Contributions

Urgent : après les municipales, construire une candidature communiste pour l’élection présidentielle

Contribution de : Frédéric Boccara, Gisèle Cailloux, Jean-Louis Cailloux, Jean Chambon, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Anne Lafaurie, Nicolas Marchand, Evelyne Ternant

Pour aborder de façon efficace et offensive la période qui s’ouvre, il y a besoin de tirer lucidement les enseignements des résultats des élections municipales.

Elles ont montré, une fois de plus, la capacité des adhérent.e.s du parti à se mobiliser. Grâce à elles et eux le PCF demeure une force incontournable dans notre pays. Mais les résultats de ces élections, et nos propres résultats ont de quoi susciter de l’inquiétude et demandent une analyse de fond.

Ceux du second tour sont marqués en premier lieu par une abstention record. Avec un taux moyen de 58,4%, soit près de quatre points de plus qu’au premier tour, le 15 mars, elle dépasse de plus de 20 points le record du second tour des municipales de 2014.

Par exemple, dans le 93, le PCF perd Saint Denis et regagne Bobigny, avec respectivement 67% et 62% d’abstention, niveau que l’on retrouve dans des villes gagnées par des listes unitaires de gauche (Bordeaux,Strasbourg…)

Donc, loin de signifier qu’un « tournant est pris pour plus de justice sociale et plus d’écologie » comme cela a pu être dit le soir de l’élection, ces résultats témoigneraient plutôt d’une accentuation de la crise démocratique, au détriment principalement des couches populaires, et d’une exigence exprimée par ceux qui sont allés voter d’allier écologie et social. Mais comment ? Car tout reste à faire en ce sens. L’austérité imposée par le grand capital, comme la crise qui va se déchaîner accentuent les difficultés, ceci alors que les questions centrales de pertes de pouvoir des municipalités et de financement ont été largement occultées, comme celle de la relation entre écologie, social et entreprises. Elles seront pourtant déterminantes.

Sans doute, la peur de la pandémie a-t-elle joué un rôle. Mais pourquoi le phénomène a-t-il concerné surtout les jeunes (72% chez les 18-34 ans), les employés (65%) et les ouvriers (70%) ? – C’est à dire les catégories de la population les plus exposées aux effets dramatiques des politiques d’austérité et des gestions patronales – Il faut bien constater un désamour de plus en plus important entre ces catégories de la population et ce qui est censé être le plus grand exercice de démocratie représentative locale. C’est une véritable mise en marge de classe.

Dans de nombreuses communes parmi les plus défavorisées, des maires sont arrivé.e.s à se faire élire avec 10 à 12% des inscrits seulement, voire moins. Cela signifie que, pour des millions de gens, ces élections n’ont porté aucun espoir de changement de leur situation déjà très dégradée, ou n’ont comporté aucune incitation à intervenir.

On peut se demander, alors, si elles ont été assez politisées ?

La question est posée pour le PCF lui-même. Malgré l’engagement des communistes sur le terrain, on aura regretté l’absence, au plan national, d’une cohérence d’ambitions donnant un sens politique partagé à cette consultation et s’identifiant aux luttes pour l’emploi, les salaires, les retraites, les services publics, la protection de notre planète contre l’austérité et pour l’utilisation de l’argent à ces fins, toutes choses mettant en cause la domination du capital. Cela n’aura pas permis de donner un sens clair aux enjeux de cette élection plombée par le fait que, étroitement encadrés par les préfets et les présidents d’agglomération, et confrontés au chantage croissant des multinationales, les élus maîtrisent de moins en moins de choses.

En réalité, dépolitisées, ces élections auront, le plus souvent, réduit les enjeux à leur seule dimension locale, refoulant leur imbrication avec le niveau national et européen. Dans ces conditions, des listes « de rassemblement des forces de gauche et écologistes » ont certes pu se multiplier, mais sur des bases dédouanant de leurs responsabilités les entreprises, les banques et l’État lui-même et masquant la radicalité de l’affrontement de classe pourtant nécessaire sur ces terrains.

Il aurait fallu élever la voix au plan national, non pour réclamer abstraitement de faire « plus de justice sociale et plus d’écologie », mais sur les pouvoirs à conquérir, face à l’Etat-Macron et au capital financier, pour que l’argent, sur le territoire des communes et de leurs coopérations, serve à répondre effectivement aux besoins populaires sociaux, écologiques et culturels. Il aurait fallu aider les communistes, leurs candidats à faire campagne avec des propositions sur ces enjeux, en particulier pour motiver le vote si décisif des salariés jusqu’aux portes des lieux de travail et même à l’intérieur quand cela était possible .

La question du financement des collectivités territoriales et des services publics locaux confrontés à la déconcentration étouffante de l’État et à son rationnement mortifère des moyens, au profit du capital financier, aurait du être au cœur d’une bataille communiste affichant clairement ses orientations.

Cela aurait répondu à l’exigence de réarmer le courage de ces millions de gens qui se sentent abandonnés, les appeler à la lutte sur des propositions permettant de relier enjeux locaux et nationaux. Car, au-delà de ces élections, il s’agit de construire la suite, et de (re)construire un apport communiste au mouvement populaire et de le renforcer.

Faute de cela, le rassemblement recherché a pu alors être ressenti comme peu porteur d’alternatives réelle possibles car trop peu soutenu par une volonté de combat transformateur radical et réaliste

Au-delà, les résultats du second tour de ces élections sont inquiétants.

La droite et le PS maintiennent leurs positions, tandis que le RN demeure en embuscade avec une nouvelle vitrine à Perpignan et plusieurs petites communes conquises. LREM, en s’effondrant, a alimenté le vote écologiste de jeunes, notamment de jeunes urbains diplômés désireux, avant tout, d’exprimer leur sensibilité aux enjeux climatiques et environnementaux. Un vote vert à relativiser, mais qui a permis à Macron de relancer son théâtre d’ombres en instrumentalisant la convention citoyenne sur le climat…puis en faisant appel à un sarkozyste notoire au poste de Premier Ministre.

S’agissant des résultats du PCF, des pertes nombreuses, cruelles au plan symbolique, ont été enregistrées. Il y a eu aussi des reconquêtes, à forte portée symbolique aussi et grosses de potentialités.

Pourquoi avons-nous tant perdu de positions dans le même temps où nous avons été capables d’en reconquérir ? Cela ne pose-t-il pas la nécessité d’examiner lucidement l’état des forces du parti, les moyens à mettre en œuvre pour les consolider, la façon dont notre parti se comporte quand il a une ambition de reconquête ou quand il dirige une collectivité et a à reconduire ou choisir des élus aux manettes ?

Fabien Roussel a déclaré que « ce scrutin montre que là où les forces de gauche et écologistes se sont unies avec des citoyens pour mettre les politiques sociales, de solidarité et écologiques au cœur de leur ville, elles ont gagné ».

Cela est vrai dans quelques grandes villes, mais sur des bases programmatiques limitées, avec des scores et des écarts de voix souvent faibles compte tenu du niveau record d’abstention et de la profusion de triangulaires et plus. Ces unions ont été aussi marquées par des échecs. Pire, certaines forces qui y ont participé ont fait le choix, dans d’autres villes, de faire alliance contre nous avec la droite.

Néanmoins, cela peut-il laisser entendre que nous pourrions être partie prenante d’une relance traditionnelle « d’union de la gauche », par le sommet des états-majors et en refoulant nos idées originales et notre lien fondateur aux luttes, en nous effaçant ? On pense notamment ici à l’échéance présidentielle de 2022 pour laquelle Olivier Faure, premier secrétaire du PS, s’est dit « prêt » à se ranger derrière le candidat qui « incarnera le bloc social-écologiste« , quelle que soit son « origine » politique…verte ou socialiste en fait.

Une telle entreprise, qui n’aurait pas pour but de mettre en cause les pouvoirs et le coût du capital jusqu’à la visée d’une refondation de la construction européenne, mais chercherait simplement à repeindre en vert le type d’alliances que nous avons conclues dans le passé, ferait courir la France du travail et de la création à la catastrophe.

Notre dernier congrès a fait le choix solennel de travailler à créer les conditions d’une candidature communiste à l’élection présidentielle de 2022, si cruciale. Et, cela, pour porter les idées novatrices qu’il a développées et qu’ont rappelées, dans une large mesure, le texte programmatique adopté au dernier CN et la résolution pour sa mise en œuvre.

Ces propositions doivent être d’autant plus mises en avant par le PCF, ses directions et ses adhérents dans le débat politique national que, dans la foulée de la crise sanitaire qui n’est pas finie, se déclare un nouvel épisode gravissime de crise économique et sociale. Déjà il fait saillir, comme jamais, la nécessité d’actions populaires pour la sécurisation de l’emploi, de la formation et du revenu pour chacun-e tout le long de la vie, celui de la défense et de la promotion de tous les service publics, celui de nouveaux pouvoirs d’intervention décisionnels des salariés dans les choix de gestion des entreprises, d’une démocratie sociale au cœur d’une nouvelle république, celui d’une refondation de la construction européenne, le tout pour s’émanciper de la dictature des marchés financiers et du dollar.

L’urgence désormais, comme l’a souligné la résolution adoptée au dernier CN intitulée « Face au capital et à la politique de Macron, l’heure est à l’intervention populaire », c’est d’organiser et de suivre, à tous les niveaux, l’action créative des communistes sur ces bases.

Il y a, en effet, un énorme enjeu de débat à gauche pour dépasser les différences et se hisser à la hauteur de ce que cherchent les luttes et de ce qu’expriment les contradictions antagonistes de la crise. On ne peut en faire l’économie et il faut l’affronter en associant une visée cohérente d’objectifs sociaux novateurs, de moyens financiers importants à conquérir et de nouveaux pouvoirs citoyens pour le faire. C’est la condition pour progresser vers un large rassemblement majoritaire transformateur à partir d’un engagement immédiat de tous les concernés dans la résistance et la construction face au capital et à la politique de Macron.

C’est dans ce travail exigeant mais nécessaire que pourra se construire une candidature communiste pour l ‘élection présidentielle qui pourrait ressourcer notre pays et la gauche dans le même mouvement, préparant un essor du mouvement populaire.

Frédéric Boccara, Gisèle Cailloux, Jean-Louis Cailloux, Jean Chambon, Yves Dimicoli, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Anne Lafaurie, Nicolas Marchand, Evelyne Ternant

16 comments on “Urgent : après les municipales, construire une candidature communiste pour l’élection présidentielle

  1. Avatar
    Michel Berdagué

    Bonjour Camarades ,
    De lire attentivement votre texte , résolution , votre analyse sur la situation en vraie grandeur de ces élections municipales pour une perspective de conquêtes et de remettre sur le rail le mouvement communiste avec le PCF et toutes ses forces militantes , j’ ai essayé de trouver un ajout , une réflexion supplémentaire , eh bien je n’ ai pas trouvé !
    Votre texte , analyse et prospective est en phase avec l’ ambitieux et courageux  » en avant le manifeste action novation révolution .
    L’ accent est mis sur …. » celui de nouveaux pouvoirs d’intervention décisionnels des salariés dans les choix de gestion des entreprises,  » avec … » On ne peut en faire l’économie et il faut l’affronter en associant une visée cohérente d’objectifs sociaux novateurs, de moyens financiers importants à conquérir et de nouveaux pouvoirs citoyens pour le faire. C’est la condition pour progresser vers un large rassemblement majoritaire transformateur à partir d’un engagement immédiat de tous les concernés dans la résistance et la construction face au capital et à la politique de Macron.  » …
    Voilà qui est clair ,enthousiasmant et très rassembleur et ne permet plus d’ ambiguïtés , d’ hésitation quant au combat de classe à mener , c’ est la Lutte où beaucoup du monde du travail sont concernés , la totalité d’ ailleurs . Nous avons tout à gagner …rien à perdre .!
    Bravo Camarades vous avez tenu compte des mois et des années de réflexions , d’ analyses , de travail dans le Parti Communiste Français .
    C’ était urgent .
    Salutations militantes
    Michel Berdagué

  2. Avatar
    ASSANTE Pierre

    MERCI

  3. Avatar
    Jean-Michel Chapet

    Chers cammarades
    Je me retrouve très bien dans ce texte et en remercie respectueusement les auteurs.
    Cependant j’y apporterai trois nuances :
    – ce texte me paraît surtout utile pour préparer l’avenir, beaucoup moins pour pointer doctement et à posteriori, les insuffisances;
    – la petite bulle d’aigreur à l’égard du secrétaire national, ne m’est pas apparrue a la hauteur de l’argumentation développée ;
    – je suis évidemment convaincu que la défense des intérêts économiques et sociaux de ceux qui sont les premières victimes du système, peut contribuer leur redonner confiance en la Politique, mais je reste convaincu que la citoyenneté ne peut s’exercer durablement qu’en communauté politique, qu’elle soit la Classe Ouvrière (pour soi et pas seulement en soi), la Commune (et pas seulement le territoire), la Nation (fondée plus sur la raison que l’émotion) et l’Humanité (au sens que lui donnait celui qui a suggéré à Jaures d’en faire le titre du journal). Parce que je reste convaincu que la Politique est l’exercice en commun de la liberté, je crois qu’elle se nourrit autant de figures symboliques porteuses de valeurs et de volonté communes que des réalités que les sciences sociales et notamment l’économie, rendent visibles.
    Cordialement à votre disposition.

  4. Avatar
    BAILANGER Stéphane

    J’approuve cette contribution. Notre affaiblissement (relatif si l’on observe les résultats contrastés des municipales) nous oblige à ne pas retarder la préparation d’une candidature pour 2022 qui sera pour nous l’occasion de peser dans le débat au lieu de regarder les trains passer. Certains sont déjà dans le train, d’autres se préparent. Il est nécessaire que le PCF construise aussi sa locomotive. Il peut le faire tout en laissant la porte ouverte au rassemblement. Il ne doit pas refaire les erreurs de 2012 et 2017 en opposant rassemblement et candidature communiste comme si le premier nécessitait de faire une croix sur la seconde. On ne gagne pas le rassemblement en s’effaçant. Evidemment, cela sera difficile. Il y aura encore des Printaniers pour nous vendre l’effacement derrière le leader d’un mouvement gazeux, des nostalgiques des années Hue pour nous refiler un choix de soumission derrière un réformiste rose-vert et des « unitaires » pour nous demander au final de ne pas y aller pour ne fâcher personne. Ce débat était déjà une des raisons de la construction de ce vaste sursaut qui s’est concrétisé dans l’écriture du texte du Manifeste au dernier congrès. En poursuivant dans cette voie, en favorisant partout la discussion sur les sujets qui fâchent – que nous avons par fatalisme ou paresse tendance à toujours repousser – nous pourront enrichir la réflexion collective des communistes. Entre le piège du vote utile et « l’autophobie », il faut créer les conditions d’une alternative. Virer Macron ne peut être l’objectif ultime pour des communistes qui veulent avant tout aider le monde à sortir du capitalisme. La bourgeoisie a en réserve bien d’autres petits Macron qui au grès des circonstances seront repeints en vert, en rose, en bleu voire en jaune. La seule bonne nouvelles en 2022 pour construire le futur au lieu de se contenter de l’attendre, c’est que la force qui incarne l’opposition radicale au présent qui nous désespère soit à disposition des celles et ceux qui veulent le vraie changement. Ni homme providentielle, ni tribun populiste, un candidat communiste pour porter le projet d’émancipation à la hauteur de la crise actuelle.

  5. Avatar

    Tout à fait d’accord sur votre analyse de la situation et la nécessité de développer notre militantisme pour proposer une véritable politique de changement. Si nous avons « raté » les municipales, se profilent, normalement, les départementales et les régionales en 2021. Et nous en aurons besoin car, je suis plus circonspect, comme je l’étais et le suis depuis le congrès sur la candidature communiste à la présidentielle. J’y suis favorable pour la tribune qu’elle donne pour développer nos idées mais… pour gagner car, ne peut on craindre qu’elle ne serve qu’à multiplier les candidatures et ne servir qu’à renforcer un casting de 2ème tour : candidat de la finance contre candidat d’extrême droite ?

  6. Avatar
    Claude CHAPET

    Bonjour,
    Je partage cette contribution.
    Je ferait 2 remarques:
    1) il nous faut lier cette candidature à la présidentielle aux candidatures aux législatives.
    En effet, ainsi nous montrons que nous voulons sortir du présidentialisme et de commencer les campagnes des législatives non pas après la présidentielle.
    2) il nous faut travailler à l’organisation du PCF. En effet, pour transformer ce monde, il y a besoin d’action, de réflexions. De plus, nous sommes des constructeurs, ce qui signifie notre rejet de politiques du pire et donc des compromis sans compromission. Ainsi il nous faut montrer nos ambitions et les limites tant de l’état des forces productives, des rapports de productions, des superstructures.
    Pour cela, nous devons construire notre parti avec nos expériences (notamment la cellule qui permet aux camarades de pouvoir s’exprimer plus facilement que devant 30,50 ou 100) mais aussi des situations d’aujourd’hui (outils numériques, précarité professionnelles etc..)
    Bonne santé et bon courage à toutes et tous.

  7. Avatar
    michel salingue

    On ne pose pas la bonne question. La première des questions à poser est celle du système électoral : 1. Pourquoi élire un président de la République avec de tels pouvoirs ? 2. Ce système d’élection présuppose qu’en France il n’y aurait que 2 partis politiques (cf. le 2ème tour). Ce qui, bien évidemment, est faux les choix politiques des français sont multiplies et divers ce qui ne peut se résoudre démocratiquement que dans le collectif. 3. En attendant une réforme profonde et incontournable de l’institution « Président de la République », il est nécessaire à la démocratie que chaque option politique puisse être mesurée à chaque élection.

    Chacun aura compris qu’un seul individu ne peut, à lui seul, représenter une gauche diverse par essence et par histoire. Il n’est d’autre solution que la suppression de l’élection du président de la République au suffrage universel et avec de tels pouvoirs. Un des premiers engagements d’un candidat du PCF devrait être la suppression du nœud gordien de cette 5ème République, la suppression de l’élection du président au suffrage universel

  8. Avatar
    Bernard Scandellari

    Chers camarades, je trouve votre soucis, celui de faire avancer des idées et des propositions essentielles dans la population « prolétarienne »( pour aller vite) et surtout aider celle ci à intervenir collectivement, je trouve donc ce soucis tout à fait justifié.
    Cela dit, nous sommes resté des dizaines d’années totalement à l’écart d’une telle façon de voir et bien sûr des pratiques que cela implique. Le temps presse mais Paris ne se construit pas en un jour.
    Pour la première fois depuis très longtemps, le dernier Congrès a replacé le soucis d’une vie politique, sous forme collective, cellule, section, réseau, etc sur le lieu de travail, dans les entreprises grandes et moins grandes comme essentiel. Auparavant les terme utilisé était de s’activer sur « sur les lieus de vie et…de travail », pas pareil. Or les idées et l’action politique, les relations de confiance entre camarades se développent en tout premier lieu dans la très dure confrontation avec le patronat et les autres hiérarchies des secteurs privés et publics. Les idées très justes que vous évoquez naissent et se développent beaucoup plus facilement avec les analyses de la vie de sa « boite » où l’on est et, dans la foulée, les analyses sur la vie des collectivités territoriales par exemple. Ainsi les élections municipales se comprennent elles et se gagnent d’abord dans les entreprises.
    C’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié le fait que lorsque Fabien Roussel se déplaçait dans une ville, Marseille par exemple, il allait à l’Hôpital Nord, chez Prestalis en grève et dans une autre boite dont j’ai oublié le nom. Il se réunissait parfois avec peut être 7 ou 8 salariés, ce n’était pas un meeting, mais 8 salariés dans leur boite cela vaut 100 serrages. de main sur le trottoir.
    Les idées des camarades sont à retenir mais le problème est de les faire partager et mettre en pratique. Il faut donc être pressé mais modeste et patient.
    En tout cas, c’est une bonne idée que de faire discuter, y compris en étant critique, la politique c’est difficile. Bonne continuation

  9. Avatar
    ZANOLIN Ludovic

    Une candidature communiste, oui, mais cela suppose des propositions comprises et appréciées, perçues comme importantes etdifférentes de celles des autres candidats de gauche ou écologistes pour éviter l’accusation de division.
    Pour sortir de la nasse dans laquelle médias et concurrents essaient de nous enfermer, avec un certain succès, on ne peut se contenter de répéter les thèses des économistes communistes contre le capital, thèses dont la pénétration dans la société reste faible, malgré les campagnes conduites, et mal distinguées de celles des autres. Il faut se rendre à l’évidence: ce n’est pas de cette seule façon qu’une candidature communiste évitera l’accusation de division.
    Ce n’est pas non plus en répétant qu’il faut une politique écologiste de façon un peu mécanique qu’on évitera d’être perçus comme à la remorque des écologistes et de la FI si l’on refuse de mettre en avant de façon frontale les différences concernant l’énergie et le nucléaire, domaines dont dépend pour une part déterminante les possibilités d’avenir et de progrès (j’ose le mot).
    Jancovici, dont la théorie est peut-être à tempérer, dit, je crois, que les limites d’énergie disponible dans le monde à l’avenir exerceront des freins drastiques sur les possibilités de développement et les niveaux de vie. Le nucléaire, par ailleurs composante indispensable (pour lui comme beaucoup d’autres dont le GIEC- dans beaucoup de scénarios- ou l’Académie des sciences) de la lutte contre le réchauffement climatique, réduira la sévérité de ces freins.
    Je crois que les écologistes antinucléaires le savent aussi mais que les diverses formes de leur malthusianisme et de leur dogmatisme non seulement s’en satisfont mais c’est pour la plupart d’entre eux ce qui correspond à leur(s) philosophie(s) qui commence(nt) par préconiser l’apparente indolore sobriété (surtout pour les gens à l’aise quoiqu’en dise J. Bidet dans l’Huma du 6/07), en continuant par la frugalité, puis les restrictions, les contraintes, la répression…..allant de pair avec une décroissance forcenée,sensée être salvatrice…. pour la PLANETE! Ce en quoi ils trouvent des alliés puissants dans les tenants du capital qui ne voient pas d’un mauvais oeil la perspective de voir se raréfier et se renchérir l’énergie et plus encore l’électricité, produit de première nécessité s’il en est.
    Ne pas se lancer dans le débat et la confrontation sur l’abandon progressif puis la sortie du nucléaire est donc aussi une faute envers la lutte contre le réchauffement climatique (que les antinucléaires ont rejoint tardivement et encore pour promouvoir le seul recours aux ENR mais aussi au gaz avant de s’approprier cette lutte avec l’appui des médias dont celui majeur du service public de la radio et de la télévision).
    Pour revenir à la présidentielle 2022, je ne vois pas comment le sujet du nucléaire peut continuer d’ être occulté si l’on veut faire reconnaître notre apport tant sur l’avenir du pays et de tous ses habitants que sur l’action contre le réchauffement climatique. Cela vaut pour les élections intermédiaires si l’on ne veut pas s’installer dans le rôle de 5ème roue de la charrette avant pire. Il y aura certes des difficultés (par exemple en Occitanie avec les folles positions de la présidente actuelle sur le « 100% renouvelable » mais aussi l’ aussi folle, démagogique voire scandaleuse recherche des collectivités locales de tirer des ressources des taxes que tous paient sur l’électricité éolienne et photovoltaique). Mais il y a j’espère beaucoup plus à gagner ou à regagner en se distinguant de façon constructive dans un électorat de gauche que les antinucléaires n’ont pas encore réussi à totalement formater.

  10. Ping : Ni déni, ni repli, de l’envie ! – FK

  11. Avatar
    Alain Boussard

    Oui, Jacques Duclos a fait 21,5%. Mais la base de départ, c’était un PCF à 22,4 aux législatives de 1967. Jacques est apparu comme le seul candidat à gauche susceptible d’être présent au second tour. Le vote utile à gauche a joué en notre faveur, ce qui a contribué à laminer le PS, pompé aussi par le centriste Poher, qui a finalement été qualifié pour le deuxième tour, en grande partie parce qu’il est apparu pour beaucoup d’électeurs comme le seul pouvant battre Pompidou. La situation politique n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. L’histoire ne se reproduit jamais à l’identique. Il faut savoir tirer les leçons du passé pour tracer l’avenir, pas chercher à le reproduire mécaniquement. En fait, Michel, les bras t’en tombent peut-être, mais tu réponds à côté. Si la solution, c’est cultiver la nostalgie d’un passé révolu et rester isolé dans notre coin, quelle différence avec la stratégie de LO ou de FI ? La seule question valable, c’est comment le PCF peut-il peser pour modifier le cours des choses et être utile à nos concitoyens ?

  12. Avatar
    Bernard Scandellari

    Discussion très intéressante, certes entre retraités, mais les souvenirs, cela aide. J’ai noté en particulier, à l’occasion de cette élection de 2022, les soucis suivants:
    1. Faire avancer les idées essentielles( la SEF, les Services publics,questions financières et économiques, etc) avec le texte d’origine.
    2.Ne pas apparaitre comme diviseurs mais travailler à un rassemblement sur de bonnes bases.
    3.Ne pas oublier le caractère incontournable de l’énergie et du Nucléaire pacifique.
    4.Revenir, si possible en mieux, sur le nécessaire travail politique dans les entreprises et agir tout de suite comme, d’ailleurs, le recommande te texte d’origine.
    5. Comment valoriser le travail et l’élection des députés.

    Deux remarques supplémentaires:

    1. Lors de la Conférence de 2016, je crois, réunissant 600 camarades sur cette question de l’élection présidentielle, celle ci avait retenu l’option d’un candidat communiste. Des camarades avaient aussi évoqué la possibilité d’un retrait du candidat juste avant l’élection,après qu’il ai participé au grand débat politique( télé, médias, meeting,etc..). Ce retrait pourrait être assorti d’un appel à voter pour un autre candidat si, bien sûr, les engagements de celui ci sont convenables.
    Avantages:- explications de nos positions programmatiques qui vont être aussi celles de nos candidats députés.
    -nos candidats députés le sont de la Nation mais ils n’ont droit qu’à une campagne de circonscription.
    Nous pouvons, par exemple, imaginer André C. président du groupe, accompagné par les députés du groupe expliquant leur travail et leurs luttes à l’AN.
    Cela me semble répondre aux soucis exprimés dans cette discussion:
    -Nous voulons développer nos arguments.
    -Nous sommes pour un Rassemblement mais un Rassemblement de qualité( au moins pour un certain temps).
    – Nous sommes contre le régime présidentiel et pour une Assemblée Nationale( même si la chambre Bleu Horizon, cela a existé).
    . 2. Les entreprises sont un lieu essentiel de combat social et politique, ici tout le monde en convient.
    Il nous faut avoir le soucis d’une forte vie syndicale. Cependant, il n’est pas rare de voir des sections syndicales, voire des syndicats s’impliquer très, pour moi trop, dans des discussions politiques. Certains salariés y voient un abandon des taches syndicales essentielles, très soucieuses du quotidien.
    Une cellule et son activité politique en débarrasse le syndicat. Cela est bon pour tout le monde.
    A plus. Merci BS, retraité.

    • Avatar
      Michel Berdagué

      Salut Bernard , retraité actif :
      Voilà un commentaire , intervention , contribution des plus constructives et signifiantes .
      Car en effet comment concilier la nécessaire campagne présidentielle avec un candidat communiste du fait de plusieurs raisons historique set de propagandes bourgeoises et soc/dem/écolos , de ne pas prendre une veste pour notre candidature communiste alors que nos concitoyens ont de grands intérêts à nous soutenir ?
      C’ est une contradiction majeure !
      —-la proposition de se présenter pour notre faire savoir de nos engagements et propositions , et ils le savent que les communistes l’ appliqueront eux et elles , sans compromission , e c’est peut – être ça qu’ ils sont un peu en réserve , voire beaucoup , pour certains noyés dans la télé/médias de propagande du patronat et des financiers tous plus ou moins spéculateurs , oui pourquoi pas se retirer au dernier moment tout en présentant nos futurs élus à l’ Assemblée Natonale qui seraient libérée …à étudier
      —-et aussi de présenter une candidature mais avec tous et toutes les futurs de l’ Assemblée Nationale , ce serait possible dans les meetings dans chaque ville , quant à la télé / média / radio , le ou la candidate lisserait la place de parole et d’ intervention à chaque camarade différent , intervenant , par ex toi dans l’ énergie , et le nucléaire civil , , un autre dans l’ agriculture avec les différents modes de production , dans les transports un Didier Le Reste pour le rail transport et fret , pour les Télecoms et la Poste là nous trouverons facile , et l’ industrie un/une communiste d’ Alstom , d’ Airbus , de Safran , …et pour les finances , l’ économie les 10 de cette contribution : En Avant Le Manifeste .
      —– je pense que tout ça pourrait démarrer pour le Centenaire de notre Parti en décembre 2020 , le PCF , qui à l’ échelle du temps est tout jeune et plein de vigueur et d’ avenir .

      • Avatar
        Bernard Scandellari

        A la suite de mon dernier mail, il me faut ajouter que s’agissant de ce retrait, je n’ai pas pris en compte les obligations règlementaires qui doivent exister et aussi les obligations financières.
        A voir de plus près donc. BS

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :