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Urgent : après les municipales, construire une candidature communiste pour l’élection présidentielle

Contribution de : Frédéric Boccara, Gisèle Cailloux, Jean-Louis Cailloux, Jean Chambon, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Anne Lafaurie, Nicolas Marchand, Evelyne Ternant

Pour aborder de façon efficace et offensive la période qui s’ouvre, il y a besoin de tirer lucidement les enseignements des résultats des élections municipales.

Elles ont montré, une fois de plus, la capacité des adhérent.e.s du parti à se mobiliser. Grâce à elles et eux le PCF demeure une force incontournable dans notre pays. Mais les résultats de ces élections, et nos propres résultats ont de quoi susciter de l’inquiétude et demandent une analyse de fond.

Ceux du second tour sont marqués en premier lieu par une abstention record. Avec un taux moyen de 58,4%, soit près de quatre points de plus qu’au premier tour, le 15 mars, elle dépasse de plus de 20 points le record du second tour des municipales de 2014.

Par exemple, dans le 93, le PCF perd Saint Denis et regagne Bobigny, avec respectivement 67% et 62% d’abstention, niveau que l’on retrouve dans des villes gagnées par des listes unitaires de gauche (Bordeaux,Strasbourg…)

Donc, loin de signifier qu’un « tournant est pris pour plus de justice sociale et plus d’écologie » comme cela a pu être dit le soir de l’élection, ces résultats témoigneraient plutôt d’une accentuation de la crise démocratique, au détriment principalement des couches populaires, et d’une exigence exprimée par ceux qui sont allés voter d’allier écologie et social. Mais comment ? Car tout reste à faire en ce sens. L’austérité imposée par le grand capital, comme la crise qui va se déchaîner accentuent les difficultés, ceci alors que les questions centrales de pertes de pouvoir des municipalités et de financement ont été largement occultées, comme celle de la relation entre écologie, social et entreprises. Elles seront pourtant déterminantes.

Sans doute, la peur de la pandémie a-t-elle joué un rôle. Mais pourquoi le phénomène a-t-il concerné surtout les jeunes (72% chez les 18-34 ans), les employés (65%) et les ouvriers (70%) ? – C’est à dire les catégories de la population les plus exposées aux effets dramatiques des politiques d’austérité et des gestions patronales – Il faut bien constater un désamour de plus en plus important entre ces catégories de la population et ce qui est censé être le plus grand exercice de démocratie représentative locale. C’est une véritable mise en marge de classe.

Dans de nombreuses communes parmi les plus défavorisées, des maires sont arrivé.e.s à se faire élire avec 10 à 12% des inscrits seulement, voire moins. Cela signifie que, pour des millions de gens, ces élections n’ont porté aucun espoir de changement de leur situation déjà très dégradée, ou n’ont comporté aucune incitation à intervenir.

On peut se demander, alors, si elles ont été assez politisées ?

La question est posée pour le PCF lui-même. Malgré l’engagement des communistes sur le terrain, on aura regretté l’absence, au plan national, d’une cohérence d’ambitions donnant un sens politique partagé à cette consultation et s’identifiant aux luttes pour l’emploi, les salaires, les retraites, les services publics, la protection de notre planète contre l’austérité et pour l’utilisation de l’argent à ces fins, toutes choses mettant en cause la domination du capital. Cela n’aura pas permis de donner un sens clair aux enjeux de cette élection plombée par le fait que, étroitement encadrés par les préfets et les présidents d’agglomération, et confrontés au chantage croissant des multinationales, les élus maîtrisent de moins en moins de choses.

En réalité, dépolitisées, ces élections auront, le plus souvent, réduit les enjeux à leur seule dimension locale, refoulant leur imbrication avec le niveau national et européen. Dans ces conditions, des listes « de rassemblement des forces de gauche et écologistes » ont certes pu se multiplier, mais sur des bases dédouanant de leurs responsabilités les entreprises, les banques et l’État lui-même et masquant la radicalité de l’affrontement de classe pourtant nécessaire sur ces terrains.

Il aurait fallu élever la voix au plan national, non pour réclamer abstraitement de faire « plus de justice sociale et plus d’écologie », mais sur les pouvoirs à conquérir, face à l’Etat-Macron et au capital financier, pour que l’argent, sur le territoire des communes et de leurs coopérations, serve à répondre effectivement aux besoins populaires sociaux, écologiques et culturels. Il aurait fallu aider les communistes, leurs candidats à faire campagne avec des propositions sur ces enjeux, en particulier pour motiver le vote si décisif des salariés jusqu’aux portes des lieux de travail et même à l’intérieur quand cela était possible .

La question du financement des collectivités territoriales et des services publics locaux confrontés à la déconcentration étouffante de l’État et à son rationnement mortifère des moyens, au profit du capital financier, aurait du être au cœur d’une bataille communiste affichant clairement ses orientations.

Cela aurait répondu à l’exigence de réarmer le courage de ces millions de gens qui se sentent abandonnés, les appeler à la lutte sur des propositions permettant de relier enjeux locaux et nationaux. Car, au-delà de ces élections, il s’agit de construire la suite, et de (re)construire un apport communiste au mouvement populaire et de le renforcer.

Faute de cela, le rassemblement recherché a pu alors être ressenti comme peu porteur d’alternatives réelle possibles car trop peu soutenu par une volonté de combat transformateur radical et réaliste

Au-delà, les résultats du second tour de ces élections sont inquiétants.

La droite et le PS maintiennent leurs positions, tandis que le RN demeure en embuscade avec une nouvelle vitrine à Perpignan et plusieurs petites communes conquises. LREM, en s’effondrant, a alimenté le vote écologiste de jeunes, notamment de jeunes urbains diplômés désireux, avant tout, d’exprimer leur sensibilité aux enjeux climatiques et environnementaux. Un vote vert à relativiser, mais qui a permis à Macron de relancer son théâtre d’ombres en instrumentalisant la convention citoyenne sur le climat…puis en faisant appel à un sarkozyste notoire au poste de Premier Ministre.

S’agissant des résultats du PCF, des pertes nombreuses, cruelles au plan symbolique, ont été enregistrées. Il y a eu aussi des reconquêtes, à forte portée symbolique aussi et grosses de potentialités.

Pourquoi avons-nous tant perdu de positions dans le même temps où nous avons été capables d’en reconquérir ? Cela ne pose-t-il pas la nécessité d’examiner lucidement l’état des forces du parti, les moyens à mettre en œuvre pour les consolider, la façon dont notre parti se comporte quand il a une ambition de reconquête ou quand il dirige une collectivité et a à reconduire ou choisir des élus aux manettes ?

Fabien Roussel a déclaré que « ce scrutin montre que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies avec des citoyens pour mettre les politiques sociales, de solidarité et écologiques au cœur de leur ville, elles ont gagné ».

Cela est vrai dans quelques grandes villes, mais sur des bases programmatiques limitées, avec des scores et des écarts de voix souvent faibles compte tenu du niveau record d’abstention et de la profusion de triangulaires et plus. Ces unions ont été aussi marquées par des échecs. Pire, certaines forces qui y ont participé ont fait le choix, dans d’autres villes, de faire alliance contre nous avec la droite.

Néanmoins, cela peut-il laisser entendre que nous pourrions être partie prenante d’une relance traditionnelle « d’union de la gauche », par le sommet des états-majors et en refoulant nos idées originales et notre lien fondateur aux luttes, en nous effaçant ? On pense notamment ici à l’échéance présidentielle de 2022 pour laquelle Olivier Faure, premier secrétaire du PS, s’est dit « prêt » à se ranger derrière le candidat qui « incarnera le bloc social-écologiste« , quelle que soit son « origine » politique…verte ou socialiste en fait.

Une telle entreprise, qui n’aurait pas pour but de mettre en cause les pouvoirs et le coût du capital jusqu’à la visée d’une refondation de la construction européenne, mais chercherait simplement à repeindre en vert le type d’alliances que nous avons conclues dans le passé, ferait courir la France du travail et de la création à la catastrophe.

Notre dernier congrès a fait le choix solennel de travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022, si cruciale. Et, cela, pour porter les idées novatrices qu’il a développées et qu’ont rappelées, dans une large mesure, le texte programmatique adopté au dernier CN et la résolution pour sa mise en œuvre.

Ces propositions doivent être d’autant plus mises en avant par le PCF, ses directions et ses adhérents dans le débat politique national que, dans la foulée de la crise sanitaire qui n’est pas finie, se déclare un nouvel épisode gravissime de crise économique et sociale. Déjà il fait saillir, comme jamais, la nécessité d’actions populaires pour la sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu pour chacun-e tout le long de la vie, celui de la défense et de la promotion de tous les service publics, celui de nouveaux pouvoirs d’intervention décisionnels des salariés dans les choix de gestion des entreprises, d’une démocratie sociale au cœur d’une nouvelle république, celui d’une refondation de la construction européenne, le tout pour s’émanciper de la dictature des marchés financiers et du dollar.

L’urgence désormais, comme l’a souligné la résolution adoptée au dernier CN intitulée « Face au capital et à la politique de Macron, l’heure est à l’intervention populaire », c’est d’organiser et de suivre, à tous les niveaux, l’action créative des communistes sur ces bases.

Il y a, en effet, un énorme enjeu de débat à gauche pour dépasser les différences et se hisser à la hauteur de ce que cherchent les luttes et de ce qu’expriment les contradictions antagonistes de la crise. On ne peut en faire l’économie et il faut l’affronter en associant une visée cohérente d’objectifs sociaux novateurs, de moyens financiers importants à conquérir et de nouveaux pouvoirs citoyens pour le faire. C’est la condition pour progresser vers un large rassemblement majoritaire transformateur à partir d’un engagement immédiat de tous les concernés dans la résistance et la construction face au capital et à la politique de Macron.

C’est dans ce travail exigeant mais nécessaire que pourra se construire une candidature communiste pour l ‘élection présidentielle qui pourrait ressourcer notre pays et la gauche dans le même mouvement, préparant un essor du mouvement populaire.

Frédéric Boccara, Gisèle Cailloux, Jean-Louis Cailloux, Jean Chambon, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Anne Lafaurie, Nicolas Marchand, Evelyne Ternant

20 comments on “Urgent : après les municipales, construire une candidature communiste pour l’élection présidentielle

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    Michel Berdagué

    Bonjour Camarades ,
    De lire attentivement votre texte , résolution , votre analyse sur la situation en vraie grandeur de ces élections municipales pour une perspective de conquêtes et de remettre sur le rail le mouvement communiste avec le PCF et toutes ses forces militantes , j’ ai essayé de trouver un ajout , une réflexion supplémentaire , eh bien je n’ ai pas trouvé !
    Votre texte , analyse et prospective est en phase avec l’ ambitieux et courageux  » en avant le manifeste action novation révolution .
    L’ accent est mis sur …. » celui de nouveaux pouvoirs d’intervention décisionnels des salariés dans les choix de gestion des entreprises,  » avec … » On ne peut en faire l’économie et il faut l’affronter en associant une visée cohérente d’objectifs sociaux novateurs, de moyens financiers importants à conquérir et de nouveaux pouvoirs citoyens pour le faire. C’est la condition pour progresser vers un large rassemblement majoritaire transformateur à partir d’un engagement immédiat de tous les concernés dans la résistance et la construction face au capital et à la politique de Macron.  » …
    Voilà qui est clair ,enthousiasmant et très rassembleur et ne permet plus d’ ambiguïtés , d’ hésitation quant au combat de classe à mener , c’ est la Lutte où beaucoup du monde du travail sont concernés , la totalité d’ ailleurs . Nous avons tout à gagner …rien à perdre .!
    Bravo Camarades vous avez tenu compte des mois et des années de réflexions , d’ analyses , de travail dans le Parti Communiste Français .
    C’ était urgent .
    Salutations militantes
    Michel Berdagué

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    ASSANTE Pierre

    MERCI

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    Jean-Michel Chapet

    Chers cammarades
    Je me retrouve très bien dans ce texte et en remercie respectueusement les auteurs.
    Cependant j’y apporterai trois nuances :
    – ce texte me paraît surtout utile pour préparer l’avenir, beaucoup moins pour pointer doctement et à posteriori, les insuffisances;
    – la petite bulle d’aigreur à l’égard du secrétaire national, ne m’est pas apparrue a la hauteur de l’argumentation développée ;
    – je suis évidemment convaincu que la défense des intérêts économiques et sociaux de ceux qui sont les premières victimes du système, peut contribuer leur redonner confiance en la Politique, mais je reste convaincu que la citoyenneté ne peut s’exercer durablement qu’en communauté politique, qu’elle soit la Classe Ouvrière (pour soi et pas seulement en soi), la Commune (et pas seulement le territoire), la Nation (fondée plus sur la raison que l’émotion) et l’Humanité (au sens que lui donnait celui qui a suggéré à Jaures d’en faire le titre du journal). Parce que je reste convaincu que la Politique est l’exercice en commun de la liberté, je crois qu’elle se nourrit autant de figures symboliques porteuses de valeurs et de volonté communes que des réalités que les sciences sociales et notamment l’économie, rendent visibles.
    Cordialement à votre disposition.

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    BAILANGER Stéphane

    J’approuve cette contribution. Notre affaiblissement (relatif si l’on observe les résultats contrastés des municipales) nous oblige à ne pas retarder la préparation d’une candidature pour 2022 qui sera pour nous l’occasion de peser dans le débat au lieu de regarder les trains passer. Certains sont déjà dans le train, d’autres se préparent. Il est nécessaire que le PCF construise aussi sa locomotive. Il peut le faire tout en laissant la porte ouverte au rassemblement. Il ne doit pas refaire les erreurs de 2012 et 2017 en opposant rassemblement et candidature communiste comme si le premier nécessitait de faire une croix sur la seconde. On ne gagne pas le rassemblement en s’effaçant. Evidemment, cela sera difficile. Il y aura encore des Printaniers pour nous vendre l’effacement derrière le leader d’un mouvement gazeux, des nostalgiques des années Hue pour nous refiler un choix de soumission derrière un réformiste rose-vert et des « unitaires » pour nous demander au final de ne pas y aller pour ne fâcher personne. Ce débat était déjà une des raisons de la construction de ce vaste sursaut qui s’est concrétisé dans l’écriture du texte du Manifeste au dernier congrès. En poursuivant dans cette voie, en favorisant partout la discussion sur les sujets qui fâchent – que nous avons par fatalisme ou paresse tendance à toujours repousser – nous pourront enrichir la réflexion collective des communistes. Entre le piège du vote utile et « l’autophobie », il faut créer les conditions d’une alternative. Virer Macron ne peut être l’objectif ultime pour des communistes qui veulent avant tout aider le monde à sortir du capitalisme. La bourgeoisie a en réserve bien d’autres petits Macron qui au grès des circonstances seront repeints en vert, en rose, en bleu voire en jaune. La seule bonne nouvelles en 2022 pour construire le futur au lieu de se contenter de l’attendre, c’est que la force qui incarne l’opposition radicale au présent qui nous désespère soit à disposition des celles et ceux qui veulent le vraie changement. Ni homme providentielle, ni tribun populiste, un candidat communiste pour porter le projet d’émancipation à la hauteur de la crise actuelle.

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    Tout à fait d’accord sur votre analyse de la situation et la nécessité de développer notre militantisme pour proposer une véritable politique de changement. Si nous avons « raté » les municipales, se profilent, normalement, les départementales et les régionales en 2021. Et nous en aurons besoin car, je suis plus circonspect, comme je l’étais et le suis depuis le congrès sur la candidature communiste à la présidentielle. J’y suis favorable pour la tribune qu’elle donne pour développer nos idées mais… pour gagner car, ne peut on craindre qu’elle ne serve qu’à multiplier les candidatures et ne servir qu’à renforcer un casting de 2ème tour : candidat de la finance contre candidat d’extrême droite ?

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    Claude CHAPET

    Bonjour,
    Je partage cette contribution.
    Je ferait 2 remarques:
    1) il nous faut lier cette candidature à la présidentielle aux candidatures aux législatives.
    En effet, ainsi nous montrons que nous voulons sortir du présidentialisme et de commencer les campagnes des législatives non pas après la présidentielle.
    2) il nous faut travailler à l’organisation du PCF. En effet, pour transformer ce monde, il y a besoin d’action, de réflexions. De plus, nous sommes des constructeurs, ce qui signifie notre rejet de politiques du pire et donc des compromis sans compromission. Ainsi il nous faut montrer nos ambitions et les limites tant de l’état des forces productives, des rapports de productions, des superstructures.
    Pour cela, nous devons construire notre parti avec nos expériences (notamment la cellule qui permet aux camarades de pouvoir s’exprimer plus facilement que devant 30,50 ou 100) mais aussi des situations d’aujourd’hui (outils numériques, précarité professionnelles etc..)
    Bonne santé et bon courage à toutes et tous.

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    michel salingue

    On ne pose pas la bonne question. La première des questions à poser est celle du système électoral : 1. Pourquoi élire un président de la République avec de tels pouvoirs ? 2. Ce système d’élection présuppose qu’en France il n’y aurait que 2 partis politiques (cf. le 2ème tour). Ce qui, bien évidemment, est faux les choix politiques des français sont multiplies et divers ce qui ne peut se résoudre démocratiquement que dans le collectif. 3. En attendant une réforme profonde et incontournable de l’institution « Président de la République », il est nécessaire à la démocratie que chaque option politique puisse être mesurée à chaque élection.

    Chacun aura compris qu’un seul individu ne peut, à lui seul, représenter une gauche diverse par essence et par histoire. Il n’est d’autre solution que la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel et avec de tels pouvoirs. Un des premiers engagements d’un candidat du PCF devrait être la suppression du nœud gordien de cette 5ème République, la suppression de l’élection du président au suffrage universel

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    Bernard Scandellari

    Chers camarades, je trouve votre soucis, celui de faire avancer des idées et des propositions essentielles dans la population « prolétarienne »( pour aller vite) et surtout aider celle ci à intervenir collectivement, je trouve donc ce soucis tout à fait justifié.
    Cela dit, nous sommes resté des dizaines d’années totalement à l’écart d’une telle façon de voir et bien sûr des pratiques que cela implique. Le temps presse mais Paris ne se construit pas en un jour.
    Pour la première fois depuis très longtemps, le dernier Congrès a replacé le soucis d’une vie politique, sous forme collective, cellule, section, réseau, etc sur le lieu de travail, dans les entreprises grandes et moins grandes comme essentiel. Auparavant les terme utilisé était de s’activer sur « sur les lieus de vie et…de travail », pas pareil. Or les idées et l’action politique, les relations de confiance entre camarades se développent en tout premier lieu dans la très dure confrontation avec le patronat et les autres hiérarchies des secteurs privés et publics. Les idées très justes que vous évoquez naissent et se développent beaucoup plus facilement avec les analyses de la vie de sa « boite » où l’on est et, dans la foulée, les analyses sur la vie des collectivités territoriales par exemple. Ainsi les élections municipales se comprennent elles et se gagnent d’abord dans les entreprises.
    C’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié le fait que lorsque Fabien Roussel se déplaçait dans une ville, Marseille par exemple, il allait à l’Hôpital Nord, chez Prestalis en grève et dans une autre boite dont j’ai oublié le nom. Il se réunissait parfois avec peut être 7 ou 8 salariés, ce n’était pas un meeting, mais 8 salariés dans leur boite cela vaut 100 serrages. de main sur le trottoir.
    Les idées des camarades sont à retenir mais le problème est de les faire partager et mettre en pratique. Il faut donc être pressé mais modeste et patient.
    En tout cas, c’est une bonne idée que de faire discuter, y compris en étant critique, la politique c’est difficile. Bonne continuation

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    ZANOLIN Ludovic

    Une candidature communiste, oui, mais cela suppose des propositions comprises et appréciées, perçues comme importantes etdifférentes de celles des autres candidats de gauche ou écologistes pour éviter l’accusation de division.
    Pour sortir de la nasse dans laquelle médias et concurrents essaient de nous enfermer, avec un certain succès, on ne peut se contenter de répéter les thèses des économistes communistes contre le capital, thèses dont la pénétration dans la société reste faible, malgré les campagnes conduites, et mal distinguées de celles des autres. Il faut se rendre à l’évidence: ce n’est pas de cette seule façon qu’une candidature communiste évitera l’accusation de division.
    Ce n’est pas non plus en répétant qu’il faut une politique écologiste de façon un peu mécanique qu’on évitera d’être perçus comme à la remorque des écologistes et de la FI si l’on refuse de mettre en avant de façon frontale les différences concernant l’énergie et le nucléaire, domaines dont dépend pour une part déterminante les possibilités d’avenir et de progrès (j’ose le mot).
    Jancovici, dont la théorie est peut-être à tempérer, dit, je crois, que les limites d’énergie disponible dans le monde à l’avenir exerceront des freins drastiques sur les possibilités de développement et les niveaux de vie. Le nucléaire, par ailleurs composante indispensable (pour lui comme beaucoup d’autres dont le GIEC- dans beaucoup de scénarios- ou l’Académie des sciences) de la lutte contre le réchauffement climatique, réduira la sévérité de ces freins.
    Je crois que les écologistes antinucléaires le savent aussi mais que les diverses formes de leur malthusianisme et de leur dogmatisme non seulement s’en satisfont mais c’est pour la plupart d’entre eux ce qui correspond à leur(s) philosophie(s) qui commence(nt) par préconiser l’apparente indolore sobriété (surtout pour les gens à l’aise quoiqu’en dise J. Bidet dans l’Huma du 6/07), en continuant par la frugalité, puis les restrictions, les contraintes, la répression…..allant de pair avec une décroissance forcenée,sensée être salvatrice…. pour la PLANETE! Ce en quoi ils trouvent des alliés puissants dans les tenants du capital qui ne voient pas d’un mauvais oeil la perspective de voir se raréfier et se renchérir l’énergie et plus encore l’électricité, produit de première nécessité s’il en est.
    Ne pas se lancer dans le débat et la confrontation sur l’abandon progressif puis la sortie du nucléaire est donc aussi une faute envers la lutte contre le réchauffement climatique (que les antinucléaires ont rejoint tardivement et encore pour promouvoir le seul recours aux ENR mais aussi au gaz avant de s’approprier cette lutte avec l’appui des médias dont celui majeur du service public de la radio et de la télévision).
    Pour revenir à la présidentielle 2022, je ne vois pas comment le sujet du nucléaire peut continuer d’ être occulté si l’on veut faire reconnaître notre apport tant sur l’avenir du pays et de tous ses habitants que sur l’action contre le réchauffement climatique. Cela vaut pour les élections intermédiaires si l’on ne veut pas s’installer dans le rôle de 5ème roue de la charrette avant pire. Il y aura certes des difficultés (par exemple en Occitanie avec les folles positions de la présidente actuelle sur le « 100% renouvelable » mais aussi l’ aussi folle, démagogique voire scandaleuse recherche des collectivités locales de tirer des ressources des taxes que tous paient sur l’électricité éolienne et photovoltaique). Mais il y a j’espère beaucoup plus à gagner ou à regagner en se distinguant de façon constructive dans un électorat de gauche que les antinucléaires n’ont pas encore réussi à totalement formater.

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    Je partage un certain nombre d’éclairages sur l’analyse du résultat des élections municipales (entre autres que ces résultats témoignent d’une accentuation de la crise démocratique plutôt que d’une poussée en faveur d’une politique sachant combiner justice sociale et écologique, exigence qui, même si elle se traduit par la conquête de villes importantes, est à relativiser par la faible légitimité, trop souvent, des Maires élus, leur faible représentativité du fait de l’abstention massive).

    Je n’ignore pas que notre dernier congrès a fait le choix « de travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022 », et je respecterai ce choix s’il se concrétise, mais je continue à penser que poser la problématique de la reconquête d’une influence communiste en plaçant en priorité cette question d’une nécessaire candidature communiste à la présidentielle est une erreur stratégique qui nous fait passer à côté de l’essentiel (voir ci-dessous, l’amendement adopté lors de notre conférence fédérale de Novembre 2018).

    L’essentiel, selon moi, étant de travailler d’abord à la possibilité de conquête d’un nombre beaucoup plus élevé de députés PCF (40 à 50), et d’une majorité de députés de gauche à l’Assemblée Nationale, majorité qui aura dû au préalable trouver les voies d’un rassemblement sur la base d’un programme et d’une démarche de lutte partagés. Posons en conséquence d’abord la question du projet commun qui permettrait de travailler sur la perspective de candidatures à la législative représentant les diverses forces convergeant sur ce projet, candidatures qui seraient alors réparties équitablement sur l’ensemble des circonscriptions de façon à ce que chaque force obtienne une représentativité « correcte » (je dis 40 à 50 candidatures PCF, peut-être est-ce davantage ?). Et posons l’enjeu démocratique de construction de ce programme en partant des vifs enseignements apportés tant par le mouvement des Gilets Jaunes que par cette abstention grandissante qui, explicitement ou implicitement, posent tous deux l’exigence d’un renouveau et d’une réinvention de la démocratie représentative. Cela fait beaucoup de conditions à remplir, j’en ai conscience !

    Mais qu’adviendra-t-il dans le scénario proposé d’une candidature PCF à la présidentielle et pourquoi je dis « d’abord » la législative ?

    1. Il y aura, comme d’habitude pour la présidentielle, le « grand carnaval » c’est-à-dire multiplicité de candidatures, dont celles classées « à gauche » : LO ; NPA ; LFI ; PCF donc ; PS ou PS-EELV. 5 ou 6 candidatures minimum donc à gauche. Première et double conséquence : Un, marginalisation du PCF (nous pourrions peut-être espérer au mieux 3% au lieu des 1,8% de M.G. Buffet de 2007, ou bien nous ferons jeu égal avec l’extrême gauche) PCF qui sera supplanté par le duo (rassemblé ou non) PS et EELV. Deux, éviction de la gauche du 2ème tour du fait de sa division et réédition du face à face / couple infernal droite – extrême droite (MACRON – LE PEN, vraisemblablement, en l’état des hypothèses actuelles). Avec alors, appel à faire barrage à l’extrême droite ?? Un appel d’autant moins crédible et opérant après les cinq ans de destruction sociale de la politique MACRON et laissant ainsi le champ plus largement ouvert encore à la prise de pouvoir d’une extrême droite qui saura jouer du camouflage (comme à Perpignan) pour l’emporter.

    2. La troisième conséquence néfaste de cette stratégie de priorité à la présidentielle est évidemment de valider son processus antidémocratique de recours à la personne providentielle et donc de pousser l’électorat à voter à la législative dans la cohérence du vote qui sortira vainqueur du 2ème tour. C’est ainsi que MACRON a obtenu sa majorité absolue de députés LREM. Que dans la foulée de cette logique, les électeurs de gauche se sont portés sur les candidats qui leur paraissaient les plus susceptibles de gagner à gauche, soit en 2017, les candidats PS et LFI. Et que nous avons dû péniblement ramasser les miettes des suffrages qui restaient.

    Quelle possibilité de se rassembler sur un programme de gauche, de refondation citoyenne et démocratique visant l’émancipation du travail de sa domination par le capital ?

    Evidemment, je n’ignore pas que cette voie n’est pas balisée d’avance, qu’aucune carte ne donne le tracé de ce chemin de grande randonnée !

    Mais il existe des signes positifs, des points d‘appui (que nous avons commencé à prendre en compte mais qui méritent de l’être encore davantage). Parmi ceux-là, le « Plan de sortie de crise » élaboré par une vingtaine d’organisations allant de la CGT à Greenpeace en passant par ATTAC, la FSU, la Confédération Paysanne, Solidaires etc., programme ayant émergé à la faveur de l’expérience de la confrontation avec la pandémie et à partir de l’exigence d‘un « Plus jamais ça ! »

    Tenir compte de ce programme et construire à partir de cette base et avec nos propositions, sera-t-il en capacité de commencer à faire barrage à la bataille entre des volontés hégémoniques mortifères (Jadot, Mélenchon, …) qui laissent le champ libre au capital et à ses représentants ? Je ne sais pas. Ce que je sais et crois toujours valide c’est l’idée énoncée dans le Manifeste selon laquelle « les communistes ne forment pas un parti distinct opposé aux autres partis ouvriers … et que « dans les différentes phases que traverse la lutte entre prolétaires et bourgeois, ils représentent toujours les intérêts du mouvement dans sa totalité ». Actualisée dans les termes et rapportée à l’échéance présidentielle, cela signifie pour moi qu’il faut tout imaginer et tout entreprendre pour ne plus se faire piégés par cette élection présidentielle qui est un jeu verrouillé où l’on part perdant.

    Pour terminer. Arriverons-nous à faire remonter à la surface les problèmes de fond ? Et celui de la façon de faire de la politique ? Car c’est compliqué de construire un avenir politique d’émancipation des citoyens et des salariés avec les matériaux de la politique institutionnelle qui sont devenus totalement inadéquats et obsolètes. La pandémie de COVID 19 avec le confinement imposé, et précédemment le mouvement des Gilets Jaunes ont encore davantage fait ressortir l’archaïsme et l’inadéquation totale d’une élection présidentielle au suffrage universel, synonyme de servitude volontaire. Cette élection s’avère en décalage complet avec le besoin urgent de choix politiques délibérés et décidés au terme de procédures intensément démocratiques, entièrement renouvelées par rapport aux simulacres de démocratie à l’œuvre avec les institutions de la 5ème République car il s’agit de promouvoir le partage des connaissances, de stimuler l’investissement citoyen et la rupture avec les délégations de pouvoir.

    Alors, si face à cette élection présidentielle au suffrage universel qui ne sera jamais autre chose que le choix de la servitude volontaire par l’abdication de notre citoyenneté, au lieu d’être comme des mouches bourdonnant stupidement derrière la vitre de la fenêtre croyant y voir le passage pour la lumière, nous nous concentrions pour organiser une véritable unité de contenus et de démarches pour les législatives afin que celles-ci soient le rendez-vous prépondérant face à la présidentielle ? Ce ne serait certes pas la révolution car la logique de monarchie présidentielle, la confiscation du pouvoir par l’exécutif et l’atrophie de la démocratie représentative qui en résulte, demeurent comme autant d’attributs de la 5ème république, mais cela serait un début.

    Et un début qui pourrait s’enclencher en faisant campagne pour l’adoption d’une première, modeste mais décisive, modification consistant à replacer l’élection législative AVANT la présidentielle ? Ce qui serait de nature à re-politiser le débat en positionnant les choix de société avant les choix de personne.

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      Michel Berdagué

      Si j’ ai bien lu ton long texte je découvre que : – « Un, marginalisation du PCF (nous pourrions peut-être espérer au mieux 3% au lieu des 1,8% de M.G. Buffet de 2007, ou bien nous ferons jeu égal avec l’extrême gauche) PCF qui sera supplanté par le duo (rassemblé ou non) PS et EELV. D  » …
      Ce qui implique qu’ au vu d’ une projection uniquement comptable sans tenir compte de notre capacité militante de notre campagne d’ union des communistes, de nos propositions et elles sont en phase avec le désir du monde du travail, ce n’ est pas la peine de postuler une quelconque candidature Communiste du PCF ! ,ça me rappelle la certitude d’ une élue communiste sénatrice à une manifestation à la Bastille me certifiant que si nous nous présentions à l’élection présidentielle nous ferions moins de1 % …! qui dit mieux toi 3 % …un léger mieux , heureusement un Didier Le Reste , cheminot me disait et alors ? avec toute notre capacité militante au moins ces abstentionnistes entendraient un autre son de cloche noyés matraqués qu’ils sont par la doxa de non pensée puisqu’ U – nique .
      Tu voudrais comme sujet de la certitude faire précéder les législatives de la présidentielle en condamnant cette dernière comme antidémocratique qu’elle est en effet : un vrai goupil renard ! , tu penses comme moi que c’est la bourgeoisie et son capital impérial de dite mondialisation pour censurer l’ occurrence , le déterminant le stade suprême : l’ impérialisme .
      Soit mais que veux tu c’est la bourgeoisie et le capital qui ont tous les pouvoirs et il sont tellement habiles que depuis le début du XIX e siècle ils ont le pouvoir et l’ étendent avec tous les pouvoirs , certes quelques soubresauts mais sanglantes répressions , La Commune , et deux guerres saignantes avec massacres, 14/18 et le nazisme 33/45 , la bourgeoisie et toutes ses forces d’appoint , syndicales et politiques , associatives , ont continuité après 1945 …jusqu’à s’ approprier la candidature présidentielle de 1962 tout en rejetant les avancées issues du Programme du CNR , la Sécu , le Statut de la Fonction Publique , et le pouvoir des travailleurs à l’ EDF dans les CA, le Rail et sa Résistance la SNCF , et le fret ou ce qu’ il en reste vers la privatisation .
      Alors oui , en 2022 pour la campagne présidentielle qui ne va pas tarder , de lier l’ élection législative à la présidentielle , c’ est d’ une évidence , il faut le faire c’est un devoir communiste , et pourquoi pas d’avoir une candidature Communiste pour les présidentielle ET dès 2021 énoncer , dire que c’est une équipe , du collectif , les candidatures communistes avec du rassemblement de femmes et d’ hommes qui ont un point commun de n’ être pas anti-communiste , et là y a du boulot !
      Que s’est – il passé depuis Jacques Duclos , candidat excellent communiste , député puis sénateur avec (21,27 % des suffrages exprimés ?
      – Il serait trop long ici d’ analyser cette descente …! MAIS … plus jamais ça : l’ effacement voulu par la bourgeoisie , les réactionnaires et ceux qui nous veulent du bien !

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    renard denis

    Ci-dessous, les réflexions que nous avions voulu partager dans le cadre du débat ouvert à l’occasion du dernier congrès. Amendement adopté par notre conférence fédérale.

    « Notre participation à l’élection présidentielle au suffrage universel par la présence d’un.e candidat.e PCF doit être questionnée et débattue dans tout le Parti. Elle devrait faire l’objet d’une délibération spécifique en 2019 pour décider de notre stratégie.

    Dès 1962, en appelant à voter NON au référendum organisé par De Gaulle, nous avions vu clair et dénoncé la dimension anti-démocratique et réactionnaire d’une révision de la Constitution donnant les pleins pouvoirs à l’exécutif contre le pouvoir législatif, abaissant le régime parlementaire et le défigurant en monarchie présidentielle.

    Ne devons-nous pas, instruits par une longue expérience (Dix scrutins présidentiels de 1962 à 2017), réfléchir à partir des constats suivants :

    1- L’élection présidentielle, par l’onction du suffrage universel, confère à la personne élue un pouvoir exorbitant, totalement contradictoire à la nécessité d’un fonctionnement républicain démocratique. Le Président élu, parce qu’il a recueilli des millions de voix sur sa seule personne, peut s’affirmer comme bien davantage légitime que chacun des députés pris isolément et tous ensemble réunis en Assemblée Nationale (Emmanuel Macron a recueilli 20,7 millions de voix au 2ème tour de la présidentielle, alors que les 18.176.066 voix recueillis par l’ensemble des votes pour l‘Assemblée Nationale, dont 7.826.245 pour LREM, s’éparpillent sur 577 députés élus).

    – La Constitution de la 5ème République, adoptée en 1958 et révisée en 1962, a accentuée cette usurpation de légitimité par le Président élu en lui accordant des prérogatives exceptionnelles car il concentre entre ses mains l’essentiel des pouvoirs de décisions législative, exécutive et juridique.

    2- l’inversion du calendrier électoral, contre laquelle le PCF s’était opposé, mais qui fût adoptée par référendum en Septembre 2000 et appliquée en 2002, a fait primer l’élection présidentielle sur l’élection législative, ce qui aggrave encore les tendances antidémocratiques de la 5ème République par la présidentialisation du régime entrainant une dès-émancipation citoyenne. Dépendante des résultats de l’élection présidentielle, l’élection législative devient subalterne, et une étape facultative aux yeux de nos concitoyens comme en témoigne sa désaffection grandissante à y participer. (20.164.615 votants au 2ème tour de la législative 2017 contre 34.887.208 au 2ème tour de la présidentielle !).

    – A cette grave régression démocratique s’ajoute la bipolarisation de l’enjeu dû au mode de scrutin uninominal à deux tours, ce qui finit d’achever le discrédit de la représentation politique. Pour preuve, en 2017, le candidat MACRON n’a recueilli au 1er tour que les voix de 18% des électeurs inscrits et ne doit son mandat de Président au 2ème tour que par le rejet de la candidate de l’extrême droite et non par une adhésion à son programme.

    3- L’illégitimité de ce pouvoir présidentiel et l’illégitimité de la politique actuellement menée est le constat qui s’impose logiquement en conclusion de ces observations. Nous devons mettre en évidence le caractère profondément antidémocratique de l’élection présidentielle au suffrage universel, une échéance totalement antinomique à la démarche communiste, incompatible avec l’idée d’une émancipation des travailleurs qui doit être leur propre ouvrage. Une élection qui, au final, a grandement contribué à l’effacement de l’idée communiste et du PCF.
    Quelles propositions débattre ? N’est-il pas grand temps de se prononcer :

    – Pour la fin de cette élection présidentielle au suffrage universel, une sinistre mascarade quand on voit à quels dérives anti-démocratiques, à quels diktats économiques le pouvoir du monarque présidentiel nous conduit ?
    – Pour l’élection du président par le Parlement réuni en Congrès dans le cadre de notre projet d’une nouvelle Constitution à mettre en débat comme base de rassemblement à gauche ?

    Dans l’immédiat, dans la foulée des élections européennes, c’est la capacité d’une présence massive de candidatures PCF aux élections municipales de 2020 qui doit concentrer nos efforts de construction de listes porteuses de perspectives de progrès social en rupture avec la politique d’austérité. »

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      Alain Boussard

      Les femmes et hommes de gauche et même bien plus largement ne veulent pas se retrouver à devoir choisir au second tour de la présidentielle entre un candidat de droite (LR ou Macron) et Le Pen. En même temps, ils ne veulent pas renouveler l’expérience catastrophique de la présidence Hollande qui n’a fait qu’aggraver la politique de Sarkozy et qui a fait le lit de Macron. (Ces hommes et femmes qui se disent de gauche et qui font la même politique que la Droite, alimentent « le tous les mêmes », le ni gauche ni droite et l’abstention). Par contre, quand on leur parle de la présidentielle, ils continuent le plus souvent de personnaliser, de penser « candidat », plutôt que projet politique. C’est une vraie contradiction, mais la vie est faite de contradictions. A nous de les traiter avec intelligence et finesse.
      Si comme le dit Olivier Faure, le PS était disposé à soutenir une candidature qui ne serait pas issue de ses rangs, ce serait la porte ouverte à une candidature écologiste commune à EELV et au PS.
      S’il apparaissait que ce candidat avait une chance d’être présent au second tour, le vote utile jouerait à plein pot. L’espace pour d’autres candidatures de gauche serait extrêmement réduit et la plus grande partie de cet espace sera occupé par Mélenchon. Dans ces conditions, le Parti risque fort de faire le plus petit score de son histoire.
      Enfin, affirmer que le PCF a décidé quoiqu’il arrive de présenter son candidat, serait pour l’électorat de gauche (y compris pour une part de l’électorat communiste) apparaître comme refusant l’idée même de rassemblement, nous plaçant sur le même terrain que Mélenchon. Il n’y a pas mieux pour nous plomber et marginaliser une candidature communiste.
      Or, pour mettre fin au macronisme et pour barrer la route au RN, pas d’autre possibilité que le rassemblement des forces de gauche et écologistes. Demeure la question essentielle : pour mettre en œuvre quelle politique ?
      La tâche du parti, c’est justement de parler de contenu politique, de mettre nos propositions de transformation sociale et écologique sur le devant de la scène. La question de la candidature pour porter les propositions vient ensuite. Dire en premier qu’il faut un candidat communiste, c’est poser le problème à l’envers… Organisons d’abord le débat sur le contenu de la politique de transformation avec les citoyens en même temps qu’on discute avec les autres formations politiques.
      Et si comme c’est probable, on rencontre des obstacles avec nos partenaires, mettons les sur la place publique, organisons l’intervention citoyenne.
      Ne rejetons pas à priori l’idée d’une candidature commune à la gauche et aux écologistes, ce serait nous marginaliser et nous rendre inaudibles. Au contraire, travaillons à un large rassemblement avec un contenu politique de transformation sociale et écologiste. Et s’il apparaissait que les autres forces de gauche et écolo refusaient de porter des propositions permettant d’engager cette transformation, alors une candidature communiste pourrait apparaître davantage légitime. Je ne rejette pas l’idée d’une candidature communiste, mais je vivrai la chose comme un échec, signifiant qu’on n’a pas réussi à rendre nos propositions majoritaires dans notre peuple.
      Reste l’argument de l’effacement du Parti.
      Ce n’est pas l’absence de candidat de parti à certaines élections qui est la cause de cet effacement. De 1981 à 2007, il y a eu un candidat communiste à toutes les élections présidentielles et nous sommes passés de près de 16% à moins de 2%. Je pense que nous n’avons pas suffisamment analysé les vraies causes de notre effacement. Et puis, faire des scores à répétition de l’ordre de 2%, participe aussi à notre effacement. Les dernières municipales montrent que nous n’avons pas encore inversé la tendance. Cela aussi doit être pris en compte.

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        Michel Berdagué

        Les bras m’ en tombent !
        Voilà une intervention qui apporte plus de confusionnisme que d’ éclairage et de résolutions des contradictions .
        –1969 , année pas seulement érotique mais qui précédait 1968 avec la formidable mobilisation du monde du travail et étudiant qui se rejoignaient pour conquérir des avancées manifestes et des nouveaux droits dans ce capitalisme très personnalisé en De Gaulle et avec ses 21 , 3 % .nous étions une force considérable militante présente au sein même des entreprises par nos cellules actives si bien que les autres dits de gauche social – démocrates – pas encore écolos – ne faisaient en 1969 que :  » : » Gaston Defferre (5,0 %), Michel Rocard (3,6 %), et Alain Krivine (1,1 %) « …! Nous avons là un exemple à suivre car de l’ avoir abandonné , en particulier la présence des communistes organisés dans les entreprises , en synergie avec les syndicats de Lutte de classes la CGT , nous ‘ avons subi qu’ une descente presque en enfer …!
        Car en passant par le programme commun avec les socs. la prédiction et le vouloir et la détermination d’ un Mitterrand de réduire le PCF et son audience à la portion congrue , un strict minimum pour être obligé desoutenir malgré toutes les divergences de fond cette social – démo. dite de gauche .
        Ce programme commun a été très discuté jusqu’ à interrompre des vacances en Corse du secrétaire national Georges Marchais , en effet nous étions très au fait qu’ il y avait un grand danger d’ affaiblir le soutien militant du PCF , des communistes .à des sociaux démocrates voulaient prendre notre place et ce dans toutes las maiies à direction communiste , là les écolos les y aidèrent avec beaucoup de zèle .
        Il est à noter que le secrétariat général avec Hue devient secrétaire national .
        Comptons : 1981 – 4 456 922 voix …2007 – 707 268 …descente , déclin , chute vertigineuse abandon de plus de 3 750 000 en 26 ans soit en une génération des pertes considérables …
        Il ne faut pas tout mettre sur le compte des Pierre Juquin PCF (1959-1987)NGSEA (1987-1989)ARV (1989-1991)LV (1991-2010)EELV (depuis 2010)., Charles Fiterman PCF (1967-1994)CAP (1994-1998)PS (1998-2017) , mais enfin ça n’ a pas arrangé les choses .
        A remarquer que beaucoup se peignent en vert tout en faisant un stage au PS , et où ayant eu dehautes responsabilités dans le Parti , ah j’ oubliais un certain Hue mais où est – il çui là ? : en passant par un Sébastien Nadot que fait – il ?  » Robert Hue se range parmi les soutiens d’Emmanuel Macron avant le premier tour de l’élection présidentielle. » Depuis il abandonne la politique , ouf , il vaut mieux car de secrétaire général à secrétaire national il vaut mieux arrêter la descente à droite !
        Et pourtant le Centenaire arrive et en cours malgré le virus https://www.pcf.fr/centenaire_du_pcf_rapport_de_guillaume_roubaud_quashie_sur_le_calendrier_d_initiatives_pr_vues_en_2020_extraits
        en décembre fêtons le comme il se doit pour la remontada en 2021 pour préparer 2022 avec une candidature communiste non sectaire de rassemblement avec une stratégie de : en avant la manifeste , action , novation , révolution .
        Ici il n’ y a pas assez de place , à faire , pour analyser en dialectique le déclin de l’ influence du PCF parmi le corps électoral et le peuple , son effacement en est une des causes , abandon des cellules d’entreprises , ….etc ! .

  12. Ping : Ni déni, ni repli, de l’envie ! – FK

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    Alain Boussard

    Oui, Jacques Duclos a fait 21,5%. Mais la base de départ, c’était un PCF à 22,4 aux législatives de 1967. Jacques est apparu comme le seul candidat à gauche susceptible d’être présent au second tour. Le vote utile à gauche a joué en notre faveur, ce qui a contribué à laminer le PS, pompé aussi par le centriste Poher, qui a finalement été qualifié pour le deuxième tour, en grande partie parce qu’il est apparu pour beaucoup d’électeurs comme le seul pouvant battre Pompidou. La situation politique n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. L’histoire ne se reproduit jamais à l’identique. Il faut savoir tirer les leçons du passé pour tracer l’avenir, pas chercher à le reproduire mécaniquement. En fait, Michel, les bras t’en tombent peut-être, mais tu réponds à côté. Si la solution, c’est cultiver la nostalgie d’un passé révolu et rester isolé dans notre coin, quelle différence avec la stratégie de LO ou de FI ? La seule question valable, c’est comment le PCF peut-il peser pour modifier le cours des choses et être utile à nos concitoyens ?

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      Michel Berdagué

      Sûr Alain , ce n’ est pas le même contexte , et il n’ est pas question d’ appliquer à l’ identique le passé …certes beaucoup de nostalgie , et l’ abandon du centralisme démocratique a eu plus de conséquences néfastes quel’ apport de nouveautés démocratiques .Si tu as vécu cette période tu te souviens que nous n’ étions pas du tout des petits soldats ignares et appliquant à l’ aveugle malgré une discipline issue de la Résistance : à l’ heure aux réunions , je me souviens avec le Livre réunion discrète avec Jacques Duclos , eh bien juste à l’ heure , la porte se refermait derrière …! Et que disait Jacques tout de go :  » le jour où j’ ai flingué mon premier nazi …!  » Tout le monde se leva et applaudissements nourris …interminables jusqu’ à la prise de parole où le lait et le miel coulèrent …!
      Tu te souviens des débats et contributions dans l’ organe central du PCF , le niveau avec toute l’ exigence d’ analyse pour préparer les Congrès , et dans chaque cellule nombreuse des discussions libres et fraternelles même et surtout si nous n’ étions pas d’ accord , étant communistes nous avions de bonnes connaissances des textes fondateurs , le matérialisme dialectique et l’ historique , les Editions Sociales en plein essor se lisaient , les formations et l’ action toujours … Il faut dire que les Manifs étaient presque toujours interdites et pour se retrouver en nombre et à l’ heure …!
      Alors nostalgie …? Nenni , niet , mais quant tu as vécu ça lors d’ une formation importante sur Paris en économie/politique et stratégie avec un camarade de la RATP bien formé , je me suis retrouvé tout seul , …eh bien nous l’ avons tenue en duo cette formation très riche !
      Donc pas de nostalgie , ni de duplicata , ni de copier /coller , mais c’ est en 2020 , 21, 22 … » comment le PCF peut-il peser pour modifier le cours des choses et être utile à nos concitoyens ?  »
      Réponse : ne pas s’ isoler du peuple et du monde du travail , du prolétariat , des cadres à tous les niveaux , commerçants et artisans , du travail en agriculture , et chez les créateurs artistes , dans la recherche …en ne se dissolvant surtout pas dans un gazeux soc/dem/écolo suppôt du capital ne voulant surtout pas changer la donne , sic le capitalisme vert et ces opportunistes arrivistes FI et d’ autres …avec un objectif nous affaiblir en constance et se servir de nous comme support , soumis .
      Y a du boulot car les abstentions répétitives sont en corrélation – abstentions paradoxales très politiques -, directement proportionnelles avec nos pertes d’implantation , de présence et d’interventions communistes organisées dans le Parti avec une ouverture réelle à des non communistes sans être anti …d’ où la difficulté presque insoluble tant ils ont été nourris par l’ anticommunisme dès leur plus jeune âge .

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    Bernard Scandellari

    Discussion très intéressante, certes entre retraités, mais les souvenirs, cela aide. J’ai noté en particulier, à l’occasion de cette élection de 2022, les soucis suivants:
    1. Faire avancer les idées essentielles( la SEF, les Services publics,questions financières et économiques, etc) avec le texte d’origine.
    2.Ne pas apparaitre comme diviseurs mais travailler à un rassemblement sur de bonnes bases.
    3.Ne pas oublier le caractère incontournable de l’énergie et du Nucléaire pacifique.
    4.Revenir, si possible en mieux, sur le nécessaire travail politique dans les entreprises et agir tout de suite comme, d’ailleurs, le recommande te texte d’origine.
    5. Comment valoriser le travail et l’élection des députés.

    Deux remarques supplémentaires:

    1. Lors de la Conférence de 2016, je crois, réunissant 600 camarades sur cette question de l’élection présidentielle, celle ci avait retenu l’option d’un candidat communiste. Des camarades avaient aussi évoqué la possibilité d’un retrait du candidat juste avant l’élection,après qu’il ai participé au grand débat politique( télé, médias, meeting,etc..). Ce retrait pourrait être assorti d’un appel à voter pour un autre candidat si, bien sûr, les engagements de celui ci sont convenables.
    Avantages:- explications de nos positions programmatiques qui vont être aussi celles de nos candidats députés.
    -nos candidats députés le sont de la Nation mais ils n’ont droit qu’à une campagne de circonscription.
    Nous pouvons, par exemple, imaginer André C. président du groupe, accompagné par les députés du groupe expliquant leur travail et leurs luttes à l’AN.
    Cela me semble répondre aux soucis exprimés dans cette discussion:
    -Nous voulons développer nos arguments.
    -Nous sommes pour un Rassemblement mais un Rassemblement de qualité( au moins pour un certain temps).
    – Nous sommes contre le régime présidentiel et pour une Assemblée Nationale( même si la chambre Bleu Horizon, cela a existé).
    . 2. Les entreprises sont un lieu essentiel de combat social et politique, ici tout le monde en convient.
    Il nous faut avoir le soucis d’une forte vie syndicale. Cependant, il n’est pas rare de voir des sections syndicales, voire des syndicats s’impliquer très, pour moi trop, dans des discussions politiques. Certains salariés y voient un abandon des taches syndicales essentielles, très soucieuses du quotidien.
    Une cellule et son activité politique en débarrasse le syndicat. Cela est bon pour tout le monde.
    A plus. Merci BS, retraité.

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      Michel Berdagué

      Salut Bernard , retraité actif :
      Voilà un commentaire , intervention , contribution des plus constructives et signifiantes .
      Car en effet comment concilier la nécessaire campagne présidentielle avec un candidat communiste du fait de plusieurs raisons historique set de propagandes bourgeoises et soc/dem/écolos , de ne pas prendre une veste pour notre candidature communiste alors que nos concitoyens ont de grands intérêts à nous soutenir ?
      C’ est une contradiction majeure !
      —-la proposition de se présenter pour notre faire savoir de nos engagements et propositions , et ils le savent que les communistes l’ appliqueront eux et elles , sans compromission , e c’est peut – être ça qu’ ils sont un peu en réserve , voire beaucoup , pour certains noyés dans la télé/médias de propagande du patronat et des financiers tous plus ou moins spéculateurs , oui pourquoi pas se retirer au dernier moment tout en présentant nos futurs élus à l’ Assemblée Natonale qui seraient libérée …à étudier
      —-et aussi de présenter une candidature mais avec tous et toutes les futurs de l’ Assemblée Nationale , ce serait possible dans les meetings dans chaque ville , quant à la télé / média / radio , le ou la candidate lisserait la place de parole et d’ intervention à chaque camarade différent , intervenant , par ex toi dans l’ énergie , et le nucléaire civil , , un autre dans l’ agriculture avec les différents modes de production , dans les transports un Didier Le Reste pour le rail transport et fret , pour les Télecoms et la Poste là nous trouverons facile , et l’ industrie un/une communiste d’ Alstom , d’ Airbus , de Safran , …et pour les finances , l’ économie les 10 de cette contribution : En Avant Le Manifeste .
      —– je pense que tout ça pourrait démarrer pour le Centenaire de notre Parti en décembre 2020 , le PCF , qui à l’ échelle du temps est tout jeune et plein de vigueur et d’ avenir .

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        Bernard Scandellari

        A la suite de mon dernier mail, il me faut ajouter que s’agissant de ce retrait, je n’ai pas pris en compte les obligations règlementaires qui doivent exister et aussi les obligations financières.
        A voir de plus près donc. BS

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