Éditos

Pour un parti communiste contribuant à conjurer la catastrophe imminente

Jouer atout maitre avec la SEF

Nous vivons une situation dramatique qui pèse très lourd sur le pays, sur les communistes et leur parti. Plane une ambiance, comme le dit Denis Durand, de désastre national qui, par certains aspects, peut rappeler l’effondrement de juin 1940. Et cela, d’autant plus que, en Europe, c’est la France qui présente les résultats les plus médiocres, tant au plan sanitaire qu’au plan économique.

L’heure ne paraît pas être à une grande reconquête à gauche susceptible de nous conduire aux « jours heureux », comme l’illusion en fut partagée, jusqu’au sommet de notre parti, au début de la pandémie.

C’est vrai, il y a beaucoup de colère, mais, pour l’heure, elle s’exprime surtout de manière catégorielle. Il y a aussi un immense désarroi et une tendance à s’en remettre au chef de l’État. Lui, il a compris très vite en quoi endosser les habits du père empathique, exigeant mais protecteur de la Nation pouvait, éventuellement, faciliter sa gouvernance d’un pays si désorienté.

Comment faire pour hisser notre parti à la hauteur des formidables défis qui ont commencé de s’annoncer ? La réponse est tout sauf aisée. Je m’en tiendrai à quatre suggestions. 

I – Ne pas se tromper sur le moment historico-politique actuel :

La droite et l’extrême droite tendent à capitaliser les mécontentements en faisant surenchère d’aboiements sécuritaires, voire guerriers, et anti-démocratiques. La gauche est en miettes et profondément divisée. Elle ne porte aucun projet d’alternative conséquent, crédible et rassembleur, alors que ses dirigeants crient « rassemblement, rassemblement ! » en sautant « sur leur chaise comme des cabris », comme disait De Gaulle. L’image de la gauche dans l’opinion est très abîmée. Un récent sondage a montré que :

  • Aucun candidat unique de la gauche ne serait présent au second tour de l’élection présidentielle aujourd’hui ;
  • La gauche divisée au premier tour ramasserait plus de voix qu’avec un candidat unique.

Dans cette situation, on a absolument besoin d’un parti communiste qui :

  • soit capable de porter l’exigence et les moyens d’une entrée en résistance populaire ;
  • Soit capable, avec une pédagogie politique ambitieuse et tenace de ses idées et propositions novatrices, comme la Sécurité d’Emploi ou de Formation (SEF), de porter la promesse d’une perspective alternative radicale et rassembleuse.

II – La République en marche vers un nouveau régime :

Macron, aiguillonné par la droite, l’extrême droite et le MEDEF, cherche à faire avancer un nouveau régime pour la France, comme l’a relevé Frédéric Boccara. Ce faisant, la crise de régime s’exacerbe à mesure que grandissent la colère et la sidération des Français en bute aux incessantes injonctions paradoxales de l’Élysée. De quoi envenimer le stress, rendre fébrile la recherche de boucs émissaires…jusqu’aux violences dont le chef de l’État et ses séides tentent de profiter pour accélérer la marche vers ce nouveau régime.

Celui-ci comporterait au moins deux dimensions particulièrement agressives :

1 – Une dimension politico-institutionnelle :

Macron cherche de toute son âme une union sacrée. Il se sert de la crise sanitaire et du terrorisme qui, pour l’heure, est principalement le fait de fascistes se réclamant de l’Islam, pour faire passer la France d’état d’urgence en état d’urgence, avec une restriction continue des libertés, avec une concentration inouïe des pouvoirs entre ses seuls mains dans le pays, et celles des patrons dans les entreprises.

Il achève ainsi ce qui reste de démocratie représentative, humiliant le parlement en le transformant en chambre d’enregistrement, pour les uns, en exutoire pour les autres. Il démolit consciencieusement les droits syndicaux et sociaux sur les lieux de travail. Il avance à tâtons bien sur, mais il crée ainsi les conditions pour, le jour venu d’agitations trop importante, il se fasse accorder les pleins pouvoirs.

Simultanément, il déploie d’énormes efforts pour anéantir ce qui reste de la gauche, jouer sur ses divisions et contradictions, la décrédibiliser, y compris avec la campagne sur « l’islamo-gauchisme » qui vise à stigmatiser tout effort pour défendre les musulmans contre le racisme que favorisent les actes abominables d’ islamistes radicaux, même si certains de ces efforts ont pu être très maladroits et donner lieu à confusion.

Il s’agit « quoi qu’il en coûte » d’empêcher les gens d’aborder les débats de fond sur les moyens financiers et les pouvoirs pour défendre et promouvoir l’emploi, le social, la santé, l’éducation et la formation, la recherche, l’écologie…afin, par dessus tout, que soit épargné le capital.

2 – Une dimension politico-économique :

Macron compte sur les milliers de milliards d’euros de la planche à billets de la BCE qui, pour l’heure, permettent aux grands capitaux financiers accumulés de continuer leur quête incessante et criminelle de rendements et que le pays ne tombe pas dans une spirale déflationniste.

En ayant en vue une construction fédérale de l’Europe, il n’a de cesse d’essayer de faire entrer cette institution dans la vie quotidienne des Français en leur donnant à croire que leur situation serait beaucoup plus désastreuse sans la BCE telle qu’elle est.

C’est dire l’enjeu politique d’une bataille du Parti communiste portant haut et clair ses propositions pour que ces milliers de milliards de la BCE servent, via un Fonds social, solidaire et écologique européen, à défendre et promouvoir tout ce qui fait la qualité de vie et de travail, la créativité des salariés et des populations, au lieu d’alimenter le trou noir des marchés financiers. Cela vaudrait particulièrement pour financer l’hôpital public.

III – Construire les conditions d’une reconquête à gauche :

Aujourd’hui le débat politique sur l’économie, sur l’argent et son utilisation est devenu crucial. Pourquoi ? Mais parce que le cœur du capitalisme est désormais à nu et que ce cœur c’est la monopolisation de l’argent par les capitalistes. Argent qui devrait servir, « quoi qu’il en coûte », à faire toujours plus d’argent contre l’emploi, la vie de l’immense majorité des humains et leur niche écologique la Terre, alors qu’il faudrait, au contraire, qu’il serve à sécuriser et développer ces derniers. Ne pas affronter résolument ce défi, avec des propositions alternatives cohérentes, crédibles et rassembleuses, revient à déserter le combat de classe moderne.

C’est parce que la crise est devenue si profonde et que les périls sont devenus si considérables que l’on a besoin comme jamais de mettre en avant les idées novatrices de notre dernier congrès, comme la SEF.

On peut se féliciter de ce que, encouragés par le secteur « vie du parti » du PCF, nombre de fédérations et de militants communistes, dans la foulée du CN sur l’emploi et de l’excellent rapport de Frédéric Boccara, aient commencé à passer de façon créative aux travaux pratiques sur ce formidable projet. On aimerait que le même effort soit accompli par le secrétaire national et le président du CN de notre parti. On aimerait aussi que les parlementaires communistes aident plus, par leur travail législatif autonome, à l’effort collectif d’ avancée pratique des idées précises de notre congrès.

C’est pour toutes ces raisons qu’il faut absolument une candidature communiste à l’élection présidentielle dont je rappelle que notre dernier congrès avait décidé de tout faire pour « en créer les conditions ».

Or qu’a-t-on fait dans ce sens depuis que Fabien Roussel, à l’université d’été de Malo-les-Bains, a pu convaincre, dans une ambiance à juste titre enthousiaste, que notre direction nationale entendait s’y atteler ?…

De plus, des signaux contradictoires sont envoyés. Par exemple, tout récemment à l’Assemblée nationale, des députés communistes, dont Fabien, ont voté pour le plan Castex. Or ce gouvernement continue de rationner l’hopital public, d’abandonner des locaux utiles (Hotel Dieu..), de fermer des lits, de mentir honteusement sur le nombre de ceux qu’il a ouverts sans cependant augmenter les emplois et les formations de qualité nécessaires. Il n’a rien fait pour arréter l’hémorragie des personnels soignants. Ce gouvernement et Macron n’ont qu’une obsession: servir les intérêts capitalistes et y faire consentir les gens. Comment peut-on lui donner quitus? Car il s’agissait, qu’on le veuille ou non, d’un vote sur la confiance.

Mais ensuite, hors des murs de l’Assemblée, Fabien a déclaré, en totale contradiction avec le plan Castex, qu’il faut « un confinement, strict, dur, ferme »! C’est à n’y rien comprendre.

Attention, la période est trop grave. Il nous faut une parole et des actes cohérents, fiables, responsables et refusant toute ambigüité contre l’union sacrée, en développant nos propositions et non en regardant comment d’autres forces, d’autres clans se positionnent pour faire ou ne pas faire comme eux.

IV – Jouer atout maitre avec la SEF :

Crise sanitaire et crise économique et de l’emploi marchent de paire. La peur de perdre son boulot est devenue aussi obsédante que celle d’ être contaminé par la Covid. La pandémie a fait déborder un vase plein à raz bord de la démolition des services publics, de la privatisation des entreprises publiques, du massacre et de la précarisation des emplois, de l’attrait morbide des banques pour le financement d’opérations financières, spéculations, délocalisations et restructurations, de la bétonnisation et du déclin de la biodiversité, du recul des droits sociaux, de l’interdiction d’accès pour des millions de gens à des formations de qualité et à la culture.

Le délabrement du système hospitalier et de soins, l’insuffisance et le traitement scandaleux des personnels soignants, le pillage de la protection sociale, le refus de développer une médecine préventive pilotant par l’aval une nouvelle filière industrielle et de services, la trahison ou l’incurie des élites dirigeantes ont conduit à ce que notre pays se soit montré si vulnérable face à la pandémie.

Le chômage, les conditions et le contenu du travail, les qualifications et leur rémunération sont devenus, avec la crise sanitaire, la grande plaie béante de notre société d’où suppure le pus de la contagion des maladies infectieuses si virulentes dans les milieux populaires, d’insupportables traumas psychiques, mais aussi des populismes et de la violence.

Ils sont devenus aussi le grand enjeu politique, à un point tel que, à la différence de la crise de 2007-2008, le pouvoir a été contraint de faire le choix massif du « chômage partiel », évitant de reproduire, et en fait reportant, le torrent déchainé des licenciements. Il lui fallait, en effet, maintenir une certaine demande, les compétences en place et, surtout, contenir l’inquiétude explosive sur l’emploi et le pouvoir d’achat. Cependant cela demeure du chômage et s’accompagne d’une perte de revenu pour les intéressés. Tandisque bon nombre ne peuvent en bénéficier et que, déjà, la ronde infernale des licenciements et de la précarisation a recommencé.

De même la situation est devenue telle que, même du côté du grand patronat, on se dit qu’il faudrait accroître l’effort sur la formation…mais pour flexibiliser plus encore l’emploi et cela aux frais des contribuables.

Et puis, il y a la crise écologique qui oblige à s’interroger sur une reconfiguration progressive de toute la pyramide des emplois actuels et la formation-requalification de masse pour les emplois qui, demain, seront nécessaires pour l’endiguer.

En réalité, la situation est devenue beaucoup plus mûre depuis que Paul Boccara a créé l’idée de SEF, mise en avant, depuis, par tous nos congrès. Et la période se prête beaucoup plus à la porter en pratique sur ses différents chantiers. En commençant par celui de la lutte contre la pandémie de la Covid.

Pourquoi, en effet, au lieu de s’enfermer dans la question « confinement ou pas confinement » ne chercherions-nous pas à mener bataille pour de nombreux prérecrutements de jeunes par le système de soins? Pourquoi ne chercherions-nous pas, tout en exigeant un moratoire sur les suppressions d’emploi, de revendiquer la mise en place de conférences régionales qui, en fonction des besoins d’emploi et de formation dument recensés, organiserait, aprés de larges délibérations citoyennes, une rotation des populations actives entre emploi – non emploi – fomation choisie- activités culturelles choisies? Le temps passé au travail, y compris par télétravail privilégié par l’interessé et équipé par l’employeur, serait payé par celui-ci sous forme de salaire et le temps passé en formation serait payé, à hauteur du salaire requis par la qualification, par un prélèvement mutualisé sur les richesses produites ou stérilisées par les entreprises, les banques, les assurances et les fonds d’investissement.

IV – Un candidat communiste pour l’élection présidentielle :

Dans de telles conditions je pense, avec d’autres, qu’il nous faudrait aller, certes, vers des conférences régionales du parti en perspective des élections du même nom, mais aussi, vers une conférence nationale, dès le début du printemps prochain, pour nous décider enfin sur l’élection présidentielle, sur le choix d’une candidature et d’un programme, sachant qu’il n’existe pas de « candidat naturel ».

Le congrès ne pourra pas se tenir en juin si les élections régionales sont reportées, ce qui paraît assez probable, mais il doit se tenir dans le calendrier. Et, ainsi débarassé du débat sur la candidature à l’élection présidentielle, il pourra s’attaquer aux problèmes de fond de la crise de notre société, de la crise aussi de notre parti.

26 comments on “Pour un parti communiste contribuant à conjurer la catastrophe imminente

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    BESSE Daniel

    Je pense que certains responsables du PCF ont peur du nouveau , de l’innovation .Alors ils restent dans ce qu’ils connaissent , c’est a dire ce qui s’est fait ces 50 dernières années du Programme commun a la gauche plurielle et qui nous a effacé . Cela a laissé un espace a l’extème droite chouchoutée par les médias . Malgré le chantage que l’on va nous faire , il faut un candidat communiste a la prochaine présidentielle .

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    Hervé RADUREAU

    Je n’ai pas encore la certitude d’Yves quant à avoir un candidat communiste à la prochaine élection présidentielle, même si je sais que cela est un moyen d’expression pour nous qui sommes chaque jour censurés , déformés voire caricaturés: je n’oublie pas le traitement fait à Ian Brossat pour les élections européennes de 2019, comme tête de la liste présentée par le PCF.

    Ce qui me gêne et m’inquiète est cette hyper-focalisation sur cette election d’un individu qui est le contraire de la vision collective indispensable pour continuer à faire société et être pertinents face à toutes les situations, de la plus petite à la plus grande. Je pense que nous devrions frapper très fort pour montrer que les élections législatives sont beaucoup plus importantes, ce qui me semble évident avec la présidence Macron.

    Les efforts récents pour expliquer notre projet de SEF sont à saluer: il reste qu’il faudrait en tirer toutes les conséquences. Ainsi, si la formation doit aider à faire évoluer vers plus de connaissances et de compétences tous les travailleurs, salariés et autres, ne doit-on pas privilégier la reconnaissance de l’expérience et de la qualification plutôt que revendiquer l’augmentation du SMIC avec l’instauration de grilles de salaires prenant en compte diplomes, age, expérience et qualification? Une telle démarche permettrait de mobiliser tous les salariés et pas seulement les bas-salaires et de gagner justement le respect des grilles définies à partir du SMIC pour un travailleur sans diplôme et sans ancienneté (je n’ai pas d’idée sur le nombre de grilles nécessaires à l’heure où on a pris conscience de l’importance des premiers de corvée, souvent d’ailleurs occupant des emplois précaires).

    Pour finir, et justement par souci de formation permanente, essayons d’être didactiques et pédagogues: qu’on en finisse avec ces articles comme celui de F. Leclerc dans l’HD de cette semaine qu’ingénieur retraité je n’arrive pas à comprendre. De même ne boudons pas des articles ou des posts courts car la longueur est un obstacle sur lequel de plus en plus de personnes trebuchent.

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      BESSE Daniel

      La candidature communiste a la présidentielle doit a mon avis préparer les législatives

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        Hervé RADUREAU

        Ce n’est pas si simple et très insuffisant!

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        Gérard Calvinhac

        Oui, je suis d’accord, cette candidature a été décidée lors du dernier congrès et il n’y a pas à y revenir, il reste à la mettre en œuvre sans tergiverser.
        Hélas pour y parvenir il va nous falloir « faire le ménage » et mettre au pas celles et ceux qui, hélas parmi nos responsables, font tout pour l’empêcher.
        Quant à ce vieux refrain « l’Union sinon rien » c’est un défi à l’intelligence.
        Quant le PCF à commencé à ne pas présenter de candidat aux présidentielles, il a aussi commencé la dégringolade mais surtout il a accrédité l’idée selon laquelle ceux qui nous combattent à « gauche » seraient équivalents à nous Communistes et porteraient nos propres valeurs au point de décider de leur donner nos voix.
        Non M. Mitterrand qui a toujours fricoté avec l’extrême droite, n’était pas proche de nous, au contraire…
        Non M. Mélanchon qui n’a jamais fait un jour de grève ne porte pas nos idées, il les a toujours combattues !
        De quoi aurions-nous peur ? Nous avons su créer le programme du CNR, ne saurions-nous pas créer un programme d’action motivant en 2020 ?
        Serait-ce le courage qui manque ?

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    Si je partage l’idée de la SEF d’un point de vue stratégique je ne vois pas l’intérêt d’un candidat PCF aux presidentielles. L’emiettemet est déjà terrible. Les gens attendent un projet emancipateur partagé pas la voix même pertinente d’un mouvement à 3% de soutien, au mieux.

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      BESSE Daniel

      On a vu depuis 1981 , que meme si on tombe d’accord sur un projet , il est vite détourné ,vidé de son contenu . .Car les citoyens attendent tout d’en haut . Excusez moi de prendre le FN en « exemple » , en 1980 il faisait autour de 2 pour cent et il a toujours présenté un candidat . Il est a combien aujourd’hui ? Résultat : ses idées malheureusement sont entrées dans la tète de beaucoup de citoyens .Il est vrai qu’il est beaucoup aidé par les médias . Il faut un projet ,une visée mais dans l’action .

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    Jean Robert Franco

    Faut il renoncer à un candidat de la gauche au deuxième tour ? Si oui (soyons clairs) il faut alors que le candidat communiste favorise une bonne représentation du PCF aux législatives.

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      Quoiqu’il en soit nous n’avons pas à assumer l’absence de la gauche au deuxième tour des présidentielles 2022. Et comme c’est dit dans cet article : pour le moment aucune candidature de la gauche rassemblée ne peut atteindre le deuxième tour (la gauche fait plus de voix dispersée par ailleurs…).
      Bien d’accord pour les législatives.

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      BESSE Daniel

      Un candidat unique de la gauche fera comme d’habitude jouer l’alternance et non une alternative . Et le citoyen dira : Gauche et droite c’est pareil , ce qu’ils veulent c’est la place et il nous met dedans cette « gauche »

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    michel salingue

    Mélenchon a décidé de présenter sa candidature… Cette démarche, une fois de plus, démontre la nocivité et la dangerosité du régime présidentiel de la Vème République. Quand le peuple français se lèvera-t-il pour crier haut et fort qu’il ne veut ni César, ni tribun, ni homme providentiel ?
    La candidature personnelle de Mélenchon vise à recentrer le débat de la perspective et de la stratégie sur l’élection présidentielle qui serait l’alpha et l’oméga d’avancées sociales déterminantes.
    Une présidentielle gagnée ne suffit pas, et loin s’en faut, à changer les choses fondamentalement et dans le bon sens. L’élection de Mitterrand en 1981 en fut la preuve ; dès 1983 avec la politique de rigueur Mitterrand s’est plié aux volontés du capital et du marché.
    La condition première et incontournable du changement dans la durée passe par une mobilisation populaire se traduisant par les luttes dans une perspective de construction du socialisme avant, pendant et surtout après l’élection.
    Le point aveugle de notre stratégie politique se situe au niveau du lien POLITIQUE entre luttes et construction du socialisme ici, dès maintenant et concrètement à partir des luttes menées.
    Il faut renverser dialectiquement la perspective : il ne peut y avoir victoire électorale des forces de changement sans mobilisation des travailleurs au travers des luttes amorçant la construction du socialisme ici et maintenant. En gagnant, par les luttes sociales, des « bouts » de socialisme comme, par exemple, la sécurité emploi-formation, la gratuité des transports, la gestion de l’eau… tout ce qui concerne les biens communs. C’est la perspective concrètement vécue du socialisme qui mobilisera l’électorat. C’est tout l’enjeu d’une candidature communiste. C’est en arrachant des morceaux de pouvoirs au forces du capital qu’on avancera.
    Il n’existe pas de raccourci historique. Sans mobilisations, sans luttes aucune victoire, aucune réelle avancée sociale !

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      BESSE Daniel

      Avec la gauche réformiste c’est le PCF l’ennemi , pas le capital .

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        BESSE Daniel

        La réponse des réformistes accompagnent la crise . C’est comme s’ils mettaient un clou de girofle dans le creux d’une dent , ca soulage un moment ( trente glorieuses ) mais la carie continue et s’aggrave 1970 , 2008 . Il nous faut aller plus loin que ce qui s’est fait a la Libération . Il faut prendre le pouvoir sur l’argent afin de l’utiliser autrement , avoir plus de pouvoir dans la cité et dans l’entreprise pour de nouveaux critères de gestion afin de changer les rapports sociaux et de productions et d’éviter l’étatisme . Le communisme étant le mouvement réel qui dépasse l’état actuel des choses , ca commence maintenant dans les luttes .Les conquetes du Front populaire ne sont pas venues d’en haut , mais des grandes grèves de 1936 . Les réponses se trouvent dans les contradictions de la société actuelle .
        PS : A la Libération , mis a part la Sécurité sociale d’essence communiste , le reste était social démocrate arrivé en bout de course vers 1970 .

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      BESSE Daniel

       » Il faut laisser les patrons faire ce qu’ils savent faire ! » a dit J. L. Mélenchon . J’ai travaillé dans une entreprise leadeur mondial qui a été vendue en 2002 . A l’époque le Comité central d’entreprise a été réuni . L’ordre du jour était la vente de l’entreprise . Il y a eu un vote , pour ou contre la vente . Seule la CGT majoritaire a voté contre . La direction s’est tourné vers elle et lui a dit :  » C’est votre avis ,mais nous on vend  » Deux ans plus tard en 2004 on nous annonce la fermeture de l’usine . Faut il vraiment laisser faire les patrons ?

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    Je pense en effet que la préoccupation d’avoir un emploi permettant une vie décente est la préoccupation majeure des habitants de notre pays. Il est vrai que sans une qualification en adaptation constante aux évolutions technologiques on est condamné à un moment ou un autre d’être débarqué de son emploi. l’histoire des sociétés humaines nous montre que les évolutions technologiques amènent des gains de productivité que le capital dominant utilise pour réduire l’emploi. La seule parade à cet état de fait réside dans la répartition du travail la plus large possible en diminuant la part requise de ceux qui ont un emploi. La réduction du temps de travail est incontournable.
    La logique capitaliste manipule l’opinion en faisant d’un taux de profits financiers croissant un indicateur fondamental. Cette logique conduit fatalement à une marginalisation qui impacte des populations croissantes. La logique capitaliste détruit les vies humaines comme elle détruit la nature. même des facteurs de préservation de l’humanité comme la santé, la formation de la jeunesse, le développement culturel sont aujourd’hui en régression au nom de cette logique dominante du taux de profit.
    C’est de cette réalité que doivent prendre conscience les masses populaires. C’est au développement de cette prise de conscience que nous devons œuvrer. La grande illusion depuis la fin des années 1970 a été de penser que toutes les forces qui se réclament de « la gauche » sont équivalentes. Les gens se laissent manipuler par des discours, des déclarations d’intention sans se poser suffisamment la question de la mise en œuvre, de l’opérationnalisation. Aujourd’hui si on nie la réalité de la guerre que mènent contre les populations et la nature les profits financiers on n’est pas de gauche. En ne veillant pas à la prise de conscience de cette réalité par nos concitoyens, nous entretenons la confusion.
    La question utile n’est pas de se désigner dès maintenant un chef de file symbolique mais de savoir ce que nous devons imposer comme décisions de mise en œuvre d’un projet de transformation de la réalité sociale actuelle. La posture d’un Mélenchon va à l’encontre d’un réel projet transformateur. Notre parti est porteur d’un projet dont nous pouvons débattre avec d’autres. Notre parti est capable de trouver en son sein un leader-symbole d’un tel projet.
    Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. L’utilité des élus dans une société dominée par l’argent, quelle que soit leur compétence, la qualité de leur implication, de leurs engagements ne relève que du palliatif car ils ne suffisent pas pour remettre en cause les logiques dominantes.

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    Marcel Magnon

    S’il y a un candidat communiste à la présidentielle, il y a de gros risques qu’il n’y ait aucun candidat de gauche classé pour le second tour.
    Les media font se faire un plaisir d’en faire reporter la cause sur le PCF.
    Je penche donc fortement pour un candidat unique à gauche au premier tour.
    Je vivrai très mal un échec du PCF du type de ce qu’on a connu dans les dernièrers présidentielles.

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      BESSE Daniel

      Oui , mais quelle gauche ? Celle qui a mis en place la CSG ? Cassé le code du travail ? Qui devait s’attaquer a la finance et qui a inventé le CICE ? Qui a voté OUI au traité de Maastricht et a la constitution libérale europeenne ? Qui s’est attaqué aux collectivités territoriales ? Et j’en passe …

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    Je dis qu’un Candidat Communiste à l’Election Présidentielle est vital pour le Parti. Peut importe le nom du candidat! peut importe le score présumé! Le Parti n’a plus de militants , il ne compte plus que des adhérents et pas tous cotisants! Une campagne électorale pour motiver, pour mobiliser les troupes, pour reparler de l’idée communiste, pour redonner de l’existence au Parti. Il faut simplement se remettre au travail ! Il faut certes, du courage, beaucoup de courage pour se lancer dans la bataille mais l’instinct de survie devrait l’emporter!

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    TRAMOY Christian

    Le projet SEF me semble une bonne base de travail pour sécuriser la vie des travailleurs. Mais notre camarade bernard Friot, va au-delà puisqu’il propose le salaire à vie. J’aimerai qu’enfin le secteur économique prenne en compte le travail de Bernard Friot dont pour moi le SEF est un commencement. Le salaire à vie pose d’ailleurs en terme beaucoup plus révolutionnaire la lutte contre le capital.

    Concernant la présidentielle je ne suis pas un fanatique de Mélenchon, l’auto-proclamé ! Qui m’aime me suive, pas trop à mon goût. Mais la tournure prise par la mandature de Macron 1er, m’inquiète et je n’arrive pas à imaginer un second tour Macron- Le pen, où comme en 2017 je n’irai pas voter !!!
    Et dans tout cela notre parti a-t-il les forces militantes et financières pour mener les combats qui s’annoncent : départementales et régionales, présidentielles puis législatives ?

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    Pour contribuer autrement à la bataille politique et sociale

    https://www.innovation-pedagogique.fr/article8209.html

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    Aline Béziat

    En réponse à Yves sur la partie de son texte ci-dessous.
    Dans cette situation, on a absolument besoin d’un parti communiste qui :
    • soit capable de porter l’exigence et les moyens d’une entrée en résistance populaire ;
    • Soit capable, avec une pédagogie politique ambitieuse et tenace de ses idées et propositions novatrices, comme la Sécurité d’Emploi ou de Formation (SEF), de porter la promesse d’une perspective alternative radicale et rassembleuse.
    ———

    Oui mais être capable, c’est d’abord définir ce que sont l’exigence et les moyens et cela passe inévitablement par La Démocratie Communiste et l’Économie Communiste dans lequel La Sécurité Emploi Formation et des Revenus s’y inscrivent totalement. Mais avant la SEFR, il faut que le peuple soit conscient que la plus-value lui appartient que c’est son Bien Commun. Il faut qu’il soit conscient que l’Économie Communiste c’est la transformation des Profits en Fonds Communs ce qui implique l’activation de la Démocratie communiste pour que cette économie soit le bien et l’œuvre de tous.
    Le Communisme c’est d’abord ses règles Démocratique et économiques. Nous ne gagnerons rien si nous ne partons pas de ça. En effet pour que la Résistance populaire face force d’action et de propositions, il faut qu’elle soit en capacité de s’Unir, de coaguler ses idées diverses qui la traversent et cela passe par la Démocratie Communiste. Évidemment la Gauche politique explose mais la Résistance Populaire doit et peut s’unir si elle a à sa disposition les outils de la Dem Com.
    En cela la responsabilité de notre Parti est immense.
    Un individu une voix ne suffit pas pour faire Résistance Populaire. Ce Citoyen, ce Salarié, cet Adhérent doit pouvoir :
    • Désigner par reconnaissance qui il veut,
    Babeuf : Celui qui élit sans pouvoir être élu se choisit un maître pas son représentant.
    • Et avoir confiance en l’unité populaire de façon globalisante. Ce qui impose que ses idées soient prises en considération, et comme cela passe par sa propre perception des choses, par son évolution intellectuelle faite de réflexions et d’analyses et le tout activé par la pensée et les actions des autres, c’est cet ensemble, qui se coagulant, fait unité de confiance et qui passe inévitablement par la transparence politique et la transparence économique qui sont les piliers de la Démocratie Communiste. La Confiance à l’Aveugle c’est le Capitalisme. La Confiance Communiste, c’est une confiance qui permet à la Résistance populaire de s’activer en toute confiance. Le PCF doit agir pour que tout le monde puisse agir démocratiquement de la même manière et puisse se faire confiance mutuellement, tout en ayant des idées différences.
    La Résistance Populaire doit accéder en priorité aux outils et aux armes de la Dem Com pour construire, avec tout ce qui fait commun, une société totalement inédite, une nouvelle civilisation.
    Dans tous les domaines le Capitalisme est devenu extrêmement dangereux, l’autodéfense d’un peuple résistant, c’est le Communisme. Si la Dem Com ne sort pas de l’ombre, la Résistance Populaire ne pourra pas s’unir en toute confiance. Macron a démoli et la Droite et la Gauche, Le PCF se doit de proposer ses outils et ses armes au Peuple qui va forcément entrer en Résistance. S’il n’a pas ni les bons outils et ni les bonnes armes, le Capitalisme continuera ses destructions massives.
    Nous sommes au pied d’une Bastille immense, à prendre, mais sans armes, le peuple va se faire exterminer économiquement, sanitairement, écologiquement. Ce génocide existe déjà, certes il ne passe pas par les chambres à gaz, mais par les suicides provoqués par l’anxiété, les conditions de travail psychiques et physiques, les peurs paralysantes, et les violences que certains attisent. Macron nous a dit : Nous sommes en guerre. Hélas, oui nous y sommes, mais elle n’est pas que sanitaire, elle est en priorité économique. Le Capitalisme nous a déclaré la Guerre, nous la gagnerons car nos armes sont Démocratiques.

    Pas un communiste ne pense pareil, normal nous sommes des individus. Nous avons tous nos propres contradictions et qui sont révélées par d’autres mais si elles sont bien comprises. Ce qui est sûr, ce n’est pas la Candidature d’un Communiste à la Présidentielle qui fera gagner la Résistance Populaire, mais c’est la Résistance Populaire qui en faisant du Communisme dans toutes les strates de la société, élira le Candidat communiste. Ne nous trompons pas de priorité.

    Aline Béziat – Rochefort 23 novembre 2020

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      BESSE Daniel

      Il faut se tourner vers ceux qui ne votent plus .Et ils sont majoritaires .

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    Jean-Claude Cacciaguerra

    Je m’interroge sur la pertinence d’un projet de Sécurité, d’Emploi et de Formation financé par la création de valeur issue d’une nébuleuse « transformation productive écologique », sans mettre en avant la nécessité d’une «boucle» planification étatique et planifications régionales.

    Sur le moyen terme comment cette « transformation productive écologique» sera- t -elle concrètement compatible avec l’ objectif de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C, ce qui impliquerait de réduire les émissions de CO2 de 25% d’ici à 2030, soit 2,7% par an dès 2020 (pour 2020 il semble que la « crise Covid » permettent d’atteindre ces 2,7%, mais a quel prix !) Alors comment faire pour pour obtenir le même résultat les années suivantes?

    Dans le domaine de la production d’électricité (indispensable à toute forme de production), l’objectif de la gauche non communiste ( et partagé par de nombreux militants et électeurs communistes) rejoint celui d’ E. Macron de réduire la part du nucléaire de 50%, soit après l’arrêt de la centrale de Fessenheim d’arrêter encore 12 réacteurs nucléaires les 15 années suivantes ( d’ici 2035) . Les pertes d’emplois dans ce secteur accompagneront une récession économique subie, l’augmentation des rejets de CO² et du réchauffement climatique.

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    MARIE FRANCE NARDOT

    Nous paraissons morts ou au minimum endormis. Il faut des candidats communistes à toutes les élections, locales, régionales….présidentielle, en précisant que cette élection va à contre sens de nos objectifs de participation active de tous les citoyens. Je salue l’initiative d’Yves Dimicoli, même si je regrette que nous en soyons arrivés là. Nous sommes un certain nombre de volontaires à souhaiter que la direction du Parti propose clairement un objectif de lutte concrète dans l’objectif d’aller vers l’idée communiste, pas seulement d’une amélioration du capitalisme à la manière socialiste.

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    catherine AFFIF

    excellent article, hélas nos parlementaires ne tiennent aucun compte destravaux des commissions de travail du parti notamment la commission économique et la commission santé pire ils les refusent et vont piocher n’importe où ça donne des interventions eclectiques.

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