Santé

Covid 19, bilan, conséquences et enjeux

Un million de décès dans le monde neuf mois après l'apparition du virus. Les E-U approchent les 200 000 (20%). Les 31 millions de cas détectés sont dépassés. La pandémie demeure très active et ses conséquences économiques et sociales iront bien au-delà de ce que laissent entendre les autorités.

Un million de décès dans le monde neuf mois après l’apparition du virus. Les E-U approchent les 200 000 (20%). Les 31 millions de cas détectés sont dépassés. La pandémie demeure très active et ses conséquences économiques et sociales iront bien au-delà de ce que laissent entendre les autorités.

D’autant que la crise sanitaire ne fait que s’accentuer et met les hôpitaux à rude épreuve mais elle continue de provoquer une casse sociale considérable et menace nos services publics.1)https://www.santepubliquefrance.fr/dossiers/coronavirus-covid-19/coronavirus-chiffres-cles-et-evolution-de-la-covid-19-en-france-et-dans-le-monde

Le bilan sanitaire continue de se dégrader partout et notamment aux E-U et en Amérique latine en termes de décès. Il y a trois mois, 21 juin, les E-U comptaient 120 000 décès, ce chiffre a presque doublé, le Brésil en avait 50 000, aujoud’hui 137 000, soit près de trois fois plus ! L’Inde communique depuis peu +1 000 décès chaque jour…et toujours pas de vaccins ni de traitements spécifiques dans le monde.

Et que dire de tous ces pays en proie à la pauvreté de masse, aux aléas climatiques, aux guerres, aux tirans ? « La pandémie de Covid-19 a un impact économique « dévastateur » sur les populations les plus vulnérables au monde, déplacées ou vivant dans des zones de conflit, poussées à la faim ou à la déscolarisation« , selon l’étude d’une ONG réalisée dans 14 pays sur trois continents, le NCR (conseil norvégien pour les réfugiés) publiée lundi. (2)

En France, plus de 10 000 cas positifs sont enregistrés chaque jour. Plus de la moitié des départements sont en zone rouge. Les services de réanimation sont de plus en plus sollicités, le reconfinement partiel se dessine. Les ministres parlent de  » vivre encore quelques mois avec le virus » ? Quel optimisme ! On n’a toujours ni vaccin ni traitement mais une course à l’annonce à connotation politique et commerciale. La surenchère de certains Etats est pitoyable.

Il va s’agir, plus vraisemblablement, de plusieurs années de crise sanitaire, économique et sociale redoutées par chacun. Ce qu’essaie de minimiser le gouvernement qui durcit les recommandations puis les réduit, en appelle à la responsabilité individuelle, à dissuader les fêtes de famille, donne aux préfets des pouvoirs pilotés par l’Elysée. Cela sans aucune coordination avec nos voisins dans une Europe « passoire » où chacun prend ses propres mesures.

A l’occasion, le pouvoir se « fâche », devant les caméras, à l’annonce de la fermeture d’un site industriel. Bridgestone va fermer l’usine de pneus de Béthune dans le Pas de Calais, jetant ses 863 salariés.es -sans compter les emplois induits- pour investir en Pologne après avoir empoché les aides de la France et de l’Europe. Le géant -sous contrôle japonais- persiste à liquider son usine française pour « économies de coûts salariaux », ce qui relève du b.a-ba de la finalité et du cynisme capitalistes.

Une illustration de la duplicité de l’UE et du gouvernement qui s’indignent (?) tout en feignant de condamner l’entreprise qui exploite trois sites en Europe (France, Pologne et Hongrie) mis en concurrence alors que les salariés.es ont alerté Bercy depuis des mois. Mieux, B.Lemaire proposait aux régions et à l’Etat de continuer d’aider Bridgestone s’il investissait dans l’usine ?! Chacun sait que les patrons n’investissent pas pour l’emploi mais uniquement pour leurs profits. 2)https://www.levif.be/actualite/international/le-coronavirus-a-un-impact-devastateur-sur-les-plus-vulnerables/article-news-1334771.html?cookie_check=1600792787

Assouplissement à l’école…

Autre exemple tout aussi récent : l’assouplissement à l’école ? « Lorsqu’un enfant sera testé positif, sa classe pourra continuer de se tenir normalement pour les autres élèves, qui ne sont plus considérés comme cas contacts » a indiqué le ministre Blanquer !

« Aujourd’hui, autour de 2.000 classes sont fermées; avec ce nouveau protocole, nous pensons que ça sera un peu moins dans les temps qui viennent »

Un assouplissement qui inquiète les enseignants. Ghislaine David, porte-parole du Snuipp-Fsu, premier syndicat du primaire, a dénoncé « une décision catastrophique pour l’école. La bonne formule n’est pas d’alléger le protocole. Partout ailleurs on renforce les mesures. Le risque c’est que la contamination se propage dans une classe ou dans l’école sans qu’on le sache puisque certains élèves sont asymptomatiques ».

On pourrait multiplier les témoignages sur la répression syndicale comme l’assignation devant le tribunal de police ce mardi 22/9 du secrétaire du syndicat CGT de Thyssenkrupp, Olivier Clément, pour avoir édité un tract appelant les salariés à faire jouer leur droit de retrait, ce qui ne plait pas à sa direction qui veut le licencier et l’attaque en diffamation !

Ou bien parler de l’inquiétude générale des salariés.es, des jeunes comme des retraités.es invités à s’auto-confiner de fait tout en tolérant des conditions de rassemblements qui ne respectent pas les consignes de distanciation. Notamment dans les entreprises. Et inversement qui isolent totalement les personnes âgées les plus vulnérables…y compris à l’isolement.

On a du mal à suivre les démentis, les rectifications comme les tests à tout-va (depuis qu’on en a), pour en arriver à passer par un médecin, hormis les personnels de santé, car on n’y arrive plus !

La planète et l’humain d’abord

Mais surtout, il ne faudrait pas aborder les questions qui fâchent vraiment ! Quel est le moment que nous vivons ? Un mauvais moment à passer et tout va reprendre comme avant ? Ou faire le lien entre le système économique au pouvoir depuis des siècles et l’impasse devant laquelle nous nous trouvons si les mêmes tenants du libéralisme continuent à nous imposer leurs « solutions », leurs critères de vie à plusieurs vitesses, leur vision de l’avenir…alors qu’ils nous ont conduits au point où nous en sommes depuis qu’ils pensaient « qu’il n’y avait plus d’alternative au capitalisme« .

Tandis qu’en France comme sur toute la planète nous étions confrontés à une sur-exploitation insoutenable motivée par la soif de profits d’une infime minorité de prédateurs qui « tiennent » la plupart des Etats au service de leurs objectifs de dominations, matérielle et idéologique.

Demain ne pourra plus ressembler à aujourd’hui, ce sont tous nos modes de vie découlant de notre mode de production qui doivent changer de cap à 180°. Pour privilégier les dimensions sociales et écologiques et, pour cela, imposer d’autres logiques que la course aux profits pour une petite minorité au détriment des peuples qui en subissent les conséquences.

Or, c’est de leur action, donc de leur prise de conscience, que dépend l’issue de cette crise de civilisation qui, à cet instant, reste indécise et peut aussi conduire à des impasses dramatiques de type nationaliste et sécuritaire. Dans l’immédiat,

Osons interdire les licenciements des grands groupes bénéficiant de fonds publics et exigeons un droit de contre-propositions des salariés.es et des habitants.es grâce un un fonds alimenté par un groupe bancaire public.

Exigeons un plan d’embauches des jeunes par les entreprises à partir d’un contrat sécurisant l’emploi et leur garantissant une formation rémunérée.

Ainsi qu’un plan de soutien et d’embauches pour nos services publics, en priorité pour nos hôpitaux, nos écoles…la hausse du SMIC, des salaires et pensions, des minimas sociaux

Créons un revenu minimum décent pour les 18-25 ans avec application stricte de l’égalité professionnelle

Obtenons une TVA à 0% sur les produits de première nécessité et la baisse des factures de gaz et d’électricité, la gratuité des masques…

Ces quelques propositions communistes n’épuisent pas le sujet. Elles rejoignent les propositions des syndicats les plus revendicatifs qui ne s’en laissent pas compter sur les moyens d’améliorer la condition sociale des catégories populaires et plus largement des couches moyennes dont le pouvoir d’achat ne cesse de se réduire. Les cadeaux fiscaux et les distributions de dividendes aux entreprises et à leurs actionnaires nous fournissent aisément de quoi faire face aux dépenses sociales et aux mesures écologiques les plus urgentes en France et ailleurs. A condition d’en avoir la volonté politique !

Faudra-t-il attendre que l’Amazonie continue délibérément de brûler, que l’antarctique ait fondu, que le permafrost de la Sibérie se soit transformé en cultures ou en urbanisation, que la bétonnisation de nos littoraux soit arrêtée par la montée des eaux, que les pollutions augmentent encore de niveau…etc…etc, pour prendre conscience de la réalité au quotidien qui nous entoure et sur laquelle les scientifiques de toutes disciplines nous alertent depuis fort longtemps ? Ce qui appelle une mobilisation de grande ampleur. Heureusement la jeune génération a compris beaucoup plus vite que les générations précédentes.

Si toutes les opinions se discutent, les faits, eux, ne se discutent pas. Ils appellent non pas des professions de foi de tous les courants politiques, aujourd’hui tous convertis à l’écologie ?

Ce ne sont pas les paroles qui comptent, ce sont les actes.

Tout -ou presque- reste à faire…si l’on veut transformer la société, pas l’aménager à minima pour le compte des mêmes. Ayons l’audace d’une révolution des rapports sociaux de production, de consommation et de répartition et débattons de son contenu. Tout en résistant ensemble aux reculs que le pouvoir cherche à nous imposer.

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