Conseil National

Intervention de Denis Durand au Conseil national – 5 septembre 2020

L’écho rencontré par la mention faite par Fabien Roussel d’une candidature communiste en 2022 dans son discours de l’Université d’été est un fait politique qui, en quelque sorte, nous engage.

L’écho rencontré par la mention faite par Fabien Roussel d’une candidature communiste en 2022 dans son discours de l’Université d’été est un fait politique qui, en quelque sorte, nous engage.

Mais pour créer les conditions d’une telle candidature comme nous l’avons décidé au 38ème congrès, tout ou presque reste à faire. Une candidature communiste n’a d’utilité que si c’est pour apporter quelque chose de plus que ce que d’autres forces politiques disent ou font déjà. Notre projet de SEF est à mon avis crucial de ce point de vue.

Par exemple, pour montrer pourquoi Barbara Pompili a tort. Ministre de la transition écologique, elle donne hier aux Echos une interview titrée « l’écologie va permettre de créer massivement des emplois ». Bien sûr, on ne pourra faire face à l’urgence écologique qu’en créant massivement des emplois, en permettant à toutes celles et ceux qui le souhaitent de se former à ces nouveaux emplois. Mais cela n’a aucune chance de se produire dans les conditions actuelles. Il faudrait que les chefs d’entreprises décident d’embaucher, et que les actionnaires et les banques les laissent faire. Ce n’est pas ce qui se passe, les entreprises suppriment des emplois, elles ne pensent qu’à réduire le coût du travail !

Le gouvernement dit qu’en choyant leurs profits on dissuadera, peut-être, les entreprises de trop massacrer l’emploi. Il laisse les détenteurs du capital décider à quoi servira l’argent des entreprises et celui qu’elles reçoivent des banques et de l’Etat. Et cet argent, les entreprises, loin de l’utiliser pour créer des emplois et des richesses, pour transformer la production, le placent en vue d’opérations financières destructrices.

Le problème de la gauche, c’est son incapacité étonnante à réfuter ce point de vue. L’expression la plus naïve figurait par exemple dans un article de Frédéric Lordon dans le Monde diplomatique il y a quelques années, titré « ce ne sont pas les entreprises qui créent l’emploi ». « Les entreprises ne créent pas l’emploi : elles opèrent l’emploi déterminé par la conjoncture. Si l’on veut de l’emploi, c’est à la conjoncture qu’il faut s’intéresser, pas aux entreprises », en arrivait-il à écrire. Dans cette vision d’un autre siècle, le gouvernement agit comme il peut sur la demande et on laisse le capital décider ce qui se passe dans les entreprises, les investissements, les embauches, la recherche, la formation…

Plus grave, c’était aussi le programme de Jean-Luc Mélenchon en 2017, qui prévoyait la création miraculeuse de centaines de milliers d’emplois grâce à un grand plan d’investissements dans la transition écologique.

Si la gauche en reste à ces tabous sur le pouvoir du capital, elle sera radicalement incapable de proposer une réponse crédible aux préoccupations qui assaillent nos concitoyens, particulièrement celles et ceux qui désespèrent de la politique. Macron ou Le Pen seront là pour ramasser les morceaux.

À l’inverse, notre projet de sécurité d’emploi et de formation est une affaire de pouvoir, une façon de s’attaquer au pouvoir du capital. C’est d’abord la construction d’un système où chacune et chacun aura un nouveau pouvoir, une nouvelle liberté, pour décider de son présent et de son avenir professionnel, avec les moyens nécessaires : formation et continuité de revenu. Ce n’est pas le marché, ni le patronat qui doit décider du sort de chacun (ni non plus l’État ; le nouveau type de planification dont on a besoin sera radicalement différent de tout ce qu’on a connu dans l’histoire).

Mais cela nécessite une prise collective de pouvoir politique. Ce dont la gauche a besoin, c’est d’une force qui mette à l’ordre du jour la conquête de pouvoirs, non seulement dans les institutions parlementaires ou locales – c’est indispensable et nous avons en particulier un rôle très important à jouer pour en faire un enjeu des élections régionales – mais aussi dans ces institutions proprement politiques que sont les entreprises et les banques.

Nous avions développé ce volet dès la proposition de loi déposée par André Chassaigne en janvier 2017 et dans sa déclinaison sous la forme d’un projet « entreprises et territoires ». Aujourd’hui, dans cette crise terrible, il convient de passer à l’action, tout de suite, bousculer le capital jusque dans le cœur de son pouvoir, les entreprises, les décisions portant sur l’utilisation de l’argent, les profits, les crédits bancaires, et pas seulement l’argent public. C’est le sens de notre appel à la réunion de conférences permanentes pour l’emploi, la formation et la transformation productive écologique que nous commencerons d’exiger le 10 octobre.

Si nous réussissons à mettre cette bataille entre les mains des communistes, ce sera un tournant pour notre parti mais pour toute la gauche, pour le pays et pour l’Europe.

1 comment on “Intervention de Denis Durand au Conseil national – 5 septembre 2020

  1. Avatar

    Cher Denis,
    Avec 2 associes Polytech Milan,et docteur en chimie , specialistes en petrole sur le plan industriel et de nouvelles tech de prod d energie, nous sommes proprio d une nouvelle hi tech pour traiter les dechets avec 0 effets ecolo negatifs et en produisant bcp d hydrogene et du CO2 propre.
    Et les resistances a cette hitech proviennent des groupes francais qui ont des monopoles dans les services aux collectivites,et que vous devez,soutenir……
    C le capitalisme administree et tutelatisee par l Etat qui nuit a l economie et l emploi, pas le capitalisme industriel.

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