà pourquoi il faut un parti communiste qui existe, bien dans ses baskets, présents dans les batailles électorales, particulièrement à la présidentielle ; n’oublions pas en effet que nous sommes encore en 5ème République. Plus que jamais et surtout à la différence d’il y a cinq ans, il y a un besoin urgent de l’originalité communiste et d’une candidature communiste. Les temps exigent de sortir d’une conception d’un parti communiste force d’appoint ou sorte de mouche du coche dans un ensemble social-démocrate « réunifié ». C’est sur cette base qu’une large confrontation à gauche pourra déboucher sur un véritable processus de dépassement du système capitaliste ramenant confiance et espoir parmi la diversité des couches populaires. Voilà en quoi l’existence d’un parti communiste à part entière constitue la meilleure garantie de l’efficacité de la gauche tout entière. N’est-ce pas d’ailleurs ce que nous enseigne l’histoire de ces quarante dernières années ? Notre 38ème congrès avait profondément souligné cet enjeu. Aujourd’hui il ne s’agirait pas de faire comme si cela n’avait été qu’une simple réflexion de quelques « intellectuels illuminés » soit dit en passant, soutenu lors du vote de la base commune par 42% des communistes !

2 comments on “Face aux agitations politiciennes…

  1. michel salingue

    Oserais-je utiliser un proverbe chinois bien connu qui me semble résumer la situation « Quand le sage désigne la perspective, l’idiot regarde l’élection présidentielle. » La question de la candidature doit se poser non pas en regardant mai 2022 mais dans le cadre d’une avancée idéologique de la perspective communiste.
    Mélenchon, après avoir qualifié les communistes par la formule « la mort et le néant » vient aujourd’hui quémander leur appui. On peut, pour le moins, s’interroger sur sa sincérité. Cette démarche et son auto-désignation démontrent, une fois de plus, la nocivité et la dangerosité du régime présidentiel de la 5ème République.
    Quand le peuple français se lèvera-t-il pour crier haut et fort qu’il ne veut ni César, ni tribun, ni homme providentiel ?
    Ces candidatures personnelles visent à recentrer le débat de la perspective et de la stratégie sur l’élection présidentielle qui serait l’alpha et l’oméga d’avancées sociales déterminantes.
    Illusions ! Une présidentielle gagnée ne suffit pas, et loin s’en faut, à changer les choses fondamentalement et dans le bon sens. L’élection de Mitterrand en 1981 en fut la preuve ; dès 1983 avec la politique de rigueur Mitterrand s’est plié aux volontés du capital et du marché.
    Aucun gouvernement de gauche, AUCUN, dans l’histoire de ces 90 dernières années n’a fait une politique de gauche sans que le mouvement social et l’état de pression de l’unité d’action des luttes ne l’y oblige.
    La condition première et incontournable du changement dans la durée passe par une mobilisation populaire participant à la prise de conscience et se traduisant par les luttes dans une perspective de construction du socialisme avant, pendant et surtout après l’élection.
    Faire des présidentielles la clef de voûte de l’accession aux responsabilités ne suffit pas.
    Seule la convergence des luttes politiques, sociales, syndicales permet de se dégager une marge de manœuvre dans le rapport de force.
    Le point aveugle de notre stratégie politique se situe au niveau du lien politique entre luttes et construction du socialisme ici, dès maintenant et concrètement à partir des luttes menées.
    Il faut renverser dialectiquement la perspective : il ne peut y avoir victoire électorale des forces de changement sans mobilisation des travailleurs au travers des luttes amorçant la construction du socialisme ici et maintenant. En gagnant, par les luttes sociales, des « bouts » de socialisme comme, par exemple, la sécurité emploi-formation, la reprise d’une entreprise en coopérative ou par sa socialisation, la gratuité des transports, la gestion de l’eau… tout ce qui concerne les biens communs. C’est la perspective concrètement vécue du socialisme qui mobilisera l’électorat. C’est en arrachant des morceaux de pouvoirs au forces du capital qu’on avancera.
    Il n’existe pas de raccourci historique. Sans mobilisations, sans luttes aucune victoire, aucune réelle avancée sociale ! Alors que faire ? L’élection présidentielle est un piège, par principe anti-démocratique. La gauche par essence et par construction historique est diverse, seul un scrutin à la proportionnelle peut la représenter. En ce sens l’élection présidentielle, dans sa forme actuelle, est un véritable coup d’état. Soyons réalistes, qui peut croire que la gauche peut aujourd’hui gagner avec un PS à la ramasse, un PC qui commence à peine à relever la tête, des Verts plus que jamais divisés, un Mélenchon qui se prend pour le Sauveur Suprême et, surtout, un mouvement social et syndical dos au mur qui va de recul en recul… Nous avons à reconstruire une perspective sur le long terme avec les travailleurs afin qu’ils se mobilisent vraiment et que tous ceux qui qui par dépit ont abandonné le combat social et politique en se tournant vers l’abstention reprennent espoir. Mais tout cela ne se bâtit pas en 18 mois. La perspective pour être un jour crédible doit clairement s’inscrire dans une remise en cause fondamentale du système économique, social et politique. Alors, oui à un candidat communiste afin de mettre sur la table les vrais termes du débat, faire toucher du doigt les combats à mener et montrer que, aujourd’hui plus que jamais, il n’est d’autre solution face à un creusement inédit des inégalités et un risque d’effondrement climatique qu’un socialisme qui renverse la table… mais l’essentiel, la priorité doit rester aux luttes

  2. Ex adhérent, je me retrouve dans cette analyse.
    En effet , c’est la démocratie interne au parti qui est sont point faible. Les instances dirigeantes nat. et locales veulent des adhérents.e.s militant.e.s exécutant.es qu’ on (re)active lors des échéances électorales, non des personnes qui réfléchissent et en capacité être des forces de proposition.
    Il est bien loin le temps des formations et éducation populaire politique, et syndicales a la hauteur des enjeux politiques

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